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Le gouvernement envisage de réduire le
droit des sans-papiers à l'aide médicale gratuite
Éditorial
Jean Rouxel
La Couverture médicale universelle, ou CMU, adoptée
par le gouvernement de Lionel Jospin en 1999 - sans qu'on ait entendu
à l'époque, il faut bien le dire, beaucoup de protestations
de l'opposition de droite… - est maintenant bien installée
dans le paysage social français. Et tous ceux qui peuvent
en bénéficier connaissent désormais leurs droits.
Non seulement à l'intérieur de nos frontières
mais aussi bien sûr à l'extérieur. Car tout
étranger immigré en France, même en situation
irrégulière, c'est-à-dire en contravention
avec nos lois, peut prétendre à être soigné
chez nous gratuitement. Comme il peut prétendre à
faire scolariser chez nous ses enfants…
Pour l'année en cours, plus de 200 000 étrangers en
situation irrégulière ont déjà bénéficié
de cette prise en charge médicale gratuite. Ils n'étaient
que 75 000 en 1999. On peut donc en déduire que l'immigration
clandestine, sur cette période, a quasiment triplé
!
La charge financière correspondante a littéralement
explosé. 60 millions d'euros avaient été inscrits
au budget 2002 pour couvrir les frais afférents à
ce chapitre de la CMU. Le 11 décembre dernier, à l'occasion
d'un amendement déposé discrètement en séance
de nuit, il a fallu une rallonge de 180 millions d'euros. Un quadruplement
de la charge financière budgétée…
Du coup, conjointement, les services du ministère du budget
et ceux des affaires sociales envisagent une réforme de la
CMU pour les étrangers en situation irrégulière
! Il leur serait alors réclamé un ticket modérateur,
et à l'hôpital, un forfait journalier. Étant
précisé que " les mineurs, les personnes souffrant
de pathologies lourdes et les femmes enceintes " continueraient
à être pris en charge gratuitement… Bien sûr,
les associations spécialisées dans la prise en charge
des clandestins - qui vivent elles aussi de l'argent public - crient
au scandale. Au risque d'apparaître comme des complices des
abus inévitables (faux soins, faux patients, fausses factures).
Une telle situation devrait normalement appeler, en urgence, une
révision complète de la politique d'immigration menée
jusqu'à présent, et depuis 30 ans, par les gouvernements
successifs de la France. Comme le disent eux-mêmes les représentants
les plus réalistes et les plus modérés des
communautés immigrées : si on veut vraiment être
en mesure d'intégrer les étrangers actuellement présents
sur notre sol, il faut sans délai empêcher que l'invasion
continue.
Pour gérer les stocks, il faut d'abord se donner les moyens
de contrôler les flux.
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