Le contrôle mental et physique de l’humanité, ou la vraie mission des cosmonautes et la conquête de l’espace.

Posté le août 06, 2012, 12:00
12 mins

Il est temps de le dire. Il n’y a jamais eu de conquête spatiale, ni même de volonté de conquête spatiale. Pour moi, la soi-disant conquête spatiale n’avait qu’une mission : préparer notre vie à tous dans le monde simulé et rampant du XXIème siècle. Même notre cher Jean-Loup Chrétien faisait il y a vingt ans de la pub pour sa retraite, sachant à quelles sauce vieillie et non héroïque il serait mangé. Mais si la conquête spatiale initiée par les nazis et poursuivie du fait seul de la guerre froide, cette guerre froide avec la Russie qui n’en finit pas, et qui risque de nous coûter très cher, n’a pas servi à conquérir les galaxies et à exploiter les pétroles lunaires en guerroyant avec les Aliens et les hommes verts, à quoi aura-t-elle donc servi ?

A nous conditionner.

Vous trouvez que j’exagère ? Alors oubliez les résultats piteux de la pseudo-conquête et revoyez 2001 l’odyssée de l’espace, ou bien l’Étoffe des héros, ou bien même Solaris, et comparez votre vie et celle à venir de vos enfants avec celle d’un cosmonaute. Revoyez même tous les films de science-fiction et vous verrez que tout cela n’avait que ce seul but : nous préparer à vivre comme des cosmonautes, mais sans jamais aller dans l’espace. La simulation de vol spatial et de conquête des étoiles est allée de pair avec un contrôle mental et surtout, finalement, physique sans précédent dans l’histoire de notre vieille civilisation. On va se faire discret.

Car, et réfléchissez bien, en quoi consiste la vie d’un cosmonaute ? revoyez 2001, pas la Guerre des étoiles.

  • Un cosmonaute passe sa vie devant des écrans, comme nos contemporains. Il a toujours un problème technique. Il est toujours dans un moyen de transport quelconque. Cela ne vous rappelle rien ?

  • Un cosmonaute se tient toujours dans la dépendance d’un moyen technologique. Il passe son temps à envoyer des messages codés et à se plaindre d’avoir un problème (Houston…). Il passe son temps à pousser des boutons et, s’il n’est pas très calé en réparations (et qui sait réparer un gadget Apple ?), il se tient bien tranquille.

  • Il est d’ailleurs gros consommateur d’énergie et il ne se sert plus de son corps. Il en grignote, des friandises, comme dans un conte de fées ! Combien vous dites, un milliard trois d’obèses dans le monde ? Wall-E présente d’ailleurs un monde d’obèses en lévitation permanente. Seuls les pouces travaillent sur le smart-phone.

  • Un cosmonaute est tenu de lire tout le temps des modes d’emploi et des règlements rédigés par des avocats. Revoyez la pause-pipi, un des moments marrants de 2001 l’odyssée de l’espace. Et pensez au tableau de bord de votre BMW ou à votre vie quotidienne contrôlée par les ordinateurs et les clones d’Hal 9000.

Mais surtout, le cosmonaute annonce le troupeau mondialisé de citoyens anonymes et sans saveur.

  • Le cosmonaute est sans racines. Il n’y a pas plus de terres, il n’y a plus de nations dans l’espace. Il n’y a que des vaisseaux et que des bases, des stations, stations qui n’ont rien de christique. Dans l’espace, personne ne vous entend prier ! Et pensez au temps que nous devons passez dans ces endroits aseptisés et sans personnalité (aéroports, hubs, échangeurs, supermarchés, stations-services, centres commerciaux, etc.) et à notre environnement zombifié.

  • Un cosmonaute plane, il est cool, il fait des voyages dans l’astral. Suspendu les quatre fers en l’air, il a perdu la notion du temps et de… l’espace. On avait comparé la vision ultime de 2001 à l’absorption de LSD. Le cosmonaute annonce l’individu blasé et déphasé de Lipovetsky et consorts, nourri aux benzodiazépines ou à l’herbe…

  • Il perd aussi la notion de nourriture, en suçant à petites gorgées tout un tas de cochonneries baptisées « Science Food » par la fondation Rockefeller (j’y reviendrai). On voit les enfants du monde se précipiter dessus, sur ces poisons chimiques et ces venins en plastique. Pensez aussi à la corvée du repas dans 2001 et à la méditation de Bruce Dern dans le très beau Silent running (Nietzsche pronostiquait un retour à l’enfance, il a été servi).

