Les 4verites N°417 du 18 octobre 2003

 

 

L’UMP veut refaire le coup du 21 avril aux prochaines élections régionales
Jean Rouxel
La médecine à trois vitesses
par Bernard Trémeau
Chiffres Significatifs
La culture colonisée par la CGT
Morvan Duhamel
Divers faits
Ne bousculons pas Raffarin !
par Pierre Lance
Communication
Au Moyen-Orient, ce n’est qu’un début!
par Guy Millière
Sic
Les rafistoleurs du socialisme à la Française
La chronique politique d’Alain Dumait

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L’UMP veut refaire le coup du 21 avril aux prochaines élections régionales
Jean Rouxel

Comme le rappelle Lionel Jospin dans son article paru dans « Libération » daté du lundi 13 octobre (date anniversaire de sa désignation comme premier secrétaire du parti socialiste en 1995), « l’action politique reste l’exercice du pouvoir ». Et le pouvoir ne reste jamais vide. Puis l’ancien Premier ministre de noter que les mouvements sociaux, les grèves, les manifestations ne peuvent, à eux seuls, empêcher le gouvernement de mener sa politique.
Il en déduit que la gauche, si elle veut se rapprocher du pouvoir, pour un jour le reprendre, ne doit surtout pas céder aux sirènes de l’extrême gauche. Elle doit résolument demeurer sur le terrain du réformisme. Et assumer son bilan de la période 1997-2001 car, selon lui, « les difficultés de la gauche sont moins venues de l’exercice du pouvoir qu’elles ne sont nées de la défaite », elle-même découlant de l’émiettement de la gauche plurielle.
L’analyse politique du professeur Jospin – expert en ce domaine – reste globalement la même. On sait la haine réciproque qui caractérisait les relations entre Chirac et Jospin dans les derniers temps de cette longue cohabitation. L’ancien Premier ministre y puise l’inspiration de son réquisitoire. Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’il tient son ex-rival pour un grand mystificateur… Pourtant, selon lui, même si les Français se lassaient « de ces faux-semblants », ils pourraient encore chercher une autre solution, à droite ou à l’extrême droite, pour reprendre les propos de Lionel Jospin.
À l’extrême droite : c’est l’hypothèse d’une nouvelle progression du Front national aux élections régionales que tous les observateurs sont bien obligés d’envisager, avec des sondages qui vont tous dans cette direction-là.
C’est la raison pour laquelle, d’urgence, se remet en place le piège du « Front républicain » : aux prochaines élections régionales de mars prochain, partout où le Front national arrivera en tête, la liste arrivée en troisième position, qu’elle soit UMP ou PS, se retirera au profit de la liste arrivée en deuxième position. C’est ce qu’ont proclamé récemment, aussi bien le socialiste Vauzelle dans la région Provence-Alpes-Cotes-d’Azur que le gaulliste Fillon dans les pays de la Loire.
Il s’agit d’un déni de démocratie. Car avec ce système, une liste obtenant par exemple 40 % au premier tour pourrait être éliminée au second par une liste n’ayant obtenu que 30 % au premier tour mais bénéficiant du désistement de la liste arrivée en troisième position. C’est le ciment du consensus droite-gauche.