Colloque de l’Institut Turgot

Posté le 22 janvier , 2008, 12:00
2 mins

Colloque de l’Institut Turgot

Dans le cadre de ses travaux sur le secteur de la santé, l’Institut Turgot organise en ce début d’année 2008 un second colloque consacré au sujet. Notre objectif fondamental reste plus que jamais la définition d’un système de santé permettant de répondre aux enjeux du présent et de l’avenir proche.

COLLOQUE SANTÉ II
LA SANTÉ EN FRANCE : LES DÉFIS DU xxie siècle

Le 30 janvier 19 h 30 à 21 h 30 à l’Assemblée Nationale – 126, rue de l’université – 75007 Paris

Entrée gratuite, Inscription obligatoire : [email protected]

Renseignement complémentaire : 06 10 75 71 03

Participeront à ce débat :

• Jacques RAIMAN, Président d’honneur de l’Institut Turgot

• Le Professeur Lucien ISRAËL, membre de l’Institut

• Bernard DEBRÉ, député, professeur de médecine.

• Guy MILLIÈRE, président de l’Institut Turgot, essayiste et professeur d’université

• Guy-André PELOUZE Chirurgien des Hôpitaux,

• Sylvain JUTTEAU, Directeur, Administrateur de Biens, Century 21

• Patrice PLANTÉ Docteur en médecine, Fondateur de SOS Action Santé

• Bernard DEBRÉ

• Henri LEPAGE, Économiste, Président du Conseil Scientifique de l’Institut Turgot

Un commentaire sur : Colloque de l’Institut Turgot

  1. arnaud

    21 juillet 2008

    Contribution de Sylvain JUTTEAU au colloque

     

     

    Système de Santé : Remèdes contre la faillite.

    Le marché de la santé est en soi un marché atypique, qui fonctionne parfois à l’inverse d’un marché normal.

    Face à ce marché, je crois que nous avons appliqué jusqu’alors des solutions inadéquates.

    Pourtant, des solutions saines existent pour rétablir l’équilibre.

    1-La santé fonctionne parfois à l’inverse d’un marché normal.

    A) C’est un marché inversé quant aux ventes.

    Dans un marché normal, par exemple pour les secteurs économiques de l’automobile ou de l’alimentation, la baisse des ventes serait un signe négatif.

    En revanche, dans le secteur de la santé, la baisse des ventes peut être un signe positif : protocoles peu coûteux, prévention opportune, hygiène.

    C’est donc un marché inversé : si l’on vend moins, c’est bon signe dans de nombreux cas.

    B) La santé est aussi un marché inversé quant à la capacité de l’acheteur.

    Dans un marché normal, par exemple pour les secteurs économiques du logement ou du tourisme, le gros acheteur est celui qui possède le plus de ressources.

    En revanche, dans le secteur de la santé, le plus gros acheteur est celui qui a le moins de ressources pour acheter, du fait même de sa maladie.

    C’est un marché inversé du point de vue de la consommation : le gros consommateur est celui qui a le moins les moyens de consommer.

    2- Face à ces situations de marché inversé, nous avons deux types de solutions. Les solutions collectivistes ou les solutions libertariennes.

    A) En système collectiviste : les trois plaies économiques du collectivisme.

    En système collectiviste, il y a effectivement des freins à la vente, mais pour trois mauvaises raisons :

    – La baisse des ventes est générée par le défaut d’incitation à produire de la valeur, à augmenter la qualité.
    – Il y a mauvaise allocation de la valeur créée du fait de la déresponsabilisation de toute la chaîne des acteurs.
    – La baisse générale de valeur créée fait baisser la valeur circulante et fait baisser la capacité de l’acheteur.

    Ces trois caractéristiques économiques du collectivisme ont un fort impact dans le système français actuel.

    Le seul rempart à la faillite du système à tendance collectiviste est la conscience professionnelle des acteurs. C’est pourquoi d’ailleurs la propagande dans les systèmes socialistes a joué un rôle si fort pour engendrer des motivations à produire de la valeur. En matière médicale, c’est la conscience professionnelle des professions médicales qui sauve le système de l’effondrement. Cette conscience professionnelle permet de réduire les dérives mais sans les supprimer. Et ces dérives collectivistes sont d’autant plus accentuées que la médecine de pointe et les innovations médicales sont un facteur d’augmentation des coûts.

    B) En système libertarien : surproduction et sous-consommation

    Autre solution pour remédier à la menace de faillite, entrer dans un système libertarien, de liberté absolue des échanges.

    Mais dans un système libertarien, il y aura des surproductions et des sous-consommations.

    Dans un système libertarien, les surproductions sont engendrées par le déséquilibre entre un vendeur sachant et un acheteur ignorant. Exemple : le vendeur de médicament à intérêt à vendre beaucoup et cher.

    Dans un système libertarien, il y aussi des sous-consommations engendrées par l’éviction des plus malades, qui n’ont pas les ressources pour acheter du fait de leur maladie.

    Si l’on regarde d’un œil objectif, je crois que les systèmes de santé en Europe ont souvent cumulé les défauts du système collectiviste, et du système libertarien.

    Donc un retournement de tendance est nécessaire pour rétablir une situation équilibrée.

    3- Il y a des remèdes pour traiter le « marché inversé » de la santé.

    A) Au plan de la production.

    Comme en toute matière politique, au sens de l’administration des affaires de la Cité, l’intervention optimale de la collectivité est égale au rapport entre l’utilité et la cessibilité, déduction faite de l’altruisme.

