1945 : l’immense défaite de l’Occident

Posté le novembre 06, 2019, 10:01
9 mins

Je m’explique. J’ai un âge et j’ai eu une carrière qui m’ont permis de connaître l’état de la planète quelques années après 1940.

L’Union Jack britannique et les trois couleurs françaises flottaient partout. On pouvait aller de Paris à Hong Kong par voie terrestre en toute sécurité.

Alors que la colonisation européenne était de facto encore en place, je me souviens de m’être promené au Liban qui était une sorte de France orientale avec les boîtes aux lettres de couleur jaune comme à Paris et d’avoir traversé la Syrie où l’on rencontrait de nombreux témoignages de la présence française, dans un pays certes compliqué mais pacifié. Dans la même région, j’ai séjourné sans aucun problème dans le sultanat d’Oman, au cœur de l’islam, où j’ai eu tout le loisir, ainsi que dans l’empire des Indes, de découvrir la très intelligente « indirect rule » anglaise qui permettait à la Grande-Bretagne, avec des effectifs réduits, de gouverner et de développer de véritables continents.

Je me souviens aussi de l’Afghanistan que j’ai traversé autrefois en touriste, avec voiture et chauffeur. C’était un pays en paix, gouverné par un roi francophone et francophile, où l’université était en partie française, avec des professeurs de médecine et de droit qui, chaque année, venaient enseigner leurs disciplines.

En Indochine, les Français avaient découvert Angkor et ils restauraient ces extraordinaires temples-palais des Xe et XIe siècles.

En Afrique, moins développée bien sûr, l’ordre et la paix régnaient aussi. Les missions chrétiennes y avaient beaucoup contribué.

Mais l’indépendance accordée, ce furent aussitôt des guérillas sans fin. Les armes furent autorisées. Les chefs de tribus se mirent à massacrer le gibier qui contribuait à l’équilibre alimentaire de la population. Les éléphants étaient abattus au fusil-mitrailleur depuis l’hélicoptère du «président».

En revanche, la décolonisation en Afrique noire a produit un certain nombre de personnalités étonnantes et emblématiques comme l’empereur Bokassa qui, converti en apôtre ressuscité de Jésus-Christ, distribuait au peuple ses bénédictions apostoliques et impériales. L’Afrique a produit également Idy Amin Dada, président de l’Ouganda, champion de boxe, qui inventa une nouvelle diplomatie, celle du ring. Les problèmes diplomatiques étaient réglés de cette façon-là, à coups de poing. Ce n’est pas certes pas Charles de Talleyrand-Périgord, prince de Bénévent, qui aurait inventé cela ! Musulman, chassé de son pays, Amin Dada se réfugia en Arabie saoudite.

Ces exceptions très africaines ne peuvent faire oublier que, pendant des décennies, l’Afrique fut remarquablement colonisée. En 1924, la mission Citroën fit passer ses véhicules d’Alger au Cap sans problème majeur.
Aujourd’hui, un tel périple est évidemment impensable. Dès qu’on pénètre en Afrique noire, c’est la guérilla généralisée – au Congo ex-belge, en Centrafrique, après les massacres en Sierra Leone et au Libéria, tous à base tribale. Là, s’exerçait la spécialité dite des chemises à manches courtes.

Un coup de tronçonneuse et on coupait le bras de l’adversaire. À l’Est du continent, la barbarie n’a pas épargné la Somalie des shebabs.

La France, maintenant, tente, avec les encouragements des États-Unis et de ses partenaires européens, d’endiguer l’islamisation du continent livré au chaos.

Au Moyen-Orient, c’est pire encore. Le chaos est tel qu’il est difficile de le décrire. Il change d’heure en heure. Les chiites veulent anéantir les sunnites, mais chiites et sunnites s’entendent pour anéantir tout ce qui n’est pas musulman, notamment en Irak les chrétiens et les yézidis – ces derniers étant systématiquement réduits en esclavage. Les Turcs, eux, s’efforcent d’anéantir les Kurdes qui, réunis, pourraient parfaitement constituer une nation. L’Occident les soutenait, mais Trump vient de les abandonner, on ne sait pas trop pourquoi. Pour le moment, Iran, Syrie de Bachar al-Assad, Irak et Turquie sont devenus les amis de la Russie de Poutine qui leur procure armement et conseils. Les Occidentaux, perdus dans cette mêlée, cherchent tout de même à conserver leurs pions pétroliers et les clients acheteurs de leur armement. C’est ainsi que les États-Unis viennent de prendre la décision de défendre par les armes les champs pétroliers syriens de Deir Ez Zor, repris par les Kurdes aux combattants de l’Etat islamique. On voit que Trump se retire de ce guêpier sans se retirer, créant dans la région une confusion totale.

Déjà, les États-Unis ont perdu des milliers d’hommes dans cette région où ils sont englués depuis des décennies. Ils ont perdu aussi des milliards de dollars.
Les populations civiles sont martyrisées, tuées, blessées, déplacées. 6 millions de déplacés attendent en Turquie où le sultan Erdogan menace de les envoyer en Europe occidentale s’il ne reçoit pas les milliards d’euros promis par la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, etc. C’est le chantage caractérisé d’un «allié», membre de l’OTAN – en fait un nouvel allié de Poutine ! C’est là, l’un des plus beaux échecs de la diplomatie occidentale qui, depuis 70 ans, ne cesse de les collectionner.

