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L’UMP veut refaire le coup du 21 avril aux prochaines
élections régionales
Jean Rouxel
Comme le rappelle Lionel Jospin dans son article paru dans «
Libération » daté du lundi 13 octobre (date
anniversaire de sa désignation comme premier secrétaire
du parti socialiste en 1995), « l’action politique reste l’exercice
du pouvoir ». Et le pouvoir ne reste jamais vide. Puis l’ancien
Premier ministre de noter que les mouvements sociaux, les grèves,
les manifestations ne peuvent, à eux seuls, empêcher
le gouvernement de mener sa politique.
Il en déduit que la gauche, si elle veut se rapprocher du
pouvoir, pour un jour le reprendre, ne doit surtout pas céder
aux sirènes de l’extrême gauche. Elle doit résolument
demeurer sur le terrain du réformisme. Et assumer son bilan
de la période 1997-2001 car, selon lui, « les difficultés
de la gauche sont moins venues de l’exercice du pouvoir qu’elles
ne sont nées de la défaite », elle-même
découlant de l’émiettement de la gauche plurielle.
L’analyse politique du professeur Jospin – expert en ce domaine
– reste globalement la même. On sait la haine réciproque
qui caractérisait les relations entre Chirac et Jospin dans
les derniers temps de cette longue cohabitation. L’ancien Premier
ministre y puise l’inspiration de son réquisitoire. Ce n’est
pas d’aujourd’hui qu’il tient son ex-rival pour un grand mystificateur…
Pourtant, selon lui, même si les Français se lassaient
« de ces faux-semblants », ils pourraient encore chercher
une autre solution, à droite ou à l’extrême
droite, pour reprendre les propos de Lionel Jospin.
À l’extrême droite : c’est l’hypothèse d’une
nouvelle progression du Front national aux élections régionales
que tous les observateurs sont bien obligés d’envisager,
avec des sondages qui vont tous dans cette direction-là.
C’est la raison pour laquelle, d’urgence, se remet en place le piège
du « Front républicain » : aux prochaines élections
régionales de mars prochain, partout où le Front national
arrivera en tête, la liste arrivée en troisième
position, qu’elle soit UMP ou PS, se retirera au profit de la liste
arrivée en deuxième position. C’est ce qu’ont proclamé
récemment, aussi bien le socialiste Vauzelle dans la région
Provence-Alpes-Cotes-d’Azur que le gaulliste Fillon dans les pays
de la Loire.
Il s’agit d’un déni de démocratie. Car avec ce système,
une liste obtenant par exemple 40 % au premier tour pourrait être
éliminée au second par une liste n’ayant obtenu que
30 % au premier tour mais bénéficiant du désistement
de la liste arrivée en troisième position. C’est le
ciment du consensus droite-gauche.
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