Les rats quittent le navire…

Posté le 17 mars , 2017, 8:37
3 mins

Quand la mer est grosse, que le navire tangue dangereusement et que le capitaine est en difficulté, l’équipage, habituellement, fait front et mobilise toutes ses forces pour sauver le navire et sa propre vie. Mais les rats, eux, quittent le navire au plus vite.

Apparemment, bon nombre des membres de l’équipe de M. Fillon se comportent, non en membres de l’équipage de la droite parlementaire, mais en rats pressés de s’éloigner du navire.

Ces rats sont tous des personnalités qui ont tiré profit – ne serait-ce que par un niveau de vie très supérieur à celui du Français moyen – de leur situation dans leurs partis politiques et des mandats électifs que ceux-ci leur ont permis d’obtenir. Ce sont d’ailleurs, en majorité, des personnalités de la droite parlementaire qui avaient combattu la candidature de M. Fillon lors des primaires de la droite et auxquelles celui-ci, en dépit de l’action qu’elles avaient menée contre lui, avait, par esprit d’unité et peut-être par générosité, donné des places de premier plan dans son organigramme.

Ces rats semblent ne pas avoir compris que, ce faisant, ils se tiraient une balle, sans doute mortelle, dans le pied : en l’absence de tout plan B, de tout candidat pouvant faire l’unanimité et ne traînant pas la moindre casserole, si minime soit-elle, leur fuite éperdue risque fort d’éliminer purement et simplement la droite parlementaire du second tour de l’élection présidentielle.

Et s’ils espèrent ainsi sauver leurs sièges de parlementaires, il se pourrait qu’ils se trompent lourdement. Que la Présidence reste entre les mains de la gauche molle pour cinq ans, ou que Mme Le Pen parvienne à franchir le « plafond de verre », la campagne pour les législatives a de fortes chances de ne pas leur être favorable, car leurs électeurs potentiels pourraient bien, par l’abstention ou par un vote pour d’autres candidats, leur faire payer leur responsabilité dans cet état de choses.

Il semble qu’en revanche, ceux qui n’ont jamais tiré bénéfice de leur position politique et qui, souvent, au contraire, ont donné de leur temps et de leur argent pour ce qu’ils pensaient être le mieux pour notre pays, se comportent en membres d’équipage conscients du danger. Et que, tandis que les rats gros et gras abandonnent à la fois le navire et leur avenir, eux se changent en lions maigres et combatifs.

Anne Merlin-Chazelas
Saint-Zacharie (83)

Un commentaire sur : Les rats quittent le navire…

  1. quinctius cincinnatus

    19 mars 2017

    la destinée sauvegardée des  » rats  » nous indiffère … profondément … nous militerions plutôt pour une campagne de dératisation

    Répondre

Répondre

  • (pas publié)