    Collectivisation optimale = (Utilité/ Cessibilité) – Altruisme.

    Au plan de la production, l’utilité est élevée. La cessibilité en revanche est trop forte du fait de l’ignorance de l’acheteur par rapport à un vendeur sachant.

    L’altruisme des soignants est quant à lui élevé, et renforcé par le serment d’Hippocrate. Mais les acteurs non soignants du système de santé ont un altruisme moindre.

    Le système de santé n’est plus composé exclusivement de médecins. La chaîne de production est plus longue qu’il y a un siècle. L’altruisme est donc insuffisant pour remédier au déséquilibre entre vendeur sachant et acheteur ignorant.

    La collectivité a un impact réduit sur l’altruisme et sur l’utilité. Elle peut intervenir en revanche sur la trop grande cessibilité des biens médicaux, qui génère un gaspillage.

    Pour traiter le déséquilibre entre un vendeur sachant et un acheteur ignorant, je propose donc que le médecin traitant soit le conseiller du patient, et intéressé à bien conseiller.

    Je propose que chacun choisisse un médecin traitant. Je propose que le médecin traitant soit payé pour chaque patient tout au long de sa vie en proportion inverse du coût médical du patient.

    Le médecin traitant est donc payé au plein tarif pour tous ses patients en bonne santé.

    Un premier impact est la disparition des congés maladie de complaisance, car le médecin a plus intérêt à ne pas donner de congé maladie de complaisance qu’à en donner.

    Un second impact est la prescription des médicaments génériques les moins chers à efficacité égale.

    De façon globale, l’impact est l’élimination du gaspillage.

    Cette solution présente toutefois le risque de voir des malades évincés. Tout refus de prendre en charge un patient est sanctionné par l’Ordre des Médecins si le médecin a moins de patients que la moyenne des médecins + 20%.

    Ce système a prouvé sa stabilité en Chine, où il est pratiqué depuis plusieurs milliers d’années, et a survécu aux bourrasques politiques. C’est aussi le système pratiqué chez les Celtes ou les Goths, où le guérisseur était accepté et entretenu tant qu’il maintenait les individus en bonne santé.

    B) Au plan de la consommation

    Comme en toute matière, l’intervention optimale de la collectivité est égale au rapport entre l’utilité et la cessibilité, déduction faite de l’altruisme.

    Collectivisation optimale = (Utilité/ Cessibilité) – Altruisme.

    Au plan de la consommation, l’utilité est élevée. La cessibilité est quant à elle trop faible pour les plus malades, incapables de payer du fait de leur maladie. La cessibilité est affaiblie aussi par les tendances à la collectivisation du système de production.

    Quant à l’altruisme des patients, il consiste à avoir une vie saine pour moins coûter au système. Cet altruisme existe, mais le niveau spirituel et moral de la population est insuffisant pour que cette attitude soit généralisée. Cet altruisme est également affaibli par la collectivisation du système et sa déresponsabilisation généralisée subséquente.

    La collectivité peut agir sur deux éléments de l’équation.

    Premier élément : augmenter l’altruisme, en diffusant de l’information pour convaincre les individus d’avoir une attitude saine. Ce sont les campagnes anti-sida, anti-tabac, anti-alcoolémie. Ce procédé est déjà utilisé. Mais on augmente aussi l’altruisme en réduisant la déresponsabilisation collectiviste.

    Deuxième élément : augmenter la capacité d’achat des plus faibles.

    Pour la protection des faibles consommateurs aux faibles ressources, l’unification des minimas sociaux est un préalable ( RMI, AAH, Minimum Vieillesse, etc…)

    Cela permet d’instaurer pour chacun une obligation d’assurance, en rétablissant le choix d’assurance.

    Le choix d’assurance a la double vertu de rétablir une perception de responsabilisation et de redonner une efficacité de gestion des fonds.

    Je propose que l’assureur se conforme au cahier des charges de remboursement en vigueur pour la Sécurité Sociale. Mais pour assurer au cahier des charges sa stabilité et son caractère transparent, toute modification de ce cahier des charges ne peut être fixé que par voie législative. L’assureur garde la faculté de proposer une prestation au-delà de ce cahier des charges, mais est contraint à un contrat et une tarification uniques.

    Pour éviter les écueils du système américain, l’assureur a interdiction d’intervenir dans la décision de soin ; il paie le médecin et l’ensemble des acteurs pour des montants et des délais fixés au cahier des charges. Le refus d’assurer est sanctionné.

    Des médecins financièrement intéressés à la bonne santé plutôt qu’à la maladie, et des assurés rétablis en tous pays dans leurs droits de choisir leur assureur, ce sont les deux piliers pour rétablir un système équilibré et durable.

    C’est à mes yeux à l’échelle de l’Union Européenne que ces principes sont à instaurer, à charge pour chaque membre de l’Union de faire le choix de les intégrer dans sa législation nationale.

     

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    Sommaire

    1-La santé fonctionne parfois à l’inverse d’un marché normal.
    A) C’est un marché inversé quant aux ventes.
    B) La santé est aussi un marché inversé quant à la capacité de l’acheteur.

    2- Face à ces situations de marché inversé, nous avons deux types de solutions. Les solutions collectivistes ou les solutions libertariennes.
    A) En système collectiviste : les trois plaies économiques du collectivisme
    B) En système libertarien : surproduction et sous-consommation

    3- Remèdes pour traiter ce « marché inversé ».
    A) Au plan de la production
    B) Au plan de la consommation

     

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