Polluez plus pour gagner plus ?

Posté le octobre 23, 2007, 12:00
8 mins

Les résultats du Grenelle de l’Environnement sont fort décevants. Peut-être parce que l’on n’a pas pu (ou voulu ?) aborder les vrais problèmes. En effet, le pire vient, non de l’énergie nucléaire ou de l’automobile…, mais de l’agriculture ! Or là, la responsabilité de la haute hiérarchie des fonctionnaires du ministère est écrasante. Car, contrairement aux syndicats paysans ou à certains industriels (de la chimie), ils ont le pouvoir d’imposer et d’interdire et ils ne s’en privent pas.

En effet, la gestion de l’agriculture est extraordinairement autoritaire, même si parfois, il semble y avoir une concertation, car alors, ils imposent leur point de vue, au nom de la compétence, voire de la science, se déclarant les « sachants », soucieux du seul intérêt général et tout particulièrement de celui des agriculteurs. Voire !

Se trouve ainsi affirmée l’excellence du productivisme. Certes, il a été efficace et certains résultats paraissent avoir été remarquables mais à un prix exorbitant, déjà dans l’immédiat et, plus encore, pour les générations futures : « nos enfants » et aussi petits-enfants ! Car l’épuisement des sols, la pollution des nappes phréatiques et bien d’autres choses risquent d’avoir de graves conséquences pour des décennies et même des siècles. Il y a lieu d’arrêter un processus mortifère qu’il s’agisse du remembrement, de la surconsommation de pesticides ou d’engrais, de l’aménagement du territoire, des inepties cruelles de l’élevage intensif.

Il n’est pas jusqu’à la mentalité des agriculteurs et à leur sociologie qui ont été transformées pour le pire comme l’a remarqué Jocelyne Porcher. À l’incitation explicite « produisez, produisez plus », s’est ajoutée une autre, implicite, « polluez, polluez, ça n’a aucune importance, ce ne sont que des “détails” mineurs ». Pour ne citer que deux exemples, l’abus de pesticides (on en consomme probablement dix fois trop) a amené la raréfaction des vers de terre qui jouent un rôle essentiel dans le maintien de la fertilité des sols arables, vouant ceux-ci à la stérilisation, il eut fallu au contraire les protéger ! De même, alors qu’en France les terres ne manquent pas, rien ne justifie, bien au contraire, l’ouverture de porcheries industrielles.

Ce qui pose un problème éthique indéniable et de plus en plus prégnant dans la sensibilité de tous. Faut-il malmener, voire torturer des animaux ? D’autre part, elles ravagent tous les cours d’eaux, et même les bords de mer et sont source d’innombrables nuisances ! Toute nouvelle ouverture de telles porcheries devrait être interdite, or on en est loin. De plus, ces pratiques détruisent le contact de l’éleveur avec ses bêtes, contact indispensable et qui fut à la base de la naissance de l’élevage il y a une dizaine de milliers d’années. Il y a donc lieu de procéder à une « révision déchirante » des méthodes utilisées et les agriculteurs n’y perdraient ni matériellement ni moralement.

Beaucoup d’entre eux se plaignent d’être traités de pollueurs, mais ce ne sont pas eux les pollueurs, mais les hiérarques du ministère qui, par le système pervers des subventions, les contraignent à utiliser de mauvaises méthodes.

Évidemment, il serait abusif de réduire l’origine des nuisances à la seule agriculture, par exemple, l’empoisonnement des rivières (et pas du seul Rhône) par les pyralènes. Mais il faut bien comprendre que toutes ces calamités ne se ramènent ni à la seule Martinique, ni au seul Rhône.

Malheureusement, les légitimes préoccupations environnementales ont été complètement occultées et discréditées par les idéologues anti-nucléaires. Discuter avec ceux-ci amène à comprendre que leur contestation ne se fonde pas sur des arguments logiques, mais sur une position presque religieuse liée à un rejet de toute modernité et peut être associée à l’existence de bombes atomiques (ils tolèrent très bien les autres bombes). Autant tenter de persuader un mufti fondamentaliste de se nourrir uniquement de porc ! L’idéologie anti-nucléaire a amené beaucoup de bons esprits au rejet de toute préoccupation écologique.

De même, la contestation violente, voire illégale, des OGM, curieusement acceptée partiellement par le « Grenelle » ne concerne, même si les OGM posent quelques problèmes mineurs, qu’une chose insignifiante et secondaire par rapport aux autres périls de l’agriculture productiviste, bien plus préoccupants.

Mais, a-t-on jamais entendu José Bové attaquer sérieusement pesticides, élevages industriels et autres nuisances graves.

8 réponses à l'article : Polluez plus pour gagner plus ?

