Un héros honoré à Béziers

Posté le avril 15, 2015, 11:06
6 mins

Le 14 mars dernier, s’est déroulé à Béziers un double événement, qui a provoqué chez certains des réactions excessives et agressives, les entraînant dans un déferlement irréfléchi de critiques, voire d’accusations et d’injures incontrôlées et regrettables.

Nous avons, en fait, assisté à deux événements en une seule et même manifestation. Le premier, c’est la décision du maire, Robert Ménard, de débaptiser la rue du 19 mars 1962. Le se­cond, c’est l’organisation d’une cérémonie pour la rebaptiser du nom d’un patriote et homme d’honneur.

S’agissant du premier événement, il faut se remémorer comment le 19 mars 1962 a été décrété journée de commémoration. En effet, un projet de loi présenté par le gouvernement de Lionel Jospin avait été adopté en janvier 2002 par l’Assem­blée nationale, mais n’avait pas pu être présenté au Sénat. Dix années ont alors passé sans que ce sujet soit repris, chacun pensant qu’il était définitivement enterré. C’était mal connaître l’obstination et l’influence d’une association d’anciens combattants qui, contre l’avis des autres associations représentant pourtant plus de deux millions de personnes, a réussi à faire déterrer le dossier dès l’élection du nouveau président en mai 2012, profitant du fait que le sénat avait changé de majorité à l’automne précédent.
C’est ainsi que le sénat a adopté le 8 novembre 2012, en soirée, la proposition de loi relative à la commémoration du 19 mars 1962 par 181 voix contre 155. Au-delà du résultat lui-même, c’est le procédé employé dans les discussions menées au sénat qui est détestable et qui a renforcé la colère des opposants à cette commémoration. Colère qui se traduit aujourd’hui par le refus – osons le dire, légitime – du maire de Béziers et de nombreux citoyens blessés d’accepter qu’une rue porte un tel nom.

On ne peut que désapprouver la remise en cause des accords passés faisant du 11 novembre la seule date de commémoration pour tous les morts pour la France.
L’adoption du 19 mars 1962 comme date mémorielle officielle, ainsi que toutes les initiatives honteuses qui en résultent, ont été et continuent d’être un facteur de division des Français, et constituent, de surcroît, une agression contre la nation.

Cela justifie que les patriotes s’y opposent autrement que par des mots. C’est ce qui s’est passé à Béziers.
Cela dit, on peut s’interroger sur l’attitude, pour le moins ambiguë, de nos gouvernants dans cette affaire – surtout lorsqu’on sait que tous les présidents de la Ve République précédents, qui ont eu à s’exprimer sur ce dossier, ont refusé que cette date soit célébrée.

Le second événement constitue un autre refus manifesté contre l’ignorance, voire la négation du véritable drame que notre armée a connu en 1961, dans une période trouble, déchirée entre l’obéissance au pouvoir politique qui caractérise toute force armée en démocratie et l’honneur qui a pu pousser certains à agir contre la loi par fidélité à la parole donnée.
Le commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, qui a illustré à la perfection la grandeur et la servitude du métier des armes, représente tout ce que l’esprit humain, et en particulier celui de l’officier, peut rencontrer d’interrogations, de contraintes et de contradictions, lorsqu’il est confronté à des situations douloureuses.
Rappelons les mots du général de Pouilly qui, devant le tribunal qui jugeait Denoix de Saint-Marc, déclara courageusement : « Choisissant la discipline, j’ai également choisi de partager avec la nation française la honte d’un abandon… Et pour ceux qui, n’ayant pas pu supporter cette honte, se sont révoltés contre elle, l’Histoire dira sans doute que leur crime est moins grand que le nôtre. »

Denoix de Saint-Marc, résistant très jeune, soldat exemplaire, sera révélé par ses livres et ses conférences pour ce qu’il était : un grand humaniste et un héros prêt à entrer en résistance et à mourir pour les valeurs qui le guidaient.

Mais, au fait, quel jugement ses détracteurs portent-ils sur un autre soldat qui, comme lui, est entré en résistance et a désobéi en 1940 en lançant son appel du 18 juin ?
À Béziers, c’était un héros français qui était honoré, n’en déplaise à ceux qui veulent réécrire notre histoire en gommant certaines pages qui ne leur conviennent pas !

