La guerre civile anglaise et la révolution médiévale

Posté le août 12, 2011, 12:00
9 mins

Bush père avait eu ses émeutes racistes et multiraciales, le cher Chirac les siennes. Trente ans après Brixton, l’Angleterre modèle néolibéral, tory et flegmatique renoue avec le succès de l’intégration : les seuls bons blancs sont les blancs morts, et l’électeur de centre-droit sera content.

Car la police du néoconservateur Cameron en veut – d’après le Figaro – non pas aux voyous, mais aux citoyens qui se défendent ; non pas aux racistes, mais aux blancs ou aux sikhs attaqués ; non pas aux voleurs et aux pillards, mais aux commerçants et aux passants pas assez zombis. Et de prétendre que comme il faut faire la chasse aux milices d’autodéfense, on n’a plus le temps (comme en Norvège, où la police ne fit rien et tarda bien !) de défendre les sujets de sa peu royale majesté. Tout cela avec la bénédiction des médias devenus fous qui avaient encensé en 2007 le modèle multiracial de Blair et insulté la France, jugée alors victime de son éternel comportement raciste. L’état financier, culturel et social de l’Amérique et de bien d’autres pays donneurs de leçons devrait les inviter à plus de modestie cette fois.

Mais tout de même : la police ne veut pas que nous nous défendions, à Tottenham ou à Marseille. L’insécurité, c’est la loi des temps de la monnaie inique.

Chaque pays a un versant noir, un versant pur. Car c’est à ce moment que l’on pourra cultiver son jardin potager et savourer la lecture de Tolkien ou de Chesterton, ces auteurs catholiques qui avaient prévu la folie du monde moderne des logiciens britanniques, des Wells, des fabiens et des naturalistes. Ils ont défendu une idée plus spirituelle et modérée de l’homme que l’arrogance folle qui pensait qu’avec de l’ingénierie sociale on pourrait intégrer tous les immigrés du monde, et qu’avec de la culture cool et Microsoft on récolterait une jeunesse talentueuse et travailleuse. On récolte de la barbarie, et encore pas même à visage humain, de la barbarie à visage de rappeur.

Tolkien avait écrit dans son Seigneur des anneaux un chapitre important et bien sûr oublié dans le film. Il s’agit du nettoyage de la comté, qui évoque la défense par les hobbits de leur comté détruite par les voyous allogènes qu’on y a importé… Je renvoie le lecteur au tome III de l’œuvre. Ce chapitre dépeint magnifiquement les étapes de la destruction de l’occident médiéval par la Révolution industrielle, le socialisme et l’immigration, le politiquement correct, puisque tout y devient interdit, y compris de boire et de fumer… Les hobbits sont persécutés et exterminés par des basanés et des hommes qui louchent (tel quel dans le texte), et ils finissent par se défendre sous la houlette de Pippin et Merry revenus des guerres mordoriennes. Comme me le répétait avant de mourir Serge de Beketch, les gens se défendront quand ils auront plus mal que peur. On y est.

Chesterton lui aussi avait prévu les choses ; l’islamisme d’origine britannique dans L’Auberge volante, qui interdit aussi la boisson. Et le retour du moyen âge, sous deux formes également sympathiques.

L’auteur du père Brown décrit dans le Napoléon de Notting Hill une révolte communale dans la grande tradition du patriotisme municipal que célèbre aussi Tocqueville. Le système cybernétique et satanique de la grande société devient inefficient, alors il faut en revenir au communalisme. J’ai déjà cet exemple sous les yeux en Espagne. Le quartier de Pimlico fait alors sécession de l’énorme conurbation londonienne et il crée sa principauté.

Dans Le retour de Don Quichotte enfin, Chesterton célèbre une vision presque optimiste : une renaissance médiévale qui viendrait remplacer l’Angleterre des briques et des usines. On verra…

Ces rêveries d’écrivains paraissent un peu folles, décalées comme on dit : il se peut qu’elles n’aient été qu’en avance sur leur temps. L’Angleterre de Cameron, qui ne contrôle plus rien, ni sa finance ni son économie, ni sa rue ni sa langue, ni ses idéaux ni ses routes, l’Angleterre de Cameron, à l’image de l’Italie ou de la France actuelles, peut basculer prochainement dans la faillite ou dans la guerre civile. Alors il faudra improviser. Faire sans fausse monnaie, faire sans la fausse sécurité de la gendarmerie, faire avec la foi, la communauté, le travail des champs, comme antan. Rira bien qui rira le dernier. Le crépuscule de la société satanicienne, d’origine britannique (Bacon, Cromwell, Watt, Beveridge, etc.) aura sans doute une aurore chrétienne un peu british et un peu médiévale. L’heure du retournement approche. Et comme dit Chesterton, c’est parce que les enfants se battent et se défendent dans les cours d’école que le royaume des cieux leur est promis. Ce sera cela ou le vieillissement poussif de tous dans la misère grise : Et en ces jours-là les hommes chercheront la mort et ils ne la trouveront point ; et ils désireront de mourir, et la mort s’enfuit d’eux. (Apocalypse, 9, 6)

2 réponses à l'article : La guerre civile anglaise et la révolution médiévale

  1. Anonyme

    13/08/2011

    Cher Nicolas, Voilà donc enfin le temps de LA RÉVOLUTION MÉDIÉVALE ? Et cette fois, bien sûr, pour de bon. Pas seulement pour faire un titre de revue.

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  2. SMALL BARTHOLDI

    12/08/2011

    Le retour du Moyen Age marque notre siècle, c’est un évidence chaque mois + évidente, avec son Islam conquérant, ses foules désorientées, sa misère crasse, ses révoltes de gueux et ses seigneurs barricadés dans leurs fiefs vidéosurveillés.

    Somme toute, le Moyen Age, le Règne de la Foi, a duré 1.000 ans, + que toute autre construction historique, Empire Romain inclus. Que nous restera-t-il quand tout aura disparu ? La foi, à condition de lui laisser un terreau favorable. Ce ne sera pas le cas en Europe, qui traque soigneusement ses fameuses racines chrétiennes.

    Dans La machine à remonter le temps, HG Wells avait annoncé une Angleterre androgyne, paresseuse et perverse, crétinisée par son oisiveté, vivant de l’exploitation des peuples de couleur, jusqu’à ce que sa créature lui explose au visage. Nous y sommes. Il est vrai que Wells était un esprit du XIXe siècle. La vision de l’Angleterre du XXIe siècle dépasserait son imagination. En Ecosse, une sorte de royaume combattant du nord se formera sûrement. Bienvenue dans les Ages Sombres.

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