  1. sas

    25/10/2007

    a pok……losqu’un prof inventera quelque chose d’original……les con voleront et toi tu aura une chance d’être chef d’escadrille……effectivement c’est un bon mot de jean marie lepen , vieux d’au moins 20 ans à l’époque des pressions ecolos allemand(75/80) dans le domaine nucléaire…..mais depuis pillé inutilement comme toute les bonne idée de jean marie y compris le point de détail…

    un t’iot peu jeune un gamin….ne pense pas que la terre commence a tourner seulement depuis que tonton nous a réecrit une grande partie de l histoire aidé en cela par giscard et chirac qui lui est retourné aux chiotte de l’histoire….15 jours après son éviction…on n’en parle déjà plus…..c’est donc en plus de la mauvaise faience….

    SAS

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  2. pok

    25/10/2007

    il faut corriger  évidement ,une fois de plus, jc  thialet  pour qui l’expression:"pasteque rouge a l’intérieur et verte a l’extérieur" serais , croit-il , de jm le pen ;C’EST FAUX!   elle est de guy milliere.  BYE

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  3. BELIGUE

    25/10/2007

    D’accord avec Druant,

    Mais on doit reconnaitre que nous n’avons rien compris. Les hauts fonx et les verts sont en train de nous préparez le paradis en France. En effet plus d’engrais, plus de pesticides entrainera la disparition des agriculteurs qui seront les premiers a être manger par les ours les loups et autres animaux sauvages vraiment bio.Avec les agriculteurs disparaitront aussi les mouches, les mauvaises odeurs, le bruit,le chant du coq qui réveille de bon matin le rmiste, nos déchets seront enfouis comme le faisait l’homme préhistorique. A coup de normes les industries ont disparus, plus de travail, donc plusd’ ouvriers et de patrons, donc plus de conflit, plus de grève plus d’exploitation de l’homme par l’homme, Nous ne ferons plus rien,rien que boire de l’eau pure et l’amour  mais avec un préservatif chinois à la norme NF…

    I have a dream

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  4. konébien

    24/10/2007

    comment peut on être à la fois contre les insecticides , les engrais et aussi les OGM qui représentent une vrai direction de recherche et une alternative à notre agriculture de masse. Comment ne pas voir que l’agriculture bio ,ne pourra jamais nourrir la planète avec sa population qui continue de grandir remet Malthus au centre du débat Borloo est un formidable ventilateur .Il a botté en touche avec les paysans,il va profiter de ce débat pour rescuciter la vignette… si le débat est vraiment écologique ;osera t il faire payer le vieux tacots des pauvres qui polluent beaucoup plus que le s4x4 ou les grossse berlines pour l’immobilier ou va t il trouver l’argent ?A t il poublié ses maisons à 100000 euros ?, il parait que les banques montrent beaucoup d’intérêt à renover leurs bâtiments au frais des contribuables ..;on peut les comprendre enfin on nous refait le coup de la pollution qui s’arrête à nos frontières.. s’il n’ y a pas une politique commune ;tout cela c’est du pipeau et si nous chargeons nos entreprises et bien une fois de+cela fera des produits +chers ..vous en comprenez la signification…

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  5. SAS

    24/10/2007

    Que néni mon jean claude…….naguy bocsa est à l’oeuvre dans ce domaine aussi….."ils" ont commencé à lutter contre le réchuaffement de la planête en éteignat les lumières de la tour Eiffel et de l’elysé…….pendant 5 minutes

    mais non ,ils ne prennent pas les goyims pour des consssss, mais non

    sas qui se marre.

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  6. Jean-Claude THIALET

    24/10/2007

    24/10/07    – "Les 4-Vérités" –

    Même si les "résultats" du "GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT" ne sont pas encore officialisés, Pierre BARRUCAND a raison de les qualifier de "décevants". Mais qui doit s’en plaindre ? Sûrement pas les "sarköcus" qui ont permis à Nicolas SARKÖZY  de succéder à l’inexistant autant que nuisible CHIRAC ! Et pas davantage ceux qui, depuis des lustres, ont pris des "rouges" pour des "verts" (1) et les "vessies" prétendues "écolos" pour des lanternes.

