Londres, Bruxelles, Hong Kong: là se décide la liberté des français

Posté le décembre 28, 2005, 12:00
3 mins

Jacques Chirac – comme son fils spirituel, Dominique de Villepin – ne manque jamais une occasion d’essayer de faire croire aux Français qu’ils peuvent vivre encore longtemps à l’écart du monde et conserver toutes sortes d’institutions archaïques (qui en vérité ne profitent qu’à un certain nombre de privilégiés), tels monopoles publics, systèmes subventionnés, domaines protégés, statuts exorbitants du droit commun. En ce sens, il a beau pencher à gauche, on peut dire que c’est le plus conservateur de tous nos hommes politiques!…

Comme on pouvait s’y attendre, il n’a donc pas manqué de saluer le compromis obtenu samedi dernier lors du sommet européen de Bruxelles, tout comme celui négocié à Hong Kong, permettant la poursuite jusqu’en décembre 2006 des négociations entamées en 2001 sur la libéralisation des échanges économiques mondiaux, comme étant autant de succès « pour la France, pour l’Europe », « pour la croissance, pour le développement », et le maintien de nos particularismes. En tête desquels la volonté farouche du Président de la République de faire échapper aux règles de la concurrence mondiale la production agricole. En vérité, nos gouvernants actuels ne font rien d’autre que de gagner du temps. La fameuse et coûteuse PAC, politique agricole commune européenne, est sans doute sanctuarisée jusqu’en 2008. Mais qui parierait qu’elle a la moindre chance de se poursuivre au-delà de 2013?…

Le gouvernement britannique, toujours partisan d’une Europezone de libre échange voulait surtout que soit enclenché le processus d’adhésion de la Turquie et il l’a obtenu. Son rabais de cotisation a été écorné de 20 %. La France paiera plus qu’elle pour l’élargissement. Elle n’a pas obtenu la TVA à 5,5 % pour les restaurateurs (et pourquoi l’obtiendraitelle ?). Le bilan pour notre diplomatie est donc moyen. À l’OMC, nous avons dû prendre l’engagement ferme et de principe de supprimer, dans les années qui viennent, toutes les aides à l’exportation de produits agricoles. La question des prix intérieurs et des tarifs douaniers reste à aborder.

Mais tous les observateurs, qu’ils s’en réjouissent ou s’en plaignent, conviennent qu’il y a maintenant un très fort consensus mondial pour aller vers une libéralisation complète de tous les échanges de tous produits et de tous services. On peut parier que cet objectif sera atteint avant dix ans.

Dans ce contexte, les combats d’arrière-garde de tous nos politiciens, de tous nos fonctionnaires comme de tous nos syndicalistes ne pèseront pas bien lourd.

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8 réponses à l'article : Londres, Bruxelles, Hong Kong: là se décide la liberté des français

  1. che

    11/01/2006

    un constat qui n’a rien à envier à l’oeuvre prophétique de Fukuyama « La fin de l’Histoire » mais pendant que vous declarez que la libéralisation des échanges est inéluctable certains se battent pour qu’elle advienne dans le cadre d’une égalité entre les pays du nord et du sud ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui… encore cette occido-centrisme affligeant que de faire croire qu’il n’ ya que l’occident sur la planète

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  2. M De Mun

    04/01/2006

    Au sujet de la « danseuse de Chirac », je veux dire l’infame PAC évidemment, un fait est passé inaperçu : lors du dernier sommet européen de Bruxelles, pour arriver coûte que coute à un compromis sur le budget européen, la soi-disant Thatcher allemande (vous voyez qui je veux dire) à fait, bien que les finances allemandes soient catasrophiques, un cadeau royal et inespéré à Chirac : 4 milliards d’Euros pour sauver la PAC jusqu’en 2008 (peut-être même 2013), autrement dit, au train où va le monde, « les Calendes grecques »… »quand on aime , on ne compte pas »!les (nombreux) chômeurs en Allemagne apprécieront…et pendant ce temps-là, le « Président » temporaire de l’UE, qui devait refonder cette dernière dans le sens d’un plus grand libéralisme durant sa présidence, regardait ailleurs, trop content d’avoir réussi à sauver une partie de l’exemption britannique. Pauvre Europe!

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  3. sas

    03/01/2006

    Mon pauvre ami,si on compte sur l’offre naturelle du marché,sans « pipages chroniques »…..en laissant l’offre et la demande niveler….quid de l’enrichissement délictuelle du crédit agricole?quid des détournements massifs des aides et subventions….quid de la masse financière distribuée dans la plus grande opacité représentant pour la france 70 % de la PAC ???pour les « maçons » ou leurs officines….et mon cul c’est du poulet Mr GABE ???? jamais , »ils » ne toucheront leurs rentes mafieuses…. »ils » sont mêmes capable d’inventer un secteurs agricole sans agriculteurs du moment que « eux » touchent le pactole public. sas spécialiste en fonds publics

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  4. gabe

    03/01/2006

    Il reste à favoriser le marché intèrieur.Je ne vois qu’une seule méthode, la plus saine,le laisser s’étendre naturellement sans les subventions qui parasitent le monde agricole. Le marché intèrieur (sans passer par la carte des grandes surfaces) se conçoit par le porte à porte ou les traditionels marchés régionnaux. Un processus naturel, vieux comme le monde et seule porte de sortie pour nos paysans. Il se met en place petit à petit et commense à marquer des points malgrés les chicanes que des fonctionaires zélés ( pour qui?) ne cessent de dresser pour l’empécher de fonctionner.

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  5. M.de Mun

    30/12/2005

    …et pendant ce temps-là, Monsieur Andréani publie dans Le Monde une tribune contre l' »autoflagellation » où il mélange allégrement les mises en garde de gens sérieux comme Baverez ou Finkielkraut et les rodomontades grotesques de Ribbe, Noah & co. Il n’y a que dans l’esprit de ce Monsieur qu’un tel amalgame contre nature est possible! Voilà où en est , en cette veille de 2006, le « peuple le plus intelligent de la terre »!

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  6. delbuguet

    29/12/2005

    ka France perd son punch . en afri

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  7. sas

    29/12/2005

    Cher adolphos, que ce soit à travers la PAC et ses injecteurs les CL et CR et la CN du crédit agricole nid à francs maçons….pour l’hégémonie des céréaliers de la bauce et autre planteurs de bananes des antilles…ou à travers la main mise et l’imposition des OGM….nous avons DEJA perdu la « guerre verte » comme tu l’appelle…..de 3 eme ou 4 eme producteur mondial….nous allons pas tarder à tout importer massivement…..comme MADAGASCAR avec le riz…puis maintenant sous tutelle du FMI et sous assistance alimentaire…..rien n’est laissé au hasard. sas

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  8. Adolphos

    29/12/2005

    Reste tout de même que l’indépendance alimentaire est stratégique. Il est hors de question de confier l’arme verte à des pays étrangers.

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