Antoine Martinez

6 réponses à l'article : Un héros honoré à Béziers

  1. vernier

    16/04/2015

    Robert Ménard a eu le courage –enfin–de dénoncer les accords d’Evian– il est un exemple à suivre devant le déni ou l’indifférence voire l’oubli ou l’ignorance des français– honneur à lui

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  2. Claude Germain V

    16/04/2015

    Il ne faut pas oublier qu’a l’époque les gens dit du FLN + LES PORTEURS DE VALISES DE L’ÉPOQUE , minables petits francais collabos SO-SIA-LOPES COMMUNISTES MARXISTES , ces gens là ne faisaient pas 10000 personnes et une fois leurs forfaits accomplis se sauvaient dans les pays voisins de l’Algérie ….Le plus grave de la chose ,c’est que c’est la France des « salauds » de français qui avec ses propres deniers , enfin bref les nôtres , avait formé les dirigeant du FLN a Polytechnique ,St Syr etc…etc…. .
    Le bilan de cette guerre de merde : 150000 Harkis abandonnés et égorgés sur le sol natal , 150000 Harkis parqués honteusement dans des camps de concentrations sur la France entière et abandonnés a leur triste sort au lieu de les dispatcher dans les zones industrielles françaises ( Renault , Peugeot etc etc …..) ou cette population se serait fondue dans la masse ,car ces braves gens ne demandaient que cela ….
    Suite a la pourriture d’accords d’ Evian , plusieurs mois après , AU LIEU D’AVOIR FERME DÉFINITIVEMENT LES FRONTIÈRES A TOUT RESSORTISSANT ALGÉRIEN pour qu’il reste chez lui a faire prospérer SON PAYS TANT DÉSIRÉ , LA POURRITURE POLITIQUE FRANÇAISE DE L’ÉPOQUE OUVRE LES PORTES EN GRAND A DES MILLIERS OU MILLIONS D’ALGÉRIENS DU FLN POUR VENIR ENVAHIR LA FRANCE ET PRENDRE TOUTES LES PLACES D EMPLOIES CHEZ RENAULT , PEUGEOT ETC ETC , PLACES QUI AURAIENT DU ÊTRE RÉSERVÉ EXCLUSIVEMENT AUX PIEDS NOIRS ET AUX HARKIS ….
    La france va maintenant crever 50 ans après de la résultante des accords SECRETS D’ EVIAN , ACCORDS D ‘EVIAN SODOMISATEURS DE LA CIVILISATION ET DE LA CULTURE FRANÇAISE ….
    BRAVO MONSIEUR MENARD et que les descendants gauchos des collabos de l’époque se la ferment et rasent les murs….

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  3. lombard

    16/04/2015

    bonjour
    bravo Mr Ménard.

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  4. Marquais

    16/04/2015

    Même M. Miterand disait, en parlant de cette date du 19 mars :  » Vous pouvez choisir la date que vous voudrez pour commémorer la mémoire des victimes des événements d’Algérie….mais certainement pas le 19 mars !  »
    Ben oui …. est ce que l’on commémore l’armistice du 16 juin 40 ?

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  5. 16/04/2015

    Bigeard 3° RPIMA – Chateau Jaubert 2° RPIMA – cl. Jean Pierre 1° REP…..etc…ces soldats et beaucoup d’autres à la tête de leurs hommes ont apporté à la France la victoire militaire sur l’Algérie.
    Les pouvoirs politiques socialistes – communistes – gaullistes’ont renié cette victoire, ont apporté le déshonneur et sali la mémoire des militaires qu’ils ont envoyés se battre et mourir pour la France.
    C’est un déshonneur d’ETAT perpétré par ces hommes politiques qui se sont comportés en assassins.
    Ils ont fait fusilier ou emprisonner ces valeureux soldats pour avoir cru en leurs paroles. Depuis ils sont à l’origine du déclin de notre nation en ayant ouvert notre sol à ces musulmans qui nous font à leur tour une guerre de religion.
    Le maire de Béziers R. Ménard devrait servir d’exemple pour d’autres maires, pour son attitude courageuse .
    Modestement je lui adresse un GRAND MERCI .
    michel de maynard ancien de BIGEARD.

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  6. obachiwa

    16/04/2015

    Ok bien d’accord avec l’ensemble de l’article. M. Helie Denoix de St Marc etait un homme exceptionnel, dont tous les actes devraient etre enseignes, pour la gloire de l’homme lui meme, et du pays qu’il a servi avec un honneur sans faille.

    Aucun politique d’aujourd’hui ne lui arrive a la cheville car l’honneur a ete remplace, a minima, par la veulerie. De plus, nous sommes gouvernes par des psychopates, donc… rien a attendre.

    Bravo M. Menard.

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