Donald Trump, seul contre tous

Posté le mars 15, 2016, 11:05
5 mins

Ayant gagné 7 États sur 11 lors du « Su­per Tuesday », Trump affirme qu’il est le champion que le peuple a choisi depuis longtemps.

Il aborde ainsi la date-clé du 15 mars avec une quinzaine d’États en poche et plus du tiers des 1 237 délégués requis pour obtenir l’investiture du parti républicain à la présidentielle.

Qu’il gagne ou perde la Floride et l’Ohio, il a déjà prouvé sa résistance aux pires attaques, seul contre tous.

Mais, même après le 15, date à laquelle les primaires ne sont plus proportionnelles, mais toutes à l’avantage exclusif du candidat en tête, il va devoir affronter la rage de son rival Ted Cruz et la furie des élites conservatrices et républicaines.

Les conservateurs opposés à Trump s’entêtent à vouloir Cruz, sans se rendre compte qu’il n’a aucune chance de faire le plein des voix de droite contre Hillary : voix nasillarde, faciès assez in­grat, et conservatisme tellement rigide qu’il rebute…

Les républicains, qui détestent Cruz presqu’autant que Trump, n’ont pas réussi à imposer « le petit Rubio », comme l’appelle Trump, mais continueront de déverser leur bile.

Tous ces pisse-vinaigre en sont toujours à la conclusion de George Will, commentateur à « Fox News », fin 2015 : « Nous ne pouvons pas gagner avec Trump, mais nous ne pouvons pas gagner sans ses électeurs… »

La suite logique, c’est un complot éhonté pour voler à Trump ses électeurs et au peuple son choix démocratiquement exprimé.

Aucun coup ne semble assez bas pour cela.

Après l’ignominie de la « Natio­nal Review », on voit des personnalités conservatrices et Tea Party (Richard Viguerie, Erick Erickson, Ben Sasse…) se joindre à la meute et traiter les nombreux conservateurs qui ont apporté leur soutien à Trump de « vendus » ou de « traîtres », même l’irréprochable sénateur Jeff Sessions !

Et tous ces mauvais perdants que sont les oligarques républicains s’activent à changer les règles du jeu en cours de partie…

La palme du perdant désespéré revient à Bill Kristol du « Weekly Standard » qui appelle carrément à voter Hillary Clinton.

Il est vrai que Clinton, tout comme Rubio, peut être contrôlée.

C’est même une de ses caractéristiques principales et le secret de sa fortune personnelle, tandis que personne ne pourra acheter Trump, ni le faire changer d’avis radicalement sur les questions existentielles qui motivent son électorat, ni le contrôler.

Pour Kristol et compagnie, mieux vaut perdre avec Hillary que gagner avec le Donald !
En dépit du serment solennel de chaque candidat de soutenir le vainqueur des primaires, quel qu’il soit, et après avoir accusé Trump de vouloir créer un troisième parti, Kristol songe à créer ce troisième parti pour faire obstacle au Donald.

La palme du culot ethnique revient à Cruz offrant à Rubio d’être son vice-président, en dépit de toutes leurs différences, formant ainsi une ligue cubaine contre le WASP Trump. Par ailleurs, Cruz, le prédicateur vertueux, a aussi commencé à attaquer Trump sur sa famille.

Mais la palme de la félonie revient à Mitt Romney rappelé sur le terrain par les oligarques. Il rejoint tous ces vilains shakespeariens dans un complot aussi vil qu’absurde : imposer une « autorité morale ultime » comme lauréat d’une « convention négociée ».

Discrédité en 2012 pour avoir lamentablement perdu par manque de combativité, Rom­ney surgirait en 2016 pour rafler la mise, et l’électorat suivrait docilement ?
Le discours de Romney restera un morceau d’anthologie.

Il a récité toute la litanie des mensonges grossiers sur Trump, se montrant tout à tour mesquin et condescendant.

Alors qu’il avait réclamé et obtenu l’appui et un don généreux de Trump en 2012, il le remercie aujourd’hui en le traitant « d’escroc », montrant une férocité qui aurait naguère pu faire tomber Obama, mais quatre ans trop tard et contre un autre républicain ! Exactement l’attitude qui pourrait infliger une deuxième défaite.

Si l’establishment gagne, l’A­mérique perd.

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7 réponses à l'article : Donald Trump, seul contre tous

  1. quinctius cincinnatus

    24/03/2016

    Nicolas [ Sarkozy ] :

     » Donald Trump me fait frémir ( ? ) : autant de vulgarité et de populisme partagés par 30 % des Américains est inquiétant  »

    il est vrai que Nicolas n’ a jamais été ( et n’ est toujours pas ) vulgaire et populiste et il est tout aussi vrai qu’ il n’ a pas 30 % de fans !

    lorsque certaines bornes [ de la traitrise et de la lâcheté ] ont été franchies il faut se rendre à cette évidence: la  » plèbe  » en colère acclame le démagogue

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  2. BRENUS

    19/03/2016

    Votez JUPUTTE !

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  3. quinctius cincinnatus

    16/03/2016

    et … tous contre Trump !

     » c’ est à dire  » s’ y met, bien entendu : populiste, néo-fasciste etc … etc … !

    il est vrai que Donald est un vilain petit canard qui se moque et qui parfois même  » insulte  » le Media ; son nom seul est une insulte à la Liberté !

    on peut appeler cela un  » franc-parler  » mais le Media bien pensant : pas touche !

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  4. druant philippe

    16/03/2016

    Supposons que Trump soit élu , encore faudra – t-il tenir les promesses émises à savoir l’ édification d’ un vrai mur entre USA et Mexique , le durcissement des règles d’ immigration pour tous les métèques muzz ou non , la fin de l’ ostracisation de la Russie ,…
    Wait and see !

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  5. quinctius cincinnatus

    15/03/2016

    Tiens les Républicains américains se R.périsent et même se Républicanisent ! à mon avis les candidats devraient faire une psychothérapie de groupe avant les élections cela aiderait grandement à la compréhension dans leur électorat

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    • quinctius cincinnatus

      15/03/2016

      soyons sérieux :

      tout cela montre simplement qu’ il n’ y a pas un leader naturel chez eux ! … chez nous non plus !

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  6. DESOYER

    15/03/2016

    Tout cela est lamentable! Merci pour vos infos, Madame Joslain.

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