Une formidable imposture

Posté le mars 24, 2020, 1:51
11 mins

Les puissances occidentales, Israël compris, ont déclaré de mille manières, et depuis des décennies, que le génocide était un crime commis par des fanatiques aussi sauvages que stupides – mais ce crime ne peut être commis que par la droite, les criminels étant des fascistes qu’il faut exterminer.

Imaginons un procès aux assises où le procureur dirait : « Moi aussi, j’ai tué et volé, mais c’est moi qui juge et, s’il en est qui contestent mon rôle, je les ferai condamner. » C’est ce qui arrive avec le communisme.

Le professeur agrégé d’histoire Bruno Riondel a fort bien analysé ce phénomène dans le livre qu’il vient de publier : « L’effroyable vérité », un ouvrage de 800 pages qui s’efforce de dire la vérité sur la mort dans d’abominables conditions de plus d’une centaine de millions de pauvres gens partout à travers le monde, en URSS, en Chine, en Europe de l’Est et dans bien d’autres pays où règne, encore aujourd’hui, le socialisme stalinien, toujours célébré par des responsables politiques français de premier plan.

Écoutons le professeur Riondel qui, actuellement, enseigne au lycée Louis-le-Grand à Paris : « Le crime réalisé par le NKVD, la police politique soviétique, le 5 mai 1940 à Katyn en Pologne, fut ordonné par le bureau politique du Parti communiste soviétique qui fit déporter les familles des officiers polonais fusillés, soit 65 000 femmes et enfants. On notera que les policiers soviétiques utilisèrent des armes et des munitions allemandes pour faire accuser les Allemands et le monde entier se laissa tromper. En 1946, lors du procès de Nuremberg, un procureur polonais chargé de défendre le dossier soviétique tenta de rétablir la vérité. Il fut assassiné. Un membre du service d’espionnage militaire soviétique qui avait demandé un complément d’enquête fut aussi assassiné. Il fallut attendre 1988 pour que l’explosive vérité fût enfin révélée. Les Soviétiques traînaient les officiers supérieurs polonais enchaînés au bord de la fosse commune pour qu’ils voient massacrer leurs hommes avant de recevoir à leur tour une balle dans la nuque. »

Le socialo-communisme, ce sont les camps de la mort. Bruno Riondel donne une idée des camps de la Kolyma, parmi d’autres (p. 326) : « Après deux tournants, nous vîmes des rangées de fil de fer barbelé, écrit Varlam Chalamov, l’un des rares rescapés. Les gens étaient amassés à l’intérieur. Ils n’étaient plus que l’ombre d’eux-mêmes. C’était des rangées de créatures qui faisaient vaguement penser à des êtres humains. Des squelettes de diverses tailles, recouverts d’une peau brune et parcheminée, nus jusqu’à la taille, et qui s’accrochaient encore aux derniers vestiges de la vie … Les détenus étaient soumis au droit de vie et de mort que les gardiens exerçaient. Le rescapé bulgare Vladimir Svintila explique qu’il vit un détenu jeté à terre et avoir la colonne vertébrale brisée par un garde dont il avait furtivement croisé le regard ! »

La froidure sibérienne, pour sa part, entraînait une grave surmortalité. Sur les 80 000 nouveaux détenus amenés à la Kolyma en 1938, un détenu sur cinq est mort d’épuisement. Ce même Chalamov décrit l’horreur que constituait, aux camps de la Kolyma, l’immense tombe commune remplie des détenus devenus des squelettes, revêtus d’une peau sale et dévorés par les poux.

Toutes les jeunes femmes étaient violées. Les enfants n’étaient pas épargnés. En 1954, le ministère de l’Intérieur soviétique estima que, sur 2 819 776 « déplacés spéciaux », il y avait 884 057 enfants ! (p. 255)

Le communisme et ses dizaines de millions de morts à travers le monde, ce n’est pas seulement l’URSS, c’est aussi la Chine de Mao, le Cambodge de Pol Pot, le Cuba de Castro et l’Europe de l’Est contrôlée par les Soviétiques après 1945 – l’autre moitié de l’Europe étant sous leur influence. Au procès de Nuremberg, les procureurs soviétiques auraient pu déclarer : « Nous aussi, nous avons tué à tours de bras, mais nous sommes les vainqueurs et ceux qui ne sont pas contents, nous pouvons les condamner, eux aussi. » D’ailleurs, en France, la loi du député communiste Gayssot permet de condamner ceux qui pourraient mettre en cause le système. Elle est toujours en vigueur.

