Sexualité : liberté et égalité

Posté le juin 19, 2004, 12:00
6 mins

La biologie est ainsi faite : la reproduction sexuée des espèces ne peut se faire que si le mâle féconde la femelle. Tous les sens du mâle, l’odorat, la vue ou l’ouïe, peuvent être mis en éveil par la femelle. Chez les éphémères, l’odeur émise par une femelle attire à plusieurs kilomètres à la ronde les mâles du voisinage. Le ver luisant envoie de la lumière pour signaler sa présence. Quant au chant du rossignol ou de la tourterelle faisant leur cour, nous en profitons tous. Une observation même superficielle montre l’infinie diversité des comportements sexuels. C’est normal : sans rapport sexuel, pas de fécondation. Sans fécondation, pas d’enfant. Sans enfant, plus d’espèce. La vie tomberait en panne.
L’animal qui a soif boit, l’animal qui a faim mange et il donne l’impression d’être satisfait quand il a bu ou mangé. Il semble plus heureux de vivre quand il n’a plus ni soif ni faim. L’animal qui est soumis à la pulsion sexuelle ne peut pratiquement pas s’y opposer et après l’acte sexuel, il semble plus heureux de vivre qu’avant.
Avec le développement du cerveau chez les mammifères apparaît un phénomène nouveau. L’acte sexuel lui-même procure un agrément. Et pour retrouver ce plaisir, le petit chien prend pour une femelle un ballon ou le mollet d’un homme. Le singe se masturbe ou a des rapports homosexuels. La recherche d’un plaisir personnel s’associe à la finalité reproductive.
Il existe aussi dans l’espèce humaine une forte pulsion sexuelle, et l’acte sexuel y procure un plaisir évident. Nos télévisions nous montrent à longueur de journée, surtout de nuit, des actes hétérosexuels humains. Le plaisir recherché pour lui-même est aujourd’hui très médiatisé.
Tant qu’il n’y a pas eu de dissociation possible entre l’acte sexuel et la fécondité, tout acte sexuel était nécessairement porteur d’un futur éventuel très important. Un enfant pouvait naître. Comme il faut de nombreuses années pour le transformer en un adulte autonome, l’acte sexuel engageait le couple pour une longue période. La famille s’est ainsi constituée.
Avec les Romains et leur Droit, le mariage est apparu, avec la nécessaire fidélité de la femme pour éviter l’enfant adultérin, source de conflits. Une partie de cette réglementation a été reprise par l’Église au Moyen-âge et le mariage est devenu une des plus solides institutions de l’Europe chrétienne. La pilule dissociant totalement sexualité et fécondité a créé une situation nouvelle.
Le cerveau humain est très complexe et la pulsion sexuelle très forte. Comme chez les singes, une satisfaction de la sexualité autre que l’acte hétérosexuel est apparue chez l’homme.
La masturbation et le fétichisme sont des satisfactions solitaires de la pulsion sexuelle. La zoophilie est la satisfaction avec des animaux. Comme ces trois comportements sexuels ne font pas intervenir de partenaires humains, ils ne posent pas de problèmes particuliers au législateur, même s’ils sont condamnés par les religions, la religion chrétienne tout particulièrement.
La nécrophilie, poussant un homme à avoir un rapport avec un cadavre est illégale. Elle semble très rare.
La pédophilie, poussant un adulte à avoir un rapport avec un enfant mineur, est bien plus fréquente. Après 1968, et au nom de la Liberté, tout un courant, animé par Daniel Cohn Bendit, a milité en faveur de la pédophilie. Cohn Bendit a même écrit un livre vantant l’avancée qu’elle représentait, livre présenté en 1970 chez Bernard Pivot, livre ayant alors rencontré un accueil médiatique favorable… Mais le législateur n’a pas suivi. La pédophilie est finalement restée condamnable et les procès de pédophiles encombrent aujourd’hui nos médias.
L’homosexualité enfin, pousse deux adultes du même sexe à avoir des rapports entre eux. Bien que leurs couples soient par définition stériles, les homosexuels veulent au nom de l’Égalité avoir les mêmes statuts que les hétérosexuels. Ils réclament maintenant le droit au mariage ou le droit à l’adoption d’enfants. Leurs revendications encombrent aussi nos médias.
Les pédophiles étaient intervenus en 1970 au nom de la Liberté. Ils ont perdu. Les homosexuels interviennent aujourd’hui au nom de l’Égalité. Gagneront-ils ?

