Angéla Merkel a tort d’abandonner le nucléaire

Posté le juin 14, 2011, 12:00
6 mins

Le 27 mai 2011, la CDU, parti d’Angéla Merkel, a largement été battu aux élections régionales. Les socialistes et les écologiques passent devant. Le tremblement de terre au Japon qui a perturbé le fonctionnement de plusieurs centrales atomiques japonaises a poussé beaucoup d’Allemands à voter contre l’électricité atomique, donc contre Angéla Merkel.

Celle-ci a annoncé qu’en 2022 au plus tard, toutes les centrales nucléaires allemandes seraient fermées.
Cette annonce a une motivation essentiellement électoraliste. C’est surtout la peur du nucléaire qui a poussé les électeurs allemands à voter contre Angéla Merkel… Il faut donc les récupérer avant les prochaines élections. L’annonce de la fermeture des centrales atomiques allemandes avant 2022 est le moyen choisi.

Pour plusieurs raisons, Angéla Merkel a eu tort de faire une telle annonce.

1) Il est d’abord techniquement impossible de réaliser en si peu de temps la fermeture des 17 centrales allemandes. Une centrale atomique est une usine très complexe autour de laquelle les radiations créent des zones plus ou moins radioactives, donc dangereuses. Il faut éliminer tous les terrains contaminés et dangereux : ce n’est pas facile, c’est très long et très coûteux.

2) 12 centrales fabriquent actuellement de l’électricité, soit 27 % de la production allemande.
Vouloir réduire de 20 % la consommation électrique d’un peuple, est totalement utopique. Il y a malheureusement des écologistes qui y croient. On peut en effet doubler ses fenêtres ou rendre ses murs plus imperméables à la fuite de chaleur. On peut renoncer à la climatisation (elle représente actuellement 50 % de la consommation d’électricité aux USA). On peut mettre des ampoules spéciales consommant moins d’électricité. On peut s’éclairer avec des bougies…

Mais, plus le monde évolue, plus le niveau de vie d’un peuple augmente, plus sa consommation d’électricité augmente. La consommation d’électricité est un des meilleurs tests permettant de mesurer le développement d’un peuple.

3) Décider de fermer les centrales atomiques, c’est donc décider d’utiliser d’autres moyens de production de l’électricité.
Les écologistes proposent des éoliennes ou des centrales solaires. Ces moyens de production ont un avantage majeur : ils ne produisent pas de CO2. Mais ils ont deux gros inconvénients. Le vent ne souffle pas toute la journée et le soleil n’est pas toujours au rendez-vous. Enfin, actuellement encore, l’électricité qu’ils fournissent coûte bien plus cher que l’électricité atomique.

4) L’Allemagne participe au programme ITER qui met au point en Provence un énorme engin capable de fabriquer de l’électricité en utilisant la fusion de l’atome, et non la fission. Va-t-elle cesser de financer cette recherche qui avance lentement, mais qui, de toute évidence, est notre avenir.

5) La France et l’Allemagne sont interconnectées sur le plan électrique. L’Allemagne achète très souvent de l’électricité française, comme la France achète de l’électricité allemande. Va-t-elle cesser d’acheter de l’électricité française ?

6) L’Allemagne devra donc remplacer les centrales atomiques par d’autres centrales, comme les centrales thermiques alimentées au charbon, au pétrole ou au gaz. Le CO2 produit par la société industrielle va augmenter de façon importante et le réchauffement climatique ne peut qu’être au bout. De toute façon, les gisements de charbon ou de pétrole sont limités et le temps où l’on ne pourra plus en sortir de la terre n’est pas très éloigné à l’échelle de l’évolution de notre planète.

Pour toutes ces raisons, et pour beaucoup d’autres encore, fermer les centrales atomiques allemandes ne peut être qu’une annonce électoraliste non suivie d’applications, si, grâce à elle, Angéla Merkel se maintient au pouvoir.
Par contre, il serait plus sage de bien informer les électeurs de la réalité énergétique.

3 réponses à l'article : Angéla Merkel a tort d’abandonner le nucléaire

  1. François

    19/06/2011

     Olivier

     Ce que l’on a prouvé, par contre, c’est qu’un doublement du taux actuel de C02 ( passer de 390 à 800 ppm) provoquerait une hausse de température de 0,8°. ( l’effet du CO2 est logarithmique).
     Ce qu’on sait, c’est qu’aujourd’hui, le CO2 rejeté par l’homme chaque année représente 1,8 ppm.
     Ce qu’on sait, c’est que le temps de résilience du CO2 dans l’atmosphère est compris entre 5 et 15 ans.

      Bref, tout cela a tendance à montrer comme très probable que l’apport du CO2 rejeté par l’homme dans les évolutions de température est marginale.

      Ce que l’on sait par les carottages glaciaires c’est que, dans l’histoire, l’augmentation des températures a toujours PRECEDE l’augmentation du taux de CO2 de 800 à 1000 ans.

      Il est d’autre part de plus en plus admis qu’une augmentation de 2 ou 3 degrés des températures aurait un effet bénéfique.

      C’est une réalité qu’il est sage de prendre en compte avant de dilapider des centaines de milliards qui seraient bien plus utiles ailleurs…

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  2. OLIVIER

    16/06/2011

    @François « La liaison entre le CO2 produit par l’homme et les évolutions de température n’a JAMAIS été démontrée » Absence de preuves n’est pas preuve d’absence. Ce qu’on sait en revanche, c’est que la production de CO2 (en elle-même) augmente les températures de l’atmosphère terrestre, c’est une réalité physique. Et c’est une possibilité avec laquelle il est sans doute sage de composer, avant d’attendre les preuves… !

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  3. François

    15/06/2011

     Monsieur Trémeau, vous êtes une victime de plus du GIEC. La liaison entre le CO2 produit par l’homme et les évolutions de température n’a JAMAIS été démontrée, n’en déplaise à tous les alarmistes.
     Par contre, là où vous avez raison, c’est de dire qu’utiliser l’énergie fossile pour produire de l’électricité est du gâchis. On n’a en effet trouvé aucun substitut viable pour l’instant à cette énergie pour les transports (sauf pour quelques porte avions et sous marins..). Par contre, on a trouvé le substitut au pétrole pour produire de l’électricité, il s’appelle fission (en attendant mieux).

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