Le décrochage économique de la France

Le décrochage économique de la France

La comparaison entre deux systèmes est difficile sur le court terme mais, si on prend le recul nécessaire, disons 20 ans, les comparaisons d’un pays à l’autre, c’est-à-dire d’un système à l’autre, sont irréfutables.

Je prendrai deux exemples qui sont l’image d’une évolution du développement d’un pays: tout d’abord l’évolution de sa Bourse, et ensuite son PIB par habitant.

Je comparerai trois pays: la France, l’Allemagne et les États Unis.

– Valeur boursière, à la fin des années 2000, 2016 et 2020 (chiffre au 4 décembre 2020 arrondi à la centaine):
France (CAC40):

2000: 7000 points
2016: 4400 points (-37%)
2020: 5500 points (-21%)

Allemagne (DAX):
2000: 8100 points
2016: 9800 points (+21%)
2020: 13300 points (+65%)

États-Unis (Dow Jones):
2000 : 12000 points
2016 : 16000 points (+34%)
2020 : 29800 points (+149%)

On peut en déduire un décrochage indéniable de notre pays qui, depuis 2000, date à laquelle l’Allemagne a commencé à appliquer les réformes Hartz 10, est largement devancé par nos voisins (+65% contre -21%). Et la comparaison avec les États-Unis nous ringardise (+149%).

PIB par habitant (en dollars de 2020):
France: 40 494$
Allemagne: 48196$ (+19%)
États-Unis: 62641$ (+55%)

Ces deux comparaisons nous prouvent que nous n’avons pas fait le bon choix économique et, surtout, que nous avons laissé notre industrie se dégrader dangereusement.

En France, ce n’est jamais le moment de faire les réformes lourdes – ni quand ça va bien ni quand ça va mal.

Chaque homme politique qui arrive aux affaires «procrastine» et refuse de s’attaquer aux réformes indispensables jusqu’au jour où elles nous seront imposées de l’extérieur (FMI, BCE ou UE).

Ces réformes se feront mais toujours avec beaucoup trop de retard. Je rappelle une définition que j’ai employée sur «l’exception française»: pour moi, cette exception revient, finalement, à faire comme les autres mais avec 20 ans de retard!

Depuis l’an 2000, vingt ans sont passés et j’espère que 2021 sera la bonne car il n’y a pas d’autre solution que celle que je rabâche et qui est un préalable à toute réforme d’envergure.

Je persiste; il faut réduire drastiquement les dépenses de notre État, préalable indispensable à la mise en place d’un environnement concurrentiel pour notre tissu économique!

Notre ministre de l’Économie nous répète que nous sommes le pays le plus généreux dans l’accompagnement de la crise (ce qui est vrai pour les salariés, mais pas pour les entreprises) mais il occulte que c’est au prix d’un endettement supplémentaire de 550 Mds€.

Cette crise nous propulsera donc à un endettement supérieur à 125%. Autant dire que c’est le coup de grâce!

Chaque augmentation d’un point des taux d’intérêt – et cette augmentation viendra nécessairement – nous coûtera 30 Mds € par an supplémentaire.

Mais dormez bien, braves gens, l’État s’occupe de nous!

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(5) Commentaires

  • ELEVENTH Répondre

    Pour l’exemple de la bourse, si l’on prend en compte que l’essentiel du CAC 40 obtient ses bénéfices de l’étranger, la comparaison est encore plus amère.
    Mais, nous, nous avons pléthore de têtes d’oeufs et d’idéologues grand format.
    Quand est ce que les gens se rendront compte que Macron c’est d’abord du vent et ensuite un naufrageur de notre nation.

    09/12/2020 à 1 h 18 min
    • Goudron Claude Répondre

      Tout à fait d’accord avec vous mais on ne peut pas leur reprocher de délocaliser sinon aucune évolution possible en restant en France

      C. GOUDRON

      13/12/2020 à 17 h 09 min
      • ELEVENTH Répondre

        Je ne reproche surtout pas aux directions des boites du CAC 40 d’aller chercher leur rentabilité à l’étranger.
        Bien au contraire.
        Je ne fais qu’un constat amer d’une situation de fait due à un système étatique qui ne permet pas autre chose.
        Et je trouve heureux que des boites réellement productrices comme Air Liquide, Schneider électrique, etc… portent nos couleurs dans le monde….. Et ramènent un peu d’argent pour nourrir l’ogre.
        Merci de poser des articles toujours intéressants, cela contraste avec les éructions de certains.

        13/12/2020 à 18 h 54 min
      • HansImSchnoggeLoch Répondre

        Bruno Le Maire essaie de ramener toutes les poules au poulailler.
        Mais les poules sont un peu échaudées et savent que le renard fiscal les guette.
        Celles qui vont se laisser charmer vont se faire plumer et finiront toutes dans le pot de Bercy.
        Et le poulet est le menu préféré de cette caste.
        Avis aux amatrices.

        13/12/2020 à 21 h 16 min
        • ELEVENTH Répondre

          Lemaire…Tout un poème. A part avoir pondu un pavé dans lequel il raconte comment il se fait caresser les joyeuses par Madame, quelle formation et quelle compétence pour tenir un tel poste, surtout en période ultra sensible comme actuellement.
          C’est bien beau d’aligner une peau d’âne prestigieuse en lettres modernes, mais il eu mieux valu un bon matheux ou un vrai économiste à ce poste.
          Lui ne convainc personne et, comme disait la déglinguée US de ses opposants politiques : il est déplorable.
          Vite, un stage intensif de remise à niveau chez nos deux clowns q;q; jojo pour éviter le désastre . Ou l’empirer.

          14/12/2020 à 16 h 27 min

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