12 réponses à l'article : Sexualité : liberté et égalité

  1. Sébastien

    23/06/2004

    A vrai dire ce qui me dérange le plus, ce n’est pas tant le mariage homosexuel, même s’il n’a pas trop ma faveur, c’est plus le fait, comme l’un d’entre vous le soulignait,d’instrumentaliser celui-ci pour une fois de plus aller contre l’ordre établi, contre la société telle que nous la connaissons actuellement. Certes il n’est pas question de rester avec le même mode de fonctionnement pendant des décennies, nous serions un peu réactionnaires, mais parfois j’ai le sentiment que l’on veut simplement forcer les choses pour bousculer l’opinion, sur des sujets somme toute dérisoires au regard des difficultés que connait – et connaîtra d’ici peu – notre nation . Quant à l’article de Mr Trémeau, force est de reconnaitre que j’ai vu mieux, désolé !

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  2. JD

    23/06/2004

    Je vous trouve tous bien dur pour la première partie oubliée de ce topo classique de Bernard Tremeau. N’oubliez pas que c’est la connaissance approfondie des mécanismes physiologiques de la reproduction relatés ici qui a permis aux chercheurs la création des médicaments qui « sauvent la situation ». Vous n’y avez vu que la seconde partie concernant nos comportements humains avec le mariage comme institution fondamentale et leurs déviations en moeurs contre nature. C’est un peu injuste pour l’auteur qui termine, de façon politically correct, par un point d’interrogation : la liberté et l’égalité sont-ce de bons arguments comme moyens de faire modifier la Loi en faveur de ces nouvelles moeurs ?

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  3. Christophoros.

    22/06/2004

    Merci, Monsieur X vous me rajeunissez, quelle chance j’ai un mauvais point ! Par les temps que nous vivons j’ai besoin de clichés et de bons sentiments, par exemple l’image de Nancy Reagan, si fragile, embrassant le cercueil de président américain… Sob… Qui a un titre d’un bon film avec Ronald Reagan, disponible en CD en France ? Moi j’aime bien l’Amérique hollywoodienne avec pleins de clichés et de bons sentiments justement. Cordialement. PS : « You know, why ? I’m happy ! »

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  4. Jean-Michel

    22/06/2004

    Copié/collé du haut de la page de commentaire: 5 commentaires sur cette article. « Cette »!!

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  5. Franky Spinoza

    22/06/2004

    Au delà des amalgames insidieux et plus ou moins douteux sur tout ce qui transgresse la sexualité dite « normale », l’argumentation de monsieur Tremeau ne tient que sur la réduction d’une institution avant tout civile à la seule fonction reproductive. Avec une telle logique, monsieur Tremeau, il vous faudra retirer d’office le contrat de mariage à tous les couples mariés n’ayant eu de descendance, qu’ils en soient empêchés ou non. Pour m’éviter par avance tout sarcasme, je vous informe que je suis hétérosexuel, marié et père de famille. Je ne suis pas non plus convaincu par les arguments avancés par les défenseurs du mariage homosexuel. Je tiens juste à dire que les arguments de monsieur Tremeau, loin d’enrichir un débat largement instrumentalisé par les deux bords politiques à des fins opposées, en disent bien plus long sur sa personne que sur ce qu’il entend combattre. En ce sens, son argumentation s’apparente tout à fait à de la censure. Franky Spinoza

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  6. olaxc

    22/06/2004

    L’homosexualité,ok c’est leur droit,mais de grace arrétez d’encourager et de faire de la publicité pour une affaire qui est contre nature. Les occidenteaux sont en pleine décadence,mais ne vous en faite pas les musulmants vont régler le problème. Salut

