Trump : OPA sur le parti républicain

Posté le 23 mai , 2016, 10:09
5 mins

Ayant gagné haut la main la primaire de l’Indiana le 4 mai dernier, Donald Trump est passé du stade de candidat de tête dans les primaires à celui de candidat présumé du Parti Républicain pour l’élection présidentielle du 8 novembre prochain.

Cruz et Kasich évincés, les dernières primaires devraient con­firmer ce statut de Trump et lui assurer les 1 237 délégués re­quis pour la nomination à la convention, le 17 juillet.

Cela fait aussi de lui le chef du GOP, dont il entend bien faire son propre parti, en politique intérieure et extérieure, en rupture totale avec des positions que le peuple a rejetées.

En quelques mois, il a redonné vie à un parti divisé, malade, dont les cadres déconnectés de la base avaient trahi les principes fondateurs. En même temps, il lui a trouvé une coalition électorale dont les républicains et les conservateurs rêvaient, chacun de son côté, sans savoir ni comment, ni où la trouver.

C’est une véritable OPA sur le Grand Vieux Parti (GOP) !

Les conservateurs, qui espéraient depuis Reagan devenir assez puissants pour en balayer les RINOs (Republican in name only), doivent constater que l’OPA vient d’être faite, à leur place, par un candidat qui ne leur plaît pas et que personne ne va pouvoir contrôler.

Pendant ce temps-là, Hillary Clinton ne parvient pas à se dépêtrer de cette tique accrochée à son tailleur-pantalon qu’est Bernie Sanders.

Bien que le système hyper-corrompu des super-délégués l’ait déjà désignée pour représenter les démocrates à la présidentielle (comme Barack Hussein l’avait été, contre elle, en 2008), elle doit subir les premières attaques du Donald et les dernières piques (émoussées) du vieux socialiste.

Cette superbe victoire, Trump l’a gagnée démocratiquement, a­près des mois d’une campagne comme on n’en avait jamais vu, observant scrupuleusement toutes les règles, y compris les plus absurdes, mais chamboulant toutes les habitudes et convenances.

Cette victoire, qui arrive bien plus tôt qu’on ne l’espérait, il la doit à son énergie phénoménale et à son seul talent.

Contre les conseils qui pleuvaient, il a décidé d’être « présidentiel » à sa façon, n’écoutant que son instinct qui lui disait de ne surtout pas changer son style inimitable. Les électeurs l’ont soutenu mordicus et lui ont offert cette légitimité que confèrent des millions de voix contre les légions d’opposants hargneux qu’il a dû affronter.

S’il a ainsi écarté les affres d’une convention « négociée », restent toutes les négociations de politique interne, avec les attributions de postes gouvernementaux et quelques concessions, qui iront bon train à Cle­veland. Le processus a même déjà commencé.

Si les plus teigneux persistent dans leurs chimères (un troisième parti « vraiment conservateur », un vote pour Hillary…), les autres reprennent leurs sens et soutiennent le vainqueur de bonne grâce.
De nombreux critiques haineux d’hier veulent à présent faire ami-ami avec Trump, voire lui proposer leurs services…

Presque tous finiront par se rallier à son panache blanc, mais ils doivent se faire désirer un certain temps, sinon ils perdraient la face.

Il y a ceux qui acceptent, non sans réticence, de soutenir le nouveau chef et ceux qui refusent parce que cela serait en dessous de leurs critères moraux et idéologiques élevés…

C’est le cas de Paul Ryan, Speaker de la chambre des représentants et donc futur président de la convention – Ryan nommé à ce poste par une centaine de ses pairs, mais que les millions d’électeurs du Donald ont répudié en même temps que l’establishment.

C’est que Ryan, Rubio et Ben Sasse se posent déjà en « recours » pour 2020…

Évelyne Joslain
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10 Commentaires sur : Trump : OPA sur le parti républicain

  1. 1 juin 2016

    Un ignare qui n’a aucune sensibilité humaine mais qui ne possède que la force du verbe pour enrôler les faibles !

    On dirait MÉDUSE qui par sa beauté attire les alouettes mais dont la chevelure n’est faite que de serpents !

    C’est cela TRUMP…

    Mais la mythologie Grecque nous averti que beaucoup succomberont. Reste à savoir si ça sera plus ou moins 50%

    Je ne fais pas de pronostique car je ne crois plus à la lucidité de notre race déshumanisée…

    TAN PIS !!!

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  2. Drakkar

    26 mai 2016

    Si Dieu voulait qu’il nous arrive le même bonheur pour remettre la droite sur les rails, la France éternelle lui en saurait gré …

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  3. BRENUS

    25 mai 2016

    QC. Que la plastique d’une femme vous laisse de marbre, c’est votre affaire. Mais quand je compare la silhouette de la femme de Trump, je la préfère de loin à la tronche de crapaud de Marysol, par exemple , fringuée comme une cloche en plus.
    Si toutefois, vous préférez cela je vous répondrais que tous les gouts sont dans la nature. De plus, se trilmballer une belle femme n’enlève rien aux qualités d’un homme.

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  4. BRENUS

    24 mai 2016

    Beaucoup, en France, raillaient sa coiffure quelque peu déroutante il est vrai. Mais en comparaison de l’homme au casque de scooter qui pilote le pays, il n’a pas à rougir. De plus, sa femme (la 3° je crois) est un vrai canon. Avec elle, il n’aura pas honte de sortir.

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    • quinctius cincinnatus

      24 mai 2016

      je ne vois pas en quelle qualité une femme relookée aux … ” canons ” d’ un casting de série et bien même qu’ habillée par Dior et Chanel peut déterminer un choix politique judicieux .. espérons seulement pour les Américains et pour nous mêmes que ce sera un nouveau Reagan en moins pire toutefois

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  5. Jacky Social

    24 mai 2016

    Le GOP = le “bon vieux parti” en francais et non “le grand vieux parti”, ce qui conviendrait mieux a Giscard, l’adjectif “bon” etant tres exagere.

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  6. quinctius cincinnatus

    23 mai 2016

    la question primordiale reste cependant bien celle ci :

    Donald Trump est il un véritable homme d’ Etat ? …

    à moins que la super-puissance n’ ait pas ( plus ) besoin d’ un homme d’ Etat …

    quant à dire qu’ il est le digne champion des” Tea-Party ” cela me parait électoralement bien risqué

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  7. Nicolas

    23 mai 2016

    Erratum ” son America First”.

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  8. Nicolas

    23 mai 2016

    Ça fait du bien de vous lire. Sa seule opposition, Wall Street et les neo-cons pro-3eme guerre mondiale, fervents supporters de Clinton. Ce dont d’ailleurs les mêmes . Moi, son “Americz forts” me plaît beaucoup. Que de regrets, que de sang qui a coulé à flots .., où est notre Trump à nous ? Le guy qui ne travaillera pas contre nous au service de puissances et d’intérêts étrangers ?

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  9. 23 mai 2016

    Trump, dans mon livre, pourrait être décrit comme un “hersantiste”, c’est-à-dire la droite de la droite, la compétence. Cà déplaît à beaucoup de monde et ces oppositions ne disent rien de bon sur la nature humaine!

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