Les 4verites N°379 du 26 decembre  2002

 

Décentralisation. Voici pourquoi les Français ne seront pas consultés
Jean Rouxel
Les marxistes d'Attac contre les OGM
par Bernard Trémeau
Chiffres Significatifs
Islamisme et démocratie
par Jean d'Orgeix
Divers faits
NOUVEAU :
Chronique de géopolitique
Euthanasie et démocratie
par Pierre Lance
Communication
L'Europe constructiviste en délire
par Guy Millière
Sic
La guerre aux barbares
La chronique politique d'Alain Dumait

 


Chronique de géopolitique:
La nouvelle Otan
par Louis Sorel
Tchétchénie : guerre, corruption, Islam
par Michel Guénec
Repère :Turquie et Islamisme

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Décentralisation. Voici pourquoi les Français ne seront pas consultés

Jean Rouxel

Jacques Chirac, comme Jean-Pierre Raffarin et plusieurs ministres, ne manquent jamais une occasion de proclamer qu'ils sont très favorables à la consultation plus fréquente des citoyens sur les questions importantes de société, et qu'ils sont même acquis au principe du référendum d'initiative populaire. D'ailleurs, de telles consultations sont d'ores et déjà possibles même si elles ne sont jamais pratiquées…
Évidemment, ils se prétendent de grands démocrates. Ils adhèrent au dogme de la souveraineté du peuple. Mais, quand il s'agit de passer aux actes, il n'y a plus personne !
On a déjà vu le Président de la République à l'œuvre sur l'euro. Il avait dit que le peuple français devait être consulté avant sa mise en place. Finalement, il valait sans doute mieux ne pas l'interroger… Depuis dix ans, l'élargissement ininterrompu des compétences européennes et l'extension de l'Union à de nouveaux pays est, sans conteste, l'une des principales mutations politiques que connaît notre pays. Mais, depuis le référendum risqué sur le Traité de Maastricht, on s'est bien gardé de demander leur avis aux Français.
On ne le leur demande pas non plus sur la politique de l'immigration, sur laquelle ils ont pourtant une opinion assez précise. Ni le principe funeste du regroupement familial, adopté il y a plus de 30 ans, ni la politique des visas soi-disant
touristiques, ni l'accueil des pseudo-réfugiés politiques, ni la régularisation des sans-papiers n'ont fait l'objet d'un véritable débat.
Alors que ce n'était pas juridiquement nécessaire, Jean-Pierre Raffarin a voulu que son projet de loi sur la décentralisation, pour être coulé dans le bronze, fasse l'objet d'une modification de la Constitution. Pourtant, en 1981, pour ces lois, Gaston Deferre n'avait pas eu besoin d'une telle procédure… Jacques Chirac avait dit " Les Français seront consultés par référendum ". Et puis, la semaine dernière, il n'en était plus question. Un congrès réuni à Versailles suffira pour modifier le texte de la constitution.
Sans doute, le résultat d'un référendum sur cette question est-il incertain. Dès qu'on remet un bulletin de vote à un électeur, il risque, en effet, d'en faire un usage imprévisible et même de voter " non " quand tous les politiciens voudraient le voir voter " oui ". Pas seulement pour embêter ces derniers, mais aussi parce que, instruits par l'expérience, les électeurs savent que la décentralisation peut coûter cher. Nos élus locaux ont des goûts somptuaires. Et, tant que l'État n'aura pas prouvé qu'il était capable de réduire le nombre de ses fonctionnaires, il serait imprudent de laisser les collectivités territoriales en recruter de nouveaux.