Aider la demande ou encourager l’offre

Posté le juillet 03, 2004, 12:00
6 mins

En 1981, les Américains élisent comme président des USA Ronald Reagan, un piètre acteur de série B, un faux cow-boy, un petit journaliste de télévision. Pour bien des médias français, le suffrage universel qui permet à un peuple ignare de donner le pouvoir à un médiocre est finalement une institution dangereuse. Heureusement en France, le suffrage universel permet à un peuple cultivé de donner le pouvoir à des hommes de très haut niveau, les énarques.
Mais durant les années soixante-dix, les Américains avaient subi une politique d’inspiration keynésienne disant que pour relancer l’économie, l’État doit nécessairement intervenir pour augmenter la demande. Les recettes pour augmenter la demande sont bien connues.
– Augmenter les impôts de ceux qui ne consomment pas assez (les riches qui capitalisent, les patrons qui payent mal leurs salariés…) et distribuer l’argent ainsi récupéré à tous ceux qui n’ont pas assez de moyens financiers pour consommer (les salariés, les pauvres…).
– Ne pas hésiter à créer un déficit budgétaire, ce qui permet à
l’État d’augmenter la demande (en faisant par exemple de grands travaux dits d’utilité publique) sans être contraint de la réduire par l’impôt. Le vrai miracle économique selon les keynésiens…
– Laisser progresser rapidement la masse monétaire, ce qui donne à chacun de l’argent lui permettant de consommer, d’acheter par exemple à crédit une voiture ou une maison.
– Comme la politique de relance de la demande à petite dose ne donnait pas les résultats escomptés, les keynésiens au pouvoir ont augmenté les doses. Quand un comprimé ne suffit pas le soir pour s’endormir, le médecin en prescrit deux… Les interventions de l’État ont augmenté, les impôts ont monté, et les effets indésirables ont augmenté.
– Ceux qui produisent les richesses, ceux que l’on matraquait par l’impôt n’ont plus les moyens d’investir et ils ont aussi tendance à se croiser les bras. L’offre diminue.
– Ceux qui reçoivent l’argent pour augmenter la demande sans avoir besoin de trop travailler sont devenus de plus en plus des assistés, et ils en réclament toujours un peu plus. Ils se croisent aussi un peu les bras, puisqu’ils reçoivent de l’argent sans travailler.
La croissance s’est fortement ralentie, donc l’offre n’a pratiquement plus augmenté.
– Par contre, avec le crédit facile et le déficit budgétaire, la masse monétaire a fortement augmenté. Tandis que l’offre est ralentie par l’État, la demande est fortement stimulée. Chômage et inflation corrigent les déséquilibres créés par les keynésiens.
Les Américains sont des cow-boys ignares, tous les Français le savent parfaitement. Mais ce sont aussi des hommes pragmatiques, et les Français ne le savent pas assez. Tandis que d’excellents économistes américains analysaient les effets pervers de la théorie de la demande et mettaient au point la théorie de l’offre, le peuple américain, las de la politique keynésienne, virait les démocrates au pouvoir et installait à leur place le républicain Ronald Reagan, qui connaissait parfaitement la théorie de l’offre prônée par les nouveaux économistes américains.
Reagan a réduit de façon importante les impôts touchant les producteurs de richesse et ça a marché.
– Les producteurs ont arrêté de se croiser les bras et se sont remis au travail, pour gagner des dollars. Malgré la réduction des impôts, les rentrées fiscales n’ont pas diminué, car la réduction des impôts a réactivé l’activité économique endormie.
– Les syndicats américains qui tendaient la main pour avoir toujours plus, n’ont plus été écoutés.
– Les immenses déficits créés par le keynésien Carter ont encore duré quelque temps, mais ils ont finalement été réduits peu avant les attentats du 11 septembre, uniquement par la croissance.
Toute comparaison entre les USA de 1980 et la France de 2004 risquerait de faire croire que la France a 24 ans de retard. Pour notre orgueil national, il vaut mieux ne pas la faire…

5 réponses à l'article : Aider la demande ou encourager l’offre

  1. Adolphos

    08/07/2004

    De toute façon, on est mal barré. Peut être que le gouvernement va faire des reformes dans les prochaines années si il y a de la croissance ? Peut être aussi qu’il n’en fera jamais 🙁

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  2. Sous-Commandant Marco

    05/07/2004

    Ce qu’il faudrait pour faire avaler la potion économique libérale, c’est une belle infirmière qui, en plus d’être libérale économique, serait aussi libérale philosophique et politique. Ainsi, nous développerions notre propre version du libéralisme plutôt que de cloner bêtement ce qui se fait ailleurs. Il faudrait quelqu’un qui serait un mélange de Madelin pour l’économie et de Cohn-Bendit pour la politique, avec le charisme de Bernard Kouchner et la volonté de Nicolas Sarkozy. Une femme peut-être? Sabine Herold? Mais je vais encore me faire allumer!

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  3. R. Ed.

    04/07/2004

    Pour FF, ce n’est pas « votre » Ronald Reagan ni « votre » Miss Tatcher. Quant-à Monsieur le Président Reagan, paix à son ame,il n’est plus de ce monde.La France actuelle ,cher Monsieur, se trouve pour le moment à la 13ième place sur 25 dans l’Union Européenne .Heureusement que 10 pays « pauvres » sont venus se rajouter sinon la place de la France était l’antépénultième(pas la dernière ni l’avant-dernière mais l’avant-avant-dernière quoi).Un petit effort et dans peu de temps elle sera la lanterne rouge de l’Union ,en aviation on appelle cela le charognard.

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  4. Observateur

    03/07/2004

    « On compare sans cesse la France actuelle aux Etats-Unis ou la Grande-Bretagne à la fin des années 1970. Mais j’aimerais savoir où il est notre Ronald Reagan et notre Margaret Thatcher????????????? » Sans compter qu’il n’y avait pas de fausse droite aux états-unis et au Royaume-Uni.

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  5. FF

    03/07/2004

    On compare sans cesse la France actuelle aux Etats-Unis ou la Grande-Bretagne à la fin des années 1970. Mais j’aimerais savoir où il est notre Ronald Reagan et notre Magarteh Tchatcher?????????????

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