Un malaise de plus pour notre armée

Posté le novembre 08, 2005, 12:00
7 mins

Le Ministère de la Défense devait dernièrement faire connaître le rapport de l’incident survenu en Côte-d’Ivoire, mettant en cause des éléments du 13e Bataillon de Chasseurs Alpins (BCA) : mort d’un Ivoirien sous contrôle français. La conséquence fut immédiate : le Général Henri Poncet, commandant la Force Licorne lors des faits (printemps 2005), le chef de Corps du 13e BCA, un sous-officier ainsi qu’un chef de section ont été relevés temporairement de leurs fonctions. Cet événement soulève plusieurs questions : le rôle de l’Armée française en Côte-d’Ivoire, sa présence en Afrique, et enfin sa présence au sein de notre communauté nationale.
Rappelons le contexte lointain et immédiat de l’événement. Présente depuis septembre 2002, la Force Licorne est sur une ligne de front est-ouest coupant le pays en deux, entre rebelles des Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) et Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI). Nos 5200 hommes essuient les tirs des deux parties antagonistes : les premiers accusent nos troupes de les empêcher de mettre à bas Laurent Gbagbo, les seconds de les écraser.
Ainsi, en novembre 2004, Laurent Bagbo décide d’anéantir les forces du Nord, et lance ses deux avions pilotés par des mercenaires biélorusses. Au passage, un poste français à Bouaké est touché : neuf de nos hommes sont mortellement blessés, et plusieurs le sont grièvement. La réponse ne se fit pas attendre : sur ordre de Paris, l’Armée de Terre cloue au sol la totalité de la force aérienne ivoirienne : cinq hélicoptères Mi-24, un Mi-8, un Puma et deux vieux Su-25. Immédiatement, des Ivoiriens d’Abidjan s’en prennent aux ressortissants français : assiégées au Camp Bunia du 43e Bataillon d’Infanterie de Marine (BIMa), nos troupes ripostent causant la mort de plusieurs insurgés qui « voulaient se faire du Blanc ».
Ces opérations ont été supervisées par le Général Henri Poncet, appuyé par le gouvernement français. C’est donc dans ce climat troublé, sans alliés véritables, mais avec des ennemis potentiels de part et d’autre, qu’un Ivoirien connu pour son passé de violeur, profitant des zones de non-droit, a été blessé, interpellé par des Chasseurs alpins après des heurts, puis soit disant exécuté sommairement. Henri Poncet a joué son rôle de chef et couvert ses hommes ; ce fut la cause de sa suspension.
Nos soldats sont en situation de guerre, face à des hommes qui n’étaient pas des militaires, mais des pillards n’obéissant à aucune règle, terrorisant, et ne respectant que la force.
La liquidation possible de cet individu s’affiche donc dans un cadre de rappel à l’ordre. Avec plus de 5000 hommes, la Côte-d’Ivoire est le théâtre d’opération extérieure (OPEX) le plus important, et aussi le plus révélateur de notre abandon de l’Afrique.

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La France est intervenue militairement en Afrique, enjeu de la guerre froide, pour stopper la pénétration soviétique : Tchad en 1968, 1978, 1983, 1986 ; Zaïre en 1977, 1978… Les interventions ultérieures (Ruanda, Somalie, RDC,…) furent couvertes par le caractère humanitaire. Liée par des accords de défense, la France se devait d’appuyer le gouvernement légal de Yamoussoukro si l’intégrité de son territoire était touchée; or les FAFN sont parties des pays voisins avec leurs appuis logistiques !
Paris a donc préféré jouer le rôle d’arbitre pour perdre sur tous les tableaux, se discréditant davantage. Cela fait le jeu des Américains qui s’empressent de combler le désengagement français : présents au Maghreb, au Sahel, au Gabon, en Angola, au Tchad, dans la Corne du continent avec Djibouti, en Érythrée, en Éthiopie, en Ouganda, au Kenya, et en Afrique du Sud.
Sous couvert de lutte contre Al-Qaïda, Washington se place : ventes d’armes, contrôle des ressources énergétiques, garanties aux gouvernements en place, contrôle des voies d’accès, et éviction de la France. La force militaire est donc un instrument efficace de toute politique étrangère.
Avec moins de 300 000 hommes, dont 30 000 en OPEX pour des rotations de quatre à six mois en moyenne, avec du matériel utilisé au maximum, des périodes d’entraînements réduites, notre Armée fonctionne à flux tendu, et sans rien dire!
Or la destitution du Général Poncet ne fait que relancer le malaise issu de la désastreuse politique de défense du gouvernement socialiste de Jospin.

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Immigrés

Sur les 14 millions de couples (mariés ou non) que comptait la France en 1999, 860 000 étaient formés de deux immigrés et 960 000 étaient des couples mixtes. Autrement dit, près de 13% des couples comptaient au moins un immigré.

