Développement durable et choix politiques

Posté le juin 16, 2009, 12:00
7 mins

Après la victoire électorale des Verts, tous les responsables politiques nous annoncent qu’ils vont foncer dans le « développement durable » et dans « l’énergie renouvelable »…

Or, jusqu’à maintenant, pour se « développer », l’homme augmente sa consommation d’énergie. Pour nourrir cent hommes, il faut 5 fois plus d’aliments que pour en nourrir 20. Si la population augmente, il faut donc augmenter la production alimentaire. Actuellement, la population des pays développés ne progresse plus. Tandis que la productivité des sols augmente. Il n’y a donc aucun problème de production d’énergie alimentaire durable. On peut même s’offrir le luxe d’une agriculture biologique. Ce n’est pas le cas des pays africains. Il faut leur apprendre à produire des aliments et à se développer. Ils limiteront ensuite spontanément leur fécondité.

Le développement repose sur l’utilisation d’énergie non alimentaire.  Les besoins en mazout pour le chauffage des maisons, en électricité pour tous les appareils ménagers ou les téléphones, en essence pour les voitures sont proportionnels au nombre des objets utilisés par l’homme. Plus le pays se développe, plus les besoins énergétiques augmentent. Faut-il obliger les Français à rouler en bicyclette ou interdire aux Chinois à rouler en voiture ?

Il y a évidemment de nombreux et vrais gaspillages. Une maison mal isolée consomme plus de mazout qu’une maison bien isolée. Une grosse voiture consomme plus d’essence qu’une petite.

Mais ne pas déménager après avoir marié tous ses enfants, pour continuer à vivre dans « sa » maison devenue trop grande, mais que l’on aime, est-ce un gaspillage ? Acheter ou louer une maison avec un jardin dans la banlieue de la ville où l’on travaille, c’est décider de consommer plus d’essence avec sa voiture et avec sa tondeuse à gazon. Est-ce un gaspillage ?

Le nucléaire : énergie durable ?

Il y a de vrais problèmes de pollution. Plus le développement d’un peuple est grand, plus les déchets qu’il laisse sont importants. Les voitures ou les ordinateurs à la casse sont venus s’ajouter aux déchets alimentaires. Tandis que les déchets alimentaires sont rapidement biodégradables, les déchets issus des voitures ou des ordinateurs ne le sont pas.

Les métaux lourds sont très polluants. Faut-il en interdire l’utilisation ? Reste le problème de l’énergie utilisée. L’homme a d’abord brûlé du bois pour alimenter son feu. Le meunier a ensuite utilisé l’eau coulant dans la rivière ou le vent soufflant sur la colline pour moudre son blé. Puis, avec l’industrialisation, le charbon, le pétrole, le gaz, l’atome sont arrivés. Les pays développés consomment moins de bois et la surface des forêts y augmente régulièrement maintenant. La forêt se reconstitue donc en France. Mais, au Brésil ou en Indonésie, on détruit massivement les forêts. Cette source d’énergie n’y est donc plus renouvelable.

Les réserves de charbon, de pétrole et de gaz naturels ne sont pas inépuisables. On peut envisager leur disparition dans moins d’un siècle. De plus, le rejet de gaz carbonique dans l’air augmente la rapidité du réchauffement climatique. Faut-il cesser de rouler en voiture en France ou obliger les Chinois à continuer d’utiliser leurs bicyclettes ?

Les éoliennes peuvent apporter un petit complément énergétique, mais à un prix très élevé. Par contre, les capteurs d’énergie solaire deviennent de plus en plus performants et de moins en moins coûteux. Ils ne sont pratiquement pas polluants.

Reste l’énergie atomique. L’énergie issue de la fission seule, utilisée aujourd’hui, expose à de très graves accidents et laisse des déchets très polluants. Et les réserves d’uranium ne sont pas inépuisables. L’énergie issue de la fusion atomique sera opérationnelle dans une quinzaine d’années tout au plus. Elle n’exposera pas à des accidents graves et ne produira pratiquement pas de déchets. Elle est renouvelable. Faut-il stopper ou accélérer le programme ITER ?

