Gérard Depardieu, particule médiatique accélérée

Posté le 04 janvier , 2013, 5:43
10 mins

Je ne vais pas me lancer dans une glose fiscale sur l’affaire Depardieu. J’ai mieux à faire, même si je pense que ce sont les pauvres qui, plus que les riches, ont intérêt à quitter la France socialiste. Avec le socialisme, le pire de tous, le libertaire (Zapatero) et fiscaliste (Harold Wilson), les riches auront toujours quelque chose, mais les pauvres seront condamnés éternellement au grand rien.

La deuxième partie, assez satanique il est vrai, du programme socialiste est enclenchée, qui consistera non tant à remplir la France d’immigrés qu’à chasser les Français de leur propre patrie. La politique de la gauche profonde, c’est l’Emigration. Rappelez-vous 1792 et les massacres : il valait alors mieux être dehors. C’est à cette condition que l’on pourra réaliser l’anarchie cosmopolite d’Anacharsis Cloots. L’on pourra alors célébrer la grande fin de l’histoire, la grande fin des déterminismes.

Mais Depardieu ? Il y a une trentaine d’années déjà, la revue Time, alors mieux inspirée, l’avait baptisé l’homme à tout faire de la nouvelle vague française. Le cinéma français à la mort de Truffaut et des grands était en plein décadence (depuis il est mort) et il semblait que par sa grande présence physique et vocale, le grand ventripotent  et surtout omniprésent Gérard allait devenir l’homme à tout faire de la cinématographie française. Il est à noter que c’est à cette époque que la cinématographie française est devenue totalement fonctionnaire. On a bien insulté les provocations de Torreton, mais ce dernier, bien que torché par Deneuve ou Bardot, autres stars de l’Antiquité française, a mis le doigt sur la vérité qui fait mal : Depardieu est un fonctionnaire très bien payé de l’exception culturelle, comme presque tous les acteurs Français. C’est pour cela que les bons disciples de Jack Lang et financés de tout poil ont encouragé la réélection de Mitterrand en 1988.

Mais voyons la filmographie.

Depardieu, c’est d’abord les Valseuses. La prise du pouvoir par l’anarchie de Mai 68 et des zazous poilus, la pornographie à ciel ouvert dans la France néanderthalienne et promeneuse des week-ends, et la petite délinquance à toute heure de la journée. Le triomphe des anars balèzes imposée à une France insultée de beaufs, de bourgeois et puis de Thénardier : on est passé de Jean Gabin et Fernand Raynaud à autre chose.

Depardieu aussi, c’est Buffet froid, film glacial qui débute par une grande scène surréaliste, digne d’un Bunuel américain, tournée dans l’immonde couloir du RER à la Défense, cette antichambre de l’Enfer. Buffet froid marque un peu comme les films de Mocky une France post-française, mais aussi post-humaine, une France cybernétique réglée par le putsch médical et la toute-puissance des réseaux routiers et de l’individualisme nihiliste de la Fin.

Depardieu, c’est aussi un bon représentant de la France bobo et culinaire avec ses Barilla et surtout sa Green Card, sa carte verte, un des bons films oubliés de Peter Weir, ce si rare réalisateur australien de droite. Le film est prémonitoire : pour vivre à New York, dans le New York encore sympa et socialo des années 80, il faut magouiller ! L’un a besoin d’un mari pour garder son appart de location, l’autre d’un mariage blanc  pour décrocher sa carte! Evidemment à force de mimer l’amour, on tombe dedans (on divorcera trois mois après) ! C’est la caution magique !

Film toujours d’actualité donc, et en plus la musique est de la géniale Enya.

Depardieu a tourné dans pas moins de 170 films, ce qui lui donne une aura à l’ancienne, on a cité Gabin, on peut aussi citer Michel Simon. C’est un acteur patrimonial qui a fini par se confondre avec Obélix (qui aurait dû être un tout jeune homme dans Astérix !), Monte-Cristo ou bien sûr Cyrano. Cyrano est le bon gros film décalé adoré par la critique : on y chuchote, on y susurre, on zézaie, on ne s’y éclate pas. Si l’on veut comprendre le génie baroque de la France d’avant l’Etat louis-quatorzien, on fera mieux de voir et de revoir le Capitaine Fracasse d’Abel Gance, peut-être le meilleur film français de notre Histoire, avec le grand Fernand Gravey. Depardieu nous délivra un Cyrano en formule fonctionnaire, avec des acteurs de télé et des scènes de bataille lamentables. Mais peut-être que la noirceur athée de la pièce et surtout du personnage (Cyrano est sinistre, non ?) ressort mieux ainsi. Plus tard l’adaptation de Dumas me fut insupportable ; j’adore Dumas, je ne peux pas le voir, l’opus de Dayan, je préfère donc ne pas en parler.