On ne peut donc qu’être étonné – en disant le moins – que ces horreurs, parfaitement connues, n’aient nullement empêché le général De Gaulle de nommer 5 ministres communistes dans son 2e gouvernement, le 13 novembre 1945 : Maurice Thorez, François Billoux, Ambroise Croizat, Marcel Paul et Charles Tillon, ministre de l’Armement ! Ce que rappelle Bruno Riondel (p. 434).

Au Cambodge, le communisme maoïste a causé la mort de près de 3 millions de Cambodgiens, soit plus du tiers de la population. Pour la gauche, c’est un souvenir parmi d’autres. On n’en parle même plus. On se garde notamment bien de dire que le tueur n° 1, Pol Pot, fut le bon élève du Parti communiste français qui le forma avec efficacité. À Paris, on lui apprit la théorie et à Phnom Penh, il n’avait plus qu’à la mettre en pratique – ce qu’il fit avec ardeur.

À ce propos, Riondel note aussi (p. 126) : « Les Français se sont déshonorés durant ces heures tragiques. À Phnom Penh, les noms des Cambodgiens réfugiés à l’ambassade de France furent donnés aux Khmers rouges sur ordre du gouvernement français. Alors que les Khmers s’emparaient des malheureux, les gendarmes français aidèrent les communistes à maîtriser un ancien président de l’assemblée nationale cambodgienne qui refusait de se laisser emmener. Toutes ces personnes disparurent à jamais. »

« Au Vietnam, écrit toujours Bruno Riondel, 800 000 personnes ont été déportées. À la prison de Chi Hoa, à Saïgon, 40 000 personnes furent entassées, mourant de faim et d’asphyxie. » Je rappelle au passage que la mortalité des Français faits prisonniers à Dien Bien Phu, dans les camps du Vietminh communiste, était supérieure à celle d’Auschwitz. Ce qui n’a nullement empêché notre ministre des Affaires étrangères de se rendre à Hanoï, peu de temps après cette défaite, pour solliciter les bonnes grâces des communistes au pouvoir.

Sur les 6 millions d’Ukrainiens morts de faim, sur ordre de Staline, on peut se reporter au n° 1228 des « 4 Vérités » du 24 janvier 2020. J’ajoute un aspect des choses que décrit le professeur Riondel. L’administration fiscale soviétique joua un rôle important dans la « dékoulakisation » de l’Ukraine. Elle exigeait un montant d’impôt supérieur au revenu du foyer. L’impossibilité de payer entraînait la saisie immédiate de la maison et du bétail du malheureux contribuable (p. 217). Heureusement, nous n’en sommes pas encore là !

La Chine reste le champion des tueries. Des dizaines de millions de Chinois sont morts de mauvais traitements depuis l’instauration du communisme dans ce pays où continue à fonctionner le laogaï. Même système, mais en pire encore, en Corée du Nord.

Je ne saurais donc trop conseiller de lire le livre que vient de publier ce professeur d’histoire, dont je viens de citer quelques extraits. Il décrit parfaitement un système criminel dont le bilan a été publié par Khrouchtchev lui-même : « Quand j’étais ouvrier, il n’y avait pas de socialisme, mais il y avait des patates. Et maintenant que nous avons construit le socialisme, il n’y a plus de patates ! »

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2 réponses à l'article : Une formidable imposture

  1. Hagdik

    29/03/2020

    Merci à l’auteur et merci à Gérard Pierre pour ce nécessaire rappel historique.
    Je constate avec effarement qu’il existe encore aujourd’hui des individus accrochés au communisme et qui prétendent nous l’imposer.
    J’ai, dans ma commune, une équipe de bobos écolos déclinistes dont le fond de pensée est strictement communiste. Il ont des professions évoluées (majoritairement fonctionnaires), il sont entre 45 et 60 ans. Çà veut dire qu’ils sont le pur produit de l’éducation nationale, de la culture soixante-huitarde et post-soixante-huitarde.
    Leur crédo : la défense des migrants …. mais pas chez eux. Le logement social … mais pas près de chez eux. Les dépenses d’argent public pour favoriser la gratuité en tout … mais sans augmenter les impôts. Etc.
    Si on laisse ces gens prendre le pouvoir, on est foutus !
    Malheureusement, le pouvoir ils l’ont sous une forme bien plus insidieuse : ils sont infiltrés dans tous les rouages du pouvoir et des administrations, avec leurs complices les muz.
    Notre réveil va être extrêmement douloureux, si réveil il y a.