4 réponses à l'article : Développement durable et choix politiques

  1. Sebaneau

    23/06/2009

    "Les socialistes nous croient dans l’erreur; c’est leur droit. Mais ils devraient au moins s’en affliger; car notre erreur, si elle est démontrée, implique l’urgence de substituer l’artificiel au naturel, l’arbitraire à la liberté, l’invention contingente et humaine à la conception éternelle et divine.Supposons qu’un professeur de chimie vienne dire:
    « Le monde est menacé d’une grande catastrophe; Dieu n’a pas bien pris ses précautions. J’ai analysé l’air qui s’échappe des poumons humains, et j’ai reconnu qu’il n’était plus propre à la respiration; en sorte qu’en calculant le volume de l’atmosphère, je puis prédire le jour où il sera vicié tout entier, et où l’humanité périra par la phtisie, à moins qu’elle n’adopte un mode de respiration artificielle de mon invention. »
    Un autre professeur se présente et dit:
    « Non, l’humanité ne périra pas ainsi. Il est vrai que l’air qui a servi à la vie animale est vicié pour cette fin; mais il est propre à la vie végétale, et celui qu’exhalent les végétaux est favorable à la respiration de l’homme. Une étude incomplète avait induit à penser que Dieu s’était trompé; une recherche plus exacte montre qu’il a mis l’harmonie dans ses œuvres. Les hommes peuvent continuer à respirer comme la nature l’a voulu. »
    Que dirait-on si le premier professeur accablait le second d’injures, en disant:
    « Vous êtes un chimiste au cœur dur, sec et froid; vous prêchez l’horrible laisser-faire; vous n’aimez pas l’humanité, puisque vous démontrez l’inutilité de mon appareil respiratoire? »Voilà toute notre querelle avec les socialistes. Les uns et les autres nous voulons l’harmonie. Ils la cherchent dans les combinaisons innombrables qu’ils veulent que la loi impose aux hommes; nous la trouvons dans la nature des hommes et des choses."
    Frédéric Bastiat, "Justice et Fraternité" http://bastiat.org/fr/justice_fraternite.html

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  2. Marc

    17/06/2009

    Fradet, (Développement durable,) ce n’est pas une invention de Bernard Trémeau,mais de ces con nards de "vers rouge" ! Il faut être vraiment  con pour croire que les Chinois,Indiens,Africains,Sud Américains,etc…Vont sagement nous écouter nous,pauvres cons de Français ! Eux vont rigoler,en nous traitant de crétins ! Ce qui sera juste d’ailleurs,et continueront à se développer,et a ramasser tous les marchés! Quel tas de cons sommes devenus,pour croire à toutes les balivernes de ces crétins de "vers rouge" ! Mais les vers sont dans les fruits,l’imbécilité fera le reste ! 

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  3. fradet

    17/06/2009

    Développement durable…et personne ne relève l’imbécilité de cette juxtaposition. Parce que le développement n’est pas fait pour durer ou prolonger la durée ect et qu’est que la durée?

    Depuis que l’homme existe, a-t-il jamais cessé de développer…pour durer? cela s’appelle évolution, non?

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  4. jaures

    17/06/2009

    La première énergie renouvelable est celle que l’on utilise pas.

     Le faible coût de l’énergie nucléaire est un leurre: il ne prend pas en compte le démentèlement des centrales et la gestion des déchets. Sans compter, Trémeau le souligne, les risques d’accidents. Il est à remarquer que seule la France a fait le choix du "tout nucléaire" avec ses 58 centrales dont 5 servent à leur propre fonctionnement et 12 ne tournent qu’en période de pointe (à peine un mois par an). Ces dernières servent à l’exportation, vente d’électricité à perte, dont les déchets restent en France. Le seul pays dont la politique nucléaire est comprable est…la défunte URSS !

    Il faut apprendre à se passer du nucléaire en investissant dans les économies d’énergie et en ne remplaçant pas les centrales inutiles. Si les énergies renouvelables ne sont pas encore au point, c’est que 90% de la recherche est accaparée par le nucléaire. Sur les économies d’énergie, les exemples sont convaincants: Montpelier a réduit de moitié sa consommation d’électricité en 15 ans. Montreuil de 30% en 5 ans ! Si les logements étaient correctement isolés, la facture des ménages pourrait être réduite de 30 à 40% ! Bref, on peut aisément se passer des 2/3 des centrales dans 15 ans. Les milliards économisés sur l’exploitation et la recherche doivent servir à améliorer le rendement des énergies renouvelables (eolien, solaire, géothermie,  bois,…).

    Parallèlement, le réseau d’autoroute doit être laissé en l’état. Les nouveaux projets, extrèmement coûteux, doivent être abandonnés au profit des transports en commun: peu importe que l’on réside dans un pavillon de banlieue si on peut rejoindre son bureau grace à des transports fréquents et fiables.

    Les Chinois rouleront en voiture comme nous. Mais, je l’espère, dans des voitures plus propres, électriques ou hybrides, sans le "m’as-tu vu" clinquant et lourdeau des belles américaines qui ont fait leur temps.

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