Pantagruel et protée d’une petite époque, Depardieu s’est aussi voulu homme d’affaires, investisseur à Cuba, copain d’Attali, amant multiple et récitant catholique ! Il dispose dit-on de cent-cinquante millions de capital et vend son hôtel particulier pour la modique somme de cinquante millions. Le fonctionnaire de la génération Mitterrand a bien évolué ! Il évoque bien ces personnages à facettes multiples des temps qui traînent et qui ne courent plus, et que décrit si bien Guy Debord dans ses Commentaires ; je cite tout, il faut vraiment le relire, ce Debord :

C’est dans de telles conditions que l’on peut voir se déchaîner soudainement, avec une allégresse carnavalesque, une fin parodique de la division du travail ; d’autant mieux venue qu’elle coïncide avec le mouvement général de disparition de toute vraie compétence. Un financier va chanter, un avocat va se faire indicateur de police, un boulanger va exposer ses préférences littéraires, un acteur va gouverner, un cuisinier va philosopher sur les moments de cuisson comme jalons dans l’histoire universelle.

Mussolini avait ses Balilla, et nous nos Barilla ! Sept millions par film de pub, dans les années 80. Je n’en mange plus, des Barilla.

La suite de Guy Debord est bonne aussi, qui annonce presque le transfert du patrimoine auréolé de tous ses mystères en Belgique !

Le plus souvent, ces particules médiatiques accélérées poursuivent leur simple carrière dans l’admirable statutairement garanti.

J’ignore si Depardieu ira forer du pétrole en Sibérie à la demande du très malin Vladimir Poutine ! Ou s’il créera un parfum à Macao ! Ou s’il jouera un mafieux russe dans une série hongroise ! Ou s’il fera vraiment le film sur DSK que vous aurez du mal à voir dans votre bon Paris !

Je finirai par un rappel plus personnel. C’est au cours d’une de mes rencontres avec José Giovanni, je lui demande pourquoi il a choisi Depardieu pour incarner le bref et cruel rôle d’un résistant-voyou dans la Scoumoune, film testamentaire des voyous à la française, et l’un des plus beaux rôles de Belmondo (tiens, je vais en parler de celui-là !) ; il me répondit qu’il avait la gueule de l’emploi. Le gros voyou a désormais aussi la gueule de l’exilé fiscal : quelle étoffe !

Acta est fabula ?

6 Commentaires sur : Gérard Depardieu, particule médiatique accélérée

  1. Jaures

    7 janvier 2013

    Curieux patriotes qui érigent en héros un millionnaire qui quitte la France pour quelques millions de plus et qui exècrent ceux qui, poussés par la misère et le désespoir, rejoignent nos côtes au péril de leur vie.
    En fait, soyez francs, vous aimez les riches, quel qu’ils soient et quoi qu’ils fassent et vous détestez les pauvres d’où qu’ils viennent.

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    • quinctius cincinnatus

      8 janvier 2013

      ce qui est certain c’est que nous n’aimons pas les …parasites
      ” je n’aime pas les riches ” disait le ” fiscaliste ” ( raté ! )
      à l’exception de lui , de sa et de son ex-compagne car si vous lisez attentivement la nouvelle directive sur l’I.S.F. vous constaterez qu’elle les met juste au-dessous le l’imposition confiscatoire ( sans compter le fait que ses biens immobiliers ont été déclarés dans un cadre de non imposition et qu’ils sont sous évalués selon TOUS les notaires et agents immobiliers )
      vous aussi êtes un cocu !
      heureux de l’être ?

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  2. quinctius cincinnatus

    5 janvier 2013

    Sur ” le plus ” parution dite ” interactive ” du web du nouvel Ob’s un billet accuse François Hollande ( pour avoir conversé et parait il compris Depardieu ) de marquer contre son camp … il est réjouissant de voir qu’ils découvrent eux aussi le Normand … heureusement celui ci se ” rachète une bonne conduite franc-maçonne c.a.d. anti-catho ” en soutenant Peillon
    pour mémoire :
    à l’occasion de l’Aïd Hollande avait envoyé ses voeux à la Communauté des Musulmans en France , louant au passage leur esprit de …tolérance , et rien pour ..le .Noël des Chrétiens

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  3. YRA

    5 janvier 2013

    Moi, j’ aime beaucoup Depardieu mais je rejoins Jean PN: il mérite de quitter la France. Et, attendez vous à d’autres surprises de même acabit !

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  4. JEAN PN

    5 janvier 2013

    Je n’aime pas Depardieu mais je comprends très bien qu’il quitte la France. Si j’en avais les moyens je ferais pareil pour ne plus entendre parles des socialos-gaullistes-gauchistes-islamistes de la France qui me font vomir.

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    • quinctius cincinnatus

      5 janvier 2013

      il vous faut enfin vous décider à prendre un antiémétique politique depuis le temps que cet état nauséeux vous pollue l’existence !
      allons , soyez POSITIF : “la VIE est une lutte ” ***
      ce n’est pas un cahier de doléances
      laissez ça à d’autres

      *** pour couper court à l’indignation vertueuse ( quoique morale ) à fleur de neurones des gauchos du blog ce n’est pas un principe fasciste mais les paroles d’une chanson du grand Duke !

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