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  2. Gérard Pierre

    25/03/2020

    « On ne peut donc qu’être étonné – en disant le moins – que ces horreurs, parfaitement connues, n’aient nullement empêché le général De Gaulle de nommer 5 ministres communistes dans son 2e gouvernement, le 13 novembre 1945 … »

    Non, monsieur Lambert, ça n’a rien d’étonnant !

    Replaçons nous, s’il vous plaît, dans le contexte de 1945 !

    Quelle était alors la légitimité de de Gaulle ? …… Il n’en avait AUCUNE ! …… et il ne l’ignorait pas !

    Lorsque les Historiens contemporains font les comptes de ce que représentaient alors les réseaux gaullistes, les maquis, les résistants non communistes (d’avant septembre 1944) et les combattants de la France libre, ils totalisent environ 40.000 Français ! … soit environ UN FRANÇAIS SUR MILLE ! … ce qui est un peu léger pour prétendre à une quelconque légitimité !

    Déserteur de l’armée française à compter du 17 juin 1940, … … (ce jour là le gouvernement Pétain avait été nommé en conformité des lois constitutionnelles de la troisième république, et RIEN ne permettait d’anticiper ce que pourrait être un jour l’État de Vichy) …… il n’était alors que l’équivalent de l’autre déserteur, Maurice Thorez !…… du parti communiste !

    Porteur illégal d’un uniforme flanqué de deux étoiles qui lui avaient été attribuées à titre provisoire et que la république lui avaient ensuite retirées conformément aux lois régulièrement en vigueur en le ramenant au grade de colonel, il continuait néanmoins à se faire appeler complaisamment « Mon général » !

    Haï par Roosevelt, pour qui il ne représentait rien, sinon l’opportunisme, il s’empressa, après que les troupes américaines se soient fait massacrer en Normandie pour nous libérer, de faire capoter le projet d’AMGOT dont l’Amérique entendait faire bénéficier la population française. Il le présenta aux populations libérées (pas par lui) comme un « projet colonial » américain !

    « Président » du gouvernement provisoire d’une république qu’il entendait, soi disant, restaurer, … il n’avait jamais été élu par personne !

    Pire : au cours d’une entrevue en octobre 1944 avec le président de la république Albert Lebrun, réélu en 1939 pour sept ans, ce dernier lui fit alors remarquer qu’il n’avait jamais démissionné ! … ce que de Gaulle affecta d’ignorer !

    Que lui restait-il alors, au moment où les communistes dits français se proposaient ni plus ni moins que de prendre le pouvoir ? …… en ne tenant aucun compte de sa présence, … sinon passer un deal avec Staline !

    « Vous récupérez Thorez, et je donne des consignes pour que « On » vous laisse tranquille » !

    Résultat : Nous payons encore aujourd’hui les conséquences de cette morbide transaction qui n’eut d’autre but que de sauver la peau de ce faux « libérateur » ! …

    En confiant à ce vendu de Thorez le soin d’élaborer le statut de notre fonction publique, … (exact négatif de celui de l’URSS), … il lui donna les moyens de paralyser notre appareil d’État au profit de visées hégémoniques de l’URSS reportées à une date ultérieure ! …… et nous le payons encore aujourd’hui ! …… (cf. « La France aux ordres d’un cadavre » de l’excellent Maurice Druon).

    Si les Américains avaient instauré l’AMGOT, … comment auraient-ils alors traité nos prétentieux communistes ?

    On peut raisonnablement penser qu’ils les auraient sévèrement « mis au pas » et que nous ne subirions pas, encore aujourd’hui, les séquelles des intrigues du déserteur de 1940 ! … mais bien sûr, ceux pour qui l’anti américanisme est viscéral nous expliqueront que la France serait sans doute aujourd’hui les Philippines de l’Europe ! … une xième étoile sur la bannière des USA !

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