On ne peut non plus oublier les Balkans où les problèmes ethniques et religieux ne sont nullement résolus.

Cependant, aussi graves et sanglants que soient ces problèmes liés à la défaite de l’Occident en 1945, je ne pense pas qu’ils puissent entraîner une troisième guerre mondiale. Le chaos

en Orient, aussi destructeur qu’il soit, est devenu chronique. En revanche, Israël est là et sait se défendre. Son existence est menacée par l’islam renaissant. L’Iran s’efforce de fabriquer une bombe afin de rayer l’État hébreu de la carte du monde. Le sachant, Israël détruira les installations nucléaires iraniennes s’il a la certitude que la bombe est à portée de main. Or, l’Iran est l’allié de la Russie et Israël l’allié très proche des États-Unis. Le risque est donc évident.

La démocratie dévoyée, imposée depuis 1945, à marche forcée, par l’Occident, en lieu et place de la colonisation, on voit ce qu’en sont les conséquences. Ce fut une erreur criminelle.

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8 réponses à l'article : 1945 : l’immense défaite de l’Occident

  1. quinctius cincinnatus

    16/11/2019

    si vous voulez pour mieux comprendre votre époque lisez plutôt Yvan Rioufol ( du  » Figaro  » ) moins pamphlétaire et à la pensée mieux articulée qu’ Eric Zemour

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  2. quinctius cincinnatus

    10/11/2019

    enfin une petite lueur d’ espérance en Occident : en France l’ ouverture de bistrots repart à la hausse !

    au moins cela sera retenu comme positif pour la mandature Macron !

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  3. AMA PROTTE

    07/11/2019

    Un cancer ronge l’occident. Des métastases euphorisantes l’ont envahi. Il se réjouit de sa décrépitude et va vers la mort en dansant.

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    • quinctius cincinnatus

      14/11/2019

      macabre

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  4. KAVULOMKAVULOS

    07/11/2019

    Voici un article qu’il faut faire paraitre d’urgence dans la bible actuelle (L’ Immonde), sa petite soeur (Le NouvelOs), sans parler du cathéchisme à la mode (Libation). Aucun doute qu’il rencontrerait un grand succès et emporterait l’adhésion des lecteurs- commentateurs de ces merveilles journalistiques. Evidemment quelques esprits chagrin se croiraient obligés de sortir la panoplie complète des formules indignées : nauséabond, heures les plus sombres, Pétain, facho, etc. J’en passe et des meilleures.
    N’avez vous pas compris, Monsieur, que tous les travers que vous citez de ces « merveilleuses civilisations exotiques » n’ont qu’une seule cause : la colonisation et même, disons le, l’existence des blancs, ces horribles faces de craie qui « nous prennent tout et nous esclavagisent » encore aujourd’hui.
    Non mais, écrire ceci, alors que nos grands esprits bronzés ultramarins entr’autres ne cessent de vous réclamer chaque jour plus de repentance – et de fric ne l’oublions pas -, c’est d’une inconscience majeure.
    Allez, vite, au cimetière et laissez la place à la régénération humaine que seul le tiers monde et spécialement l’afrique saura apporter à votre continent agonisant.
    Au besoin en le finissant fissa, ce qui est très probable.
    En souvenir à mon cousin esclavagisé du 9 cube « Blakopoulos », de ses 4 épouses et ses18 gosses , survivant péniblement de la prise en charge indigente de votre état despotique et raciste; Na !
    Il fallait, Monsieur, que cela soit dit, plutot que vos fake-news.

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  5. Franck

    06/11/2019

    Ce que vous vous abstenez de dire, c’est que tout ce chaos a été commandité et est financé par l’occident, qui au passage joue très bien son rôle de pompier pyromane. Tout le monde sait très bien qui finance et arme le terrorisme au proche et au moyen orient, tout le monde sais très bien qui finance et arme le terrorisme dans les pays du Sahel…
    L’occident a depuis longtemps cette politique qui consiste à diviser pour mieux régner, et à détruire ce qu’il ne peut avoir.
    Mais bon, le chaos je pense que les choses sont entrain de changer, et l’occident est entrain de perdre.

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    • quinctius cincinnatus

      08/11/2019

      exercice de style :

      l’ Occident [ pour moi l’ Europe ] , qui n’ est certes pas EN TRAIN de changer, court avec ENTRAIN à sa perte !

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    • KAVULOMKAVULOS

      08/11/2019

      Comme il fallait s’y attendre, une fois de plus, le bordel africain, c’est la faute de l’occident. Que l’auteur du commentaire ci-dessus nous explique, s’il le peut, les évènements du Libéria, indépendant depuis la guerre de sécession US ( 1861/1864) et même création des Yankees qui auraient bien voulu se débarrasser des blakcs en finançant leur retour vers le continent de leurs ancêtres) (voir la proposition du grand adverdsaire de l’esclavage US LINCOLN lui-même, même à grands frais. Les concernés, pas plus cons que d’autres, ont bien compris qu’il était préférable pour eux de s’accrocher au pays des « esclavagistes » qu’ils auraient tout loisir de faire changer ensuite et de pouvoir bouffer à coup sur. Alors que, retomber dans les guerre tribales atroces – que ces salauds d’occidentaux avaient stoppé – ce n’était pas leur préférence.
      Maintenant, si l’auteur du commentaire, trouve du plaisir masochiste à se flageller, grand bien lui fasse. Mais qu’il ne se ménage pas, surtout.

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