Seafrance, un symbole de la Sarkozie

Posté le janvier 23, 2012, 12:00
4 mins

Si l’on me demande, dans quelques mois, ce qui explique la non-réelection de Nicolas Sarkozy en mai 2012 et à quoi est dû son échec, je répondrai peut-être : Seafrance. Non parce que cette affaire est particulièrement importante au regard d’autres erreurs flagrantes commises par l’actuel chef de l’Etat, mais parce qu’elle est très symbolique de son quinquennat, marqué dès l’origine par un malentendu : son électorat croyait avoir élu un homme de droite, dont il avait lui-même voulu se donner l’image à force de déclaration volontaires et de coups de menton, alors que Nicolas Sarkozy est en réalité, comme son prédécesseur Jacques Chirac, un homme de gauche que son positionnement à la droite de l’échiquier politique afflige et complexe à la fois.

Il l’a montré dès l’origine en nommant à des ministères importants, au nom de « l’ouverture », des ministres de gauche. Les bonnes âmes, à droite, l’ont crédité à l’époque de rechercher l’unité nationale. Il aurait fallu pour cela qu’il la cherche aussi sur sa droite, ce qui n’était pas le cas. Pour Sarkozy, l’union nationale penche forcément à gauche.

L’affaire Seafrance est symbolique de ce complexe de gauche : à la demande du chef de l’Etat, la SNCF dégage une enveloppe de 50 millions d’euros pour payer des indemnités princières à moins d’un millier de salariés ultra-syndicalisés, dont les représentants n’ont eu de cesse de scier la branche sur laquelle ils étaient assis, ou plutôt de couler les bateaux sur lesquels ils étaient embarqués. Pour s’être ainsi sabordés de grève en grève, les intéressés vont palper des indemnités extraordinaires dont le total s’élève en moyenne à 60 000 euros. Et leurs représentants syndicaux trouvent encore ça « minable » !

200 salariés, qui refusent de participer à un projet de reprise de la compagnie Seafrance par le biais d’une Scop (Société coopérative et participative ouvrière) seront intégrés au sein de la SNCF, où ils devraient retrouver le même type de culture syndicale.

Reste le plus beau : François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, outré et même « honteux », selon son propre terme, du sabotage délibéré auquel se sont livrés les dirigeants de la section locale du syndicat (Maritime Nord), ainsi que des malversations qu’il les soupçonne d’avoir commises, a demandé leur exclusion de la CFDT.

Sarkozy, lui, préfère payer – avec l’argent des contribuables, puisque la SNCF est une entreprise publique !

3 réponses à l'article : Seafrance, un symbole de la Sarkozie

  1. HOMERE

    24/01/2012

    Quelle faute Sarkozy n’aurait pas commise ? Réponse : Aucune.C’est l’alpha et l’oméga de la responsabilité intégrale.Mon voisin baise sa voisine ? Sarkozy !!  Les prix grimpent chez Ducon ? Sarkozy !! Le ciné du quartier ferme ? Sarkozy !!…..Nous l’avons notre responsable : Sarkozy !!

    Ce chien par qui venait tout le mal…..ce pelé ce galeux……

    Seafrance ? Sarkozy !!  ce repère de voleurs syndiqués qui investissent dans l’immobilier seraient ils passibles des tribunaux avec motif d’inculpation : abus de biens sociaux ? non,le responsable c’est Sarkozy…point !!

    Votre discours est lénifiant Monsieur Menou…et désolant d’absence d’analyse sur cette situation ou nous constatons que les voyous de la CFDT s’en tirent plutôt pas mal….Allons voir chez SNCF et chez EDF ce qui se passe….idem !! La cour des comptes,si prompte à regarder les comptes de l’Elysée,ne voit pas les détournements de fonds publics dans les entreprises nationales au bénéfice des syndicats politisés et rançonneurs…..et dont le nombre de syndiqués ne cesse de chuter.Leur représentativité doit être remise en cause par l’émergence d’autres formations réformistes….

    Seafrance ? les représentants des salariés s’en foutent royalement……ils se servent dans la caisse.

    Hollande veut mettre au point une notation sociale des entreprises ? soit ! en y incluant le volet syndical et les avantages dont bénéficient les délégués et autres spadassins de l’arnaque sociale.

    Regardez les bilans de PO,de Britany Ferries, de MSDC….vous avez tout compris ! ou est Sarkozy dans tout celà ? je vous le demande…….

     

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  2. duvi

    24/01/2012

    Toutes les gesticulations et décisions actuelles de Sarközy n’ont qu’un but : sa reconduction, dût la France en crever. SeaFrance n’est qu’un exemple parmi tous les autres.

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  3. grepon

    24/01/2012

    Pour devenir homme d’etat en France on est oblige d’abord de prouver qu’on est ETATISTE, d’abord, de "gauche" ou de droite ou de "extreme droite"(c.a.d. un etatiste nationaliste),qu’importe.

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