3 réponses à l'article : Un malaise de plus pour notre armée

  1. Feravec

    17/11/2005

    Il faut revenir sur la mission donnée aux militaires en Cote d’Ivoire : maintenir la paix. C’est un peu court et les militaires qui sont là-bas subissent tous les jours cette imprécision. Il faudrait tout arranger sans prendre le moindre risque, cez qui parait quasiment impossible. Quelle pourrait être la mission donnée par les politiques : 1) Favoriser Gbagbo et renforcer les FANCI Gbagbo est élu et malhonnête. Il n’a le soutien que des Bétés ( 19% de la population ). Les FANCI ont tiré sur l’armée française. Il lui est quasi-impossible d’étendre son pouvoir et de prendre le contrôle du pays. En tout état de cause, combien de morts ? 2) Abandonner Gbagbo et laisser les FN ( troupes du Nord ) entrer à Abidjan. Il y aurait un support ethnique un peu plus élevé. Mais combien de morts ? 3) Favoriser la solution confédérale ( joli nom pour partition ) Diminution des combats. L’armée isolerait les deux parties du pays. La remise en cause des « frontières héritées de la colonisation » est mal vue, même quand on ne peut pas l’éviter. 4) Privilégier l’accord Baoulé-Nordistes ( celle d’Houphouet-Boigny )pour avoir une alliance large au détriment évidemment des Bétés de Gbagbo. Encore faut-il que cette alliance se mette en place, ce qui n’est pas évident ( pour l’instant ) NB : Une alliance électorale sera forcément assise sur la réalité ethnique, quoiqu’en pense le faubourg Saint-Germain. 5) Laisser l’ONU se débrouiller Massacres prévisibles. Perte de crédibilité de la France. 6)Chercher le consensus en essayant de faire vivre les accords de Marcoussis dont on sait qu’ils sont inapplicables ( intégrité territoriale, respect des institutions, démocratie, autorité de l’état… ). C’est cette option qui se traduit par la mission actuelle de l’armée. Des six options, c’est la seule qui est irréalisable. La cinquème, réalisable est catastrophique. Il faudra bien que les politiques français privilégient l’une des quatre premières ( qui évidemment ne dépendent pas que de la France ). La réalité choisira à notre place si nous restons sur l’option Marcoussis, au détriment de la Cote d’Ivoire et de notre crédibilité. A ce moment-là, la mission de l’armée deviendrait claire. Cela donnerait un horizon à la force Licorne.

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  2. Alborg

    16/11/2005

    Hum, dites-moi si je me trompe, Monsieur LAHITTE, mais la division de WAFFEN SS « DAS REICH » n’était-elle pas celle-là même qui a perpétré un grand massacre de civils à Oradour-sur-Glane ? (vous voyez: même en Belgique on connait cette histoire) Je crois même qu’elle était en route vers le Nord-Ouest pour prêter main forte à la défense du Mur de l’Atlantique…. Dire dans ces conditions que les volontaires français de cette division de SS « n’avaient jamais porté les armes ni contre leur pays ni contre les armées Anglo-américaines » me semble être vraiment très GONFLE, sauf votre respect ! – A moins que je ne me trompe et que ce n’était pas cette division « das Reich »-LA ? ? Une fois cette petite mise au point faite, sachez quand même que je partage entièrement votre analyse de la situation dans les banlieues françaises …. ou autres ! Cordialement

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  3. Jean-Claude Lahitte

    15/11/2005

    Le « limogeage » du Général Poncet qui a pour seul tort d’avoir couvert des hommes qui avaient agi comme le font toute armée en guerre*, me rappelle, toutes proportions gardées, l’inculpation de quatre policiers à la Courneuve qui avaient « tabassé » (mot qui mérite des guillemets quand on a vu leur « victime » parader devant les caméras de TV sans la moindre trace de coups sur le visage ou ailleurs). Tous deux sont le fait de gouvernants lâches qui, craignant d’en avoir trop fait vis-à vis d’Africains, cherchent le moindre petitfait pour se « dédouanner ». Ces deux « affaires » médiatisés à l’extrême par une presse à la botte, me rappellent deux affaires. La première : celle où, en 1945, le Général Leclerc avait fait fusiller (sans le moindre jugement, et malgré toutes les demandes de l’Etat-Major de l’Armée américaine dont il portait l’uniforme) neuf jeunes soldats français de la Division Das Reich qui, je le rappelle, n’avaient jamais porté les armesni contre leurs pays, ni contre les Armées anglo-américaines, mais contre les troupes soviétiqus qui devaient ensuite asservir une bonne partie de l’Europe que les Armées alliées avaient été sensés venir délivrer du nazisme. La seconde : celle où,en 1962 à Oran, les troupes du Général Katz avaient ouvert le feu sur des pieds-noirs qui manifestaient leur désespoir en voyant que leur « sauveur », De Gaulle, abandonnait l’Algérie,faisant ainsi un nombre considérable de morts et de blessés. AUCUNE SANCTION n’avait été demandée tant contre LECLERC qui avait outrepassé les lois de la Guerre, que contre Katz. Il est vrai qu’outre qu’ils avaient « zigouillé » (mot gaullien !) « seulement » des Français, ils avaient le même patron; De Gaulle. Cordialement, Jean-Claude Lahitte * il faut préciser que le « bandit » achevé (nous dit-on) en Côte d’Ivoire terrorisait ses propres compatriotes. Comme certains en ont témoigné des Ivoiriens au micro de RTL, en se montrant très heurex d’en être débarrassé. Tandis que la « victime » des policiers de La Courneuve, outre qu’il était « connu de la police » devait être appréhendé deux jours plus tard : il avait été filmé par une caméra de pompiers alors qu’il incendiait un véhicule !

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