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  7. X

    21/06/2004

    Un mauvais point à Christophoros : d’accord pour parler de la « tradition juive » du mariage, mais alors rappelons tout de même qu’elle faisait place à la polygamie du temps des patriarches (ce qui prouve qu’ils étaient courageux…). Un autre à M. Muffat – manifestement homosexuel -, c’est son droit mais qu’il n’en profite pour sombrer en plus dans la confusion mentale : comme par exemple celle qui consiste à confondre les notions de racisme et d’exclusion ou celles de pédophilie et de criminalité. On trouvera, en effet, sans peine des homophiles/homosexuels racistes (qui, jusqu’à plus ample informé, ne s’excluent pas eux-mêmes que je sache) et des pédophiles qui ne sont pas fatalement des « bourreaux » d’enfants (et même des non-pédophiles qui eux le sont, je pense à Marc Dutroux)… passez-nous vos clichés et vos bons sentiments !

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  8. M de Mun

    21/06/2004

    Il est en effet curieux d’observer que la « chasse au pédophile » à la mode actuellement (alors que naguère les nus de trés jeunes filles d’Helmut Newton étaient un « must » dans les salons bourgeois et la bonne société se précipitait pour voir au cinéma « Lolita » de Nabokov… »mais c’est de l’Art, mon cher… »)va de pair avec une mise au pinnacle de l’homosexualité, de la « culture homosexuelle », du « mode de vie gay », etc…On ne soulignera jamais assez à quel point les valeurs morales acceptées dans une société à un moment X sont relatives! Pour reprendre les mots de Claude Imbert au sujet de la « mise au pilori » d’Outreau (édito du Point), il semblerait en effet que pour contrebalancer le relâchement général de moeurs, la vogue du « X », des confessions intimes/scabreuses, de l’exhibitionnisme généralisé, de l’homophilie quasi institutionnalisée, notre inconscient collectif ait érigé autour de l’enfance un sanctuaire sacré autour duquel l’on « agite à tort et à travers le glaive de la justice »,quitte à accepter sans broncher de scandaleuses erreurs judiciaires… Mais la roue tourne, les snobismes et les fantasmes changent selon les époques…l’homosexualité sera-t-elle autant encensée dans 50 ans ????

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  9. isocrate

    21/06/2004

    Monsieur Trémeau n’est pas au courant des avancées fantastiques de la science. Il devrait savoir que récemment deux souris femelles ont été en mesure de procréer, sans l’intervention d’un Monsieur souris mâle. Il n’y a pas de raison que la science s’arrête à ces bestioles; des brebis, des poules faisanes, des gueunons anthropoïdes feront de même, et aucun comité d’éthique ne viendra empêcher un quelconque Dr. Folamour (forcément) d’appliquer la recette à des « humaines ». Comme l’ingéniosité des savants est sans limite, la chose s’appliquera tôt ou tard aussi à des mâles humains. Allons même plus loin, vu les progrès vertigineux de la génomiques, il est probable que des enfants complètement « synthétiques » verront le jour, sans aucune intervention de Papa et/ou Maman, accomplissant ainsi les prophéties d’A. Huxley. Soyons de notre temps, que Diable!

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  10. Muffat JB

    20/06/2004

    …..et ramener l’homosexualité au niveau de la pédophilie est: 1) pas loin de l’homophobie, et donc d’une forme de racisme 2) une insulte sinon pire aux honomsexuels et aux victimes de pédophiles: les homosexuels ne sont pas des bourreaux ! On peut être contre les mariages d’homosexuels, mais il y a des bornes à na pas dépasser ! JB Muffat

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  11. Christophoros.

    19/06/2004

    Beurk ! Le mariage réduit à une dimension purement physiologique et biologique et dont la date de naissance ne remonte qu’au droit romain. Et la tradition juive, Monsieur Tremeau ? Et l’attirance quasi-mystique, parfois au-delà de l’aspect purement physique entre un homme et une femme pendant la période dite des fiançailles. Je vous renvoie au mythe de la « fiancée noire » du Cantique des Cantiques ( « je suis noire mais jolie » ) Pour conclure, Rebeurk, je vais prendre un peu d’air… Cordialement.

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