Escherischia coli et la médiocrité de la classe médiatique

Posté le juillet 20, 2011, 12:00
5 mins

Lorsqu’on ignore l’essentiel d’un sujet, on devrait éviter de l’évoquer ! Les médias se sont pourtant récemment « exprimés » au sujet de plusieurs intoxications alimentaires. Mais les « présentateurs » – qui, de plus, accumulent les fautes de français –, souvent peu cultivés, mais se croyant omniscients, amoncellent erreurs et inexactitudes, volontaires ou plutôt inconscientes.

Dans le cas présent, tous utilisent diverses dénominations pour une bactérie banale, dont certaines souches sont toxiques. Le banal colibacille peuple, par millions, nos intestins, parfois d’autres organes.

Tentant une comparaison avec les plus fidèles amis de l’homme, on pourrait assimiler, de façon grossière :
– la bactérie à un animal vertébré,
– le bacille à un mammifère,
– le genre Escherichia au genre Canis,
– l’espèce coli (et surtout sans majuscule, c’est un adjectif) à une « race » (braque, épagneul, teckel…),
– la souche, à une identité génétique, que l’on assimilera éventuellement à une « variété » (braque allemand, de Weimar ; épagneul breton ou du Münsterland ; teckel à poils longs ou à poils ras…).

Cette comparaison n’est qu’une approximation. Cependant, si les diverses souches ont des identités et des caractères antigéniques
différents, les « variétés » ont des caractéristiques et des caractères différents (agressivité, aptitude à la chasse…).
Lire dans un hebdomadaire un titre comprenant « E-Coli » prouve que le rédacteur de l’article ignore tout de la bactériologie, accumulant les fautes (E. serait suivi d’un point pour l’abréviation du genre, pas de tiret mais un espace, coli entièrement en minuscules).
Dans un autre hebdomadaire, on apprend que « La bactérie E. coli a été isolée aux États-Unis en 1982 ». Lorsque nous étions étudiants, un quart de siècle plus tôt, nous manipulions régulièrement des germes, sans doute inconnus des Américains, mais courants en France, et déjà nommés Escherichia coli. Dans notre laboratoire, nous les avons régulièrement côtoyés avant leur « découverte » !
Il semble donc que ce soit une souche particulière et pathogène qui ait été découverte en 1982 ; ce n’est pas pareil. Qu’on le précise donc !
Les bafouilleuses des journaux télévisés di­sent « E coli » un peu comme « e mail », mais ne prononcent quand même pas à l’anglaise.

À les écouter, nul ne peut comprendre qu’il ne s’agit pas de tous les colibacilles, dont la grande majorité sont inoffensifs.
Quant à savoir pourquoi ces variétés sont apparues, ont développé une virulence, pourquoi elles se sont manifestées, nous le saurons peut-être un jour, mais ce n’est pas certain…

Quoi qu’il en soit, par pitié, que l’on cesse d’évoquer Escherichia coli, et que l’on implique plutôt une ou plusieurs souches virulentes.
Le téléspectateur qui connaît un sujet, et constate la façon dont il a été traité, est en droit de se demander ce qu’il faut penser des autres informations !…

M. Nonn
<[email protected]>

Courrier des lecteurs des 4 Vérités Hebdo

Une réponse à l'article : Escherischia coli et la médiocrité de la classe médiatique

  1. Drakkar

    27/07/2011

    Ben justement si, j’en ai entendu un dire E. Coli en prononçant "i" "coli" comme e-mail.

    Mort de rirre comme disent les jeunes.

    Depuis l’intervention de ce crétin médiatique, je surveille ma boîte aux lettres avec inquiétude. Après les virus, les bactéries par mail !

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