  • En parlant de ce film, je dois rajouter qu’il est écologiste et que l’écologie est apparue avec la conquête spatiale, comme forme silencieuse et sophistiquée de la dictature ultime humanitaire. Il faut défendre la « planète bleue » en contrôlant les populations et leur consommation. Qui devra-t-on sacrifier ? Un ou deux membres de l’équipage ! Voyez Hergé : il avait prévu le problème !

  • Le cosmonaute est évidemment unisexe. Habillé en uniforme, éternel enfant en état d’apesanteur, il perdu toute virilité, toute féminité, ne rêvant comme dans Alien ou Species que de s’accoupler avec des incubes ou des succubes (les ET sont les simples démons de la tradition chrétienne). Sa vie sexuelle est virtuelle et satanique, ne dépendant que des fantasmes. Et cette révolution sexuelle est en cours : voyez les émissions de MTV et du câble la nuit, vous comprendrez où l’avant-garde culturelle actuelle veut nous mener. Les sorcières de Shakespeare et mon vieux Dracula n’ont qu’à bien se tenir !

  • Condamné à une fausse vie, une existence minimale et formelle (le mètre carré est bien trop cher, comme à Paris, Rio ou Manhattan !), le cosmonaute compétent doit passer sa vie à se former, se recycler, et s’entraîner (sauf dans Wall-E où ce sont les robots qui ont le beau rôle, comme dans Terminator et finalement dans 2001 : à la fin de l’Histoire, l’ordinateur est le seul à faire quelque chose !).

  • Le cosmonaute est aussi condamné à s’ennuyer, faire des jeux vidéo, à contrôler son mental et son diabète sous le regard sévère du complexe militaro-médical et psychiatrique qui a pris le contrôle de nos identités bien menacés. Dans sa vie si vidée d’essence, on le remplit de faux souvenirs comme dans une mauvaise nouvelle de Philip K. Dick (voyez Total recall, le meilleur Schwarzenegger). Vis-je, ou rêvé-je ma vie si vide ?

  • La cybernétique a pris le contrôle de nos sociétés avec la guerre, la recherche nazie, soviétique, américaine. Lisez Chris Gray (le Cyborg Handbook) ou le chercheur soviétique, moins connu bien sûr, Slava Gerovitch (New soviet man) qui explique comment le programme d’entraînement des cosmonautes était sous le contrôle des centres de recherche cybernétique.

Ma conclusion.

J’en ferais une nouvelle dans mes conspiracy stories! Mais voyons. Pas très capable de nous envoyer dans l’espace, pas très capable de nous promettre la transhumance, la farce médiatique de la conquête spatiale et des cosmonautes a permis la transformation des humains en transhumains. Mais question quand même : jusqu’à quand pourra-t-on payer la retraite des Jean-Loup Chrétien et autres transhumains ? A une époque où ce sont les crétins qui rêvent, pas les poètes, il faut rester, c’est le cas de le dire, un peu basique.

6 réponses à l'article : Le contrôle mental et physique de l’humanité, ou la vraie mission des cosmonautes et la conquête de l’espace.

  1. Yitro

    13/10/2012

    OUi, la convergence d’une culture et de l’obsession de la conformité.
    Triste constat mais juste.

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  2. Yannis54

    08/08/2012

    Celà dit, je suis bien d’accord avec l’auteur en ce qui concerne la mentalité, l’état d’esprit des cosmonautes… J’ai relu l’article.
    Mais celle des nolifes accrocs à Internet est-elle différente , après tout ?
    N’est-ce pas tout la société moderne et la mentalité qui y règne qui est pourrie ?

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  3. Yannis54

    08/08/2012

    Article parano et faux, d’après moi.

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  4. IOSA

    08/08/2012

    Bel article, mais qui oublie que c’est le rêve qui conditionne nos actions.

    Donc la note sera sévère et bien en deça de la moyenne….car il a oublié l’inoubliable Isaac Asimov, ce qui est totalement impardonnable lorsque l’on fait référence aux auteurs de SF.

    IOSA

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  5. Comte Ermadec

    08/08/2012

    Comme quoi on ne se méfie jamais assez des radiations…

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  6. JeanKlum

    07/08/2012

    Point du vue tres interressant, cependant, je pense qu’il y a bien une conquete spatiale, pour des raisons economiques.

    Cet article ne montre qu’un aspect du profit des puissants.

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