    Tous les "citoyens français" dignes de ce nom devraient le savoir.  Après avoir été une fois de plus tympannisés par de belles déclarations du genre "VOUS ALLEZ VOIR CE QUE VOUS ALLEZ VOIR", il est à craindre (mot euphémique !) que la "MONTAGNE" de toutes les "contributions" récoltées depuis qu’à été annoncé ce "GRENELLE" n’accouche que d’une "SOURIS" verte… de bonnes intentions et de voeux pieux. Celles et ceux, par exemple, qui prétendent placer la FRANCE en tête de la lutte contre le "RECHAUFFEMENT DE LA PLANETE" dont tous ceux qui savent s’informer et réfléchir devraient savoir qu’il s’inscrit bien davantage dans un cycle climatique (2) que comme la résultante de touytes les activités humaines si polluantes soient-elles …

    Les vraies mesures, celles sur lesquelles un Gouvernement pleinement responsable peut véritablement quelque chose, devraient s’attaquer à la pollution de nos sols, de nos rivières, de nos lacs, de nos sources et de nos nappes phréatiques, de notre air, de nos aliments et de notre santé. par une agriculture devenue industrielle, et par les différentes industries (notamment alimentaires).  Elle devraient donc commencer par l’interdiction absolue des engrais chimiques, des pesticides, des additifs qui empoisonnent notre alimentation, celle des rejets chimiques de l’industrie dans l’atmosphère, les sols et les eaux, de l’enfouissement de leurs poisons, etc. Elle devraient orienter résolument notre agriculture et notre élevage vers le "BIO", seule chance de survie pour nos paysans confrontés à l’invasion de produits industriels, et non vers l’agricuture soi-disant "raisonnée" qui, elle aussi, utilise des engrais chimiques et des pesticides(3). Elles devraient interdire une fois pour toutes les "OGM" dont au moins les agriculteurs argentins connaissent les désastres écologique irréversibles qu’ils provoquent . Imposer l’utilisation de conditionnements bio-dégradables, etc.

    Certes, toutes ces mesures (dont la liste est loin d’être exhaustive) ne pourraient (4) être imposées du jour au lendemain, certes, elle demanderaient (4) à la fois une volonté politique sans faille et des aides gouvernementales (5) mais aussi l’UNANIMITE de toutes les classes politiques, sociales, professionnelles, etc. Bref, une véritable REVOLUTION. Peut-on rêver un instant et imaginer que les "CAHIERS DE DOLEANCES écologiques" (les VRAIES, et non les politiciennes ou les circonstancielles !) à cette véritable "REVOLUTION VERTE" qui pourrait sans doute sauver notre pays, en même temps d’ailleurs que faire du bien à la Planète. Âprès tout, la REVOLUTION FRANCAISE ne s’est-t-elle pas "exportée" ? Ce qui ne veut pas dire que je sois devenu un inconditionnelle de la REVOLUTION dite … française, loin de là. Mais il est des images qui parlent plus que d’autres…

       Cordialement, Jean-Claude THIALET

    (1) "Comme la pastèque qui est verte à l’extérieur, rouge à l’intérieur !" (le mot est, je crois, de Jean-Marie LE PEN°

    (2) comme l’ont montré et démontré des climatologues et des savants autrement dignes de ce nom que ceux qui ont enfourché ce nouveau cheval de bataille de la "mondialisation"

    (3) tout comme les produits des pays du Tiers-Monde labellisés Max-Havelare et qui sont une autre fumisterie de la "mondialisation" !

    (4) je suis au regret de devoir mettre ces mots au conditionnel …

    (5) des "aides gouvernementales" qui ne s’inscriraient certainement pas dans le sens voulu par "BUXELLES" !

     

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  7. Jocelyne

    24/10/2007

    Tout à fait d’accord avec ce qui vient d’être dit… On perd beaucoup de temps à cause des écologistes et des hauts fonctionnaires qui mettent des obstacles aux agriculteurs purement idéologiques…
    Les OGM seraient la solution à beaucoup de problèmes d’environnement…

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  8. DRUANT Philippe

    24/10/2007

    Vous critiquez avec raison le productivisme agricole  et ses conséquences,la stérilisation des sols,la pollution par les pesticides,le massacre d’animaux pour satisfaire nos besoins,alimentaires,… mais le productivisme est justifié par la nécéssité de nourrir une masse beaucoup trop importante de

    gens sur un territoire donné; c’est donc bien la surpopulation dont souffre (cas de la belgique/pays-bas ayant des densités moyennes de population de plus de 300 hab/km2) l’europe par exemple qui conduit au productivisme effrené et aux désastres que ce productivisme engendrera tôt ou tard .

    Il suffit de se référer aux rapports de l’OPT(optimum population trust) qui recommande une progéniture maximale de 2 enfants par famille pour voir à quel point nos gouvernants sont aveugles et incompétents.(volontairement?);

    l ‘OPT conseille le gouvernement britannique en matière démographique. 

    Esquiver le problème majeur de la nécéssaire limitation de la population huamine ,c’est s’exposer sous peu à de graves catastrophes .

    L’homme doit s’adapter aux possibilités de la biosphère et non l’inverse.

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