Hitler invité d’honneur du festival de Cannes

Posté le mai 23, 2011, 12:00
8 mins

J’avais bien dit que Cannes était un scandale permanent ; un peu comme le monde frelaté de la mode et John Galliano. Cette année on aura aussi fait fort.

Lars Von Trier est un provocateur-né ; avec son gauchisme avéré, son antisionisme forcené, son goût du Dogma (un manifeste pour un ciné sans contraintes, genre Youtube…) et des proclamations azimutées, il s’est bien sûr attiré la considération des médias, des journaleux et de la critique toujours friande de nouveautés, d’avant-garde, de rébellion (cette fois, elle aura été servie, l’opinion publique…).

Les grandes actrices d’ Hollywood ont donc voulu tourner avec lui, comme Nicole Kidman dans Dogville (énième resucée sur les préjugés d’une petite ville wasp) ou Kirsten Dunst, la bécasse de Spiderman qui avait commencé dans les amours pédo-vampiriques d’Entretien avec un vampire… Il a été palme d’or il y une quinzaine d’années pour Breaking the waves, film qui narre l’assez triste épopée d’une femme qui se fait violer et assassiner par amour pour son mari frustré, blessé et impuissant… Puis il avait fasciné tout son monde avec In the Dark, parodie de comédie musicale dont la philosophie humanitaire (la dénonciation de la peine de mort en Amérique du Nord) avait fait crier au génie.

Mais que Von Trier soit fasciné par Hitler comme David Bowie, Galliano, le russe Sokourov (auteur du baroque et complaisant Moloch, qui est passé jadis à Cannes), ne devrait surprendre personne. Et c’est là qu’on nous prend pour des idiots. S’étonner de la saillie du viking sur Adolf revient à s’étonner de la prochaine disparition de l’euro ou de la sortie d’Obama sur Israël et les territoires occupés. « C’était écrit », comme on dit dans Lawrence d’Arabie.

Car dès 89, Von Trier a fait une percée médiatique et politiquement plus risquée avec le très nazillon Europa. Ce film décrit, ni plus ni moins, – et pas de manière hostile – la résistance des partisans allemands en… 1945. Et il nous montre, au cours d’une scène d’anthologie, la récupération, par un général américain, d’un voleur juif que l’on oblige à écrire un témoignage en faveur d’un industriel nazi dont on a besoin de s’assurer les services… Fermez le ban, criez au génie.

Cette année, Cannes était en forme aussi, en invitant Mel Gibson, pas très connu pour son gauchisme et son homophilie, et aussi Jodie Foster, dont le grand projet vital, depuis des années, est de réaliser un film sur… Leni Riefenstahl ! L’an dernier, on voulait aussi inviter Godard, autre gauchiste antisioniste dont l’obsession a grandi avec l’âge et l’absence d’idées (voir la bonne bio d’Antoine de Baecque). Cette année Godard a d’ailleurs obtenu une récompense à Hollywood pour sa carrière ! Il y a vingt-cinq ans, on avait couronné à Cannes Pialat, dont on sait aujourd’hui quelles étaient les idées en la matière (« quelle matière ? » vont demander les crétins…)

Hitler a, de toute manière, toujours fait recette dans le showbiz. « C’était la première rock star », disait Bowie dans sa jeunesse. Bien des films kitsch ont tourné autour de cette adoration morbide, comme Cabaret, oscarisé à Hollywood, Les Damnés de Visconti, Portierde nuit de Cavani et d’autres opus encore moins dignes d’attention : je n’oublierai pas The Wall d’Alan Parker et des Pink Floyd, qui est un hommage bienveillant aux soirées de Nuremberg. L’énorme succès du film allemand La Chute sur le führer perdu dans le bunker sous les tirs soviétiques (l’URSS a de toute manière été plus haïe que l’Allemagne nazie par la bourgeoisie, il faudra bien le dire une fois pour toutes) a aussi montré le primat que le dictateur exerce sur notre inconscient collectif depuis sept décennies maintenant – c’est-à-dire avant la guerre… Il n’est que de revoir l’increvable film de Chaplin ou l’étonnant To be or not to be de Lubitsch, qui tous les deux jouent sur le thème du sosie (tout le monde peut jouer Hitler ?) ; pour ne pas parler du Docteur Folamour de Kubrick (Von Trier aurait dû essayer de crier : « Mein führer je marche ! »), qui voit un savant nazi proposer gentiment la solution initiale à l’humanité, après l’apocalypse.

On laissera le dernier mot au rabbin déjanté du Celebrity de Woody Allen (lui aussi poursuivi, mais comme DSK, le pauvre Montand, ou Polanski, pour affaires sexuelles). Angoissé à l’entracte d’une émission de télé sur l’intolérance, il demande si les skinheads avec qui il doit débattre « lui ont au moins laissé des bagels »Tout de même, le raout cannois nous laisse un goût rance dans la bouche, comme toute cette sous-culture postmoderne ; mais j’en reparlerai.

2 réponses à l'article : Hitler invité d’honneur du festival de Cannes

  1. Anonyme

    24/05/2011

    Il aurait été autrement intéressant de décrypter la propension progressiste à la "compréhension" systématique.

    En "moderne", "comprendre", c’est "trouver des excuses", "excuser" c’est un peu "innocenter", un innocent suspecté, c’est quelqu’un qu’on peut "considérer comme un victime".

    Exemple !

    L’assassin était au chômage : je "comprends" qu’il avait besoin d’argent.

    Je "trouve une excuse" dans l’assassinat de quelqu’un qui en a.

    Finalement, il n’est "qu’une victime" de la société.

    Dans le cas présent, Lars VT "comprend Hitler" et le reste en découle. C’est (à mon avis) le coeur du sujet : puisqu’un criminel est une victime, qu’en est-il du pire des criminels ! On retrouve ici la Gauche face à ses contradictions, mais poussées jusqu’à l’absurde puisqu’elle défend à la fois les assassins, mais voit en Hitler un des pires criminels de l’histoire.

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  2. WatsonCorsica

    23/05/2011

    Article nul.

    Dire que the wall d’Alan parker est un hommage bienveillant…

    Alors pourquoi ne pas dire tant qu’on y est que tous les acteurs qui ont incarné Hitler à commencer par Chaplin étaient des Nazis…

    On est dans l’approximation douteuse, imbécile et grossière.

    Conclusion : un article archi nul et inutile dont on aimerait connaître la finalité !

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