Après la tempête boursière, celle des monnaies

Posté le janvier 30, 2008, 12:00
7 mins

Le monde vit depuis un an une curieuse situation. Responsables et observateurs économiques donnent parfois l’impression de mal comprendre ce qui se passe. Il faut préciser certaines réalités.

Avec la mondialisation, les échanges économiques progressent rapidement entre les peuples. Ainsi, dans notre consommation, la part des produits venant de l’étranger dépasse maintenant 30 %. En outre, quand l’inflation avoisine 2 % dans tous les pays, les variations de la valeur relative des monnaies sont supprimées. Cette absence de variation relative ne perturbe donc plus les échanges à long terme. Le développement harmonieux de la mondialisation en dépend.

Depuis des années, la Banque centrale américaine (la FED) et la Banque centrale européenne (la BCE) disposent des informations leur permettant de prévoir l’inflation à venir et d’obtenir une inflation de 2 % en modifiant ce qu’on appelle « les taux courts » (taux des intérêts que demande la Banque centrale aux banques privées emprunteuses d’argent). Les banques centrales mettent alors à la disposition des emprunteurs éventuels les quantités d’argent nécessaires et suffisantes pour obtenir une inflation de 2 %.

Mais tandis que l’ouverture des frontières aux produits étrangers à faible coût augmente l’offre et s’oppose à l’inflation, l’ouverture des frontières aux capitaux étrangers à faibles taux d’intérêts augmente la demande et favorise l’inflation. Il n’est donc pas facile d’être banquier central dans une économie mondialisée et évolutive… Cependant, dans la situation économique actuelle en Europe ou aux USA, il semble qu’un taux court situé aux environs de 4,25 % soit le bon taux, celui qui donne avec un délai de six mois une inflation de 2 %.
Or, l’histoire récente semble montrer que les Américains ignorent ou veulent ignorer cette réalité…

Les erreurs antinomiques de la FED et de la BCE

En 2000, la FED avait fait grimper ses taux courts jusqu’à 6,50 % pour s’opposer à l’inflation. Le chômage a donc envahi l’économie américaine. Pour relancer l’économie, la FED a fait chuter dès janvier 2001 ses taux courts. En septembre 2001, l’Amérique entre en guerre contre Al-Qaida. Ses dépenses militaires explosent. Elles sont inflationnistes. Malgré cela, fin 2001, pour s’opposer à la récession possible, la FED abaisse ses taux courts à 1 %. Comme les Américains disposaient en abondance de crédits peu coûteux, les prix des maisons flambent, créant une « bulle immobilière » totalement prévisible, donnant à tous ceux qui avaient une maison l’illusion d’avoir un gros capital.

Il faut attendre juin 2004 pour qu’enfin la FED réagisse et se décide à relever ses taux. Ils atteindront 5,25 %, en juin 2006. Les Américains ont alors un crédit très coûteux pour acheter une maison. Le prix des maisons s’effondre et le bilan des banques, qui avaient prêté en prenant une hypothèque sur une maison valant cher, vire au rouge avec des maisons ayant perdu une forte partie de leur valeur. Comme l’économie est mondialisée, certaines banques européennes sont aussi mises en difficulté. C’est la crise des « subprimes ». Crise parfaitement prévisible.

Pour la même raison, les prix des actions qui étaient montés trop haut chutent. C’était tout autant prévisible. Certains parlent de krach boursier…

En septembre 2007, devant cette situation économique difficile, la FED commence d’abord à abaisser ses taux jusqu’à 4,25 %, ce qui semble enfin être un comportement raisonnable. Mais, comme la Bourse reste mauvaise, et avant d’attendre les six mois nécessaires pour constater l’effet, le gouvernement américain décide d’injecter 160 milliards de dollars dans le circuit économique en réduisant les impôts des particuliers (ce qui augmente l’inflation) et ceux des entreprises (ce qui diminue l’inflation). Puis, la FED décide, le 23 janvier, d’abaisser brutalement ses taux à 3,50 %. Ce qui est une grave erreur. Une forte inflation du dollar est prévisible pour juin 2008.

L’Europe subit les erreurs de la FED. La BCE, en maintenant ses taux courts trop bas, au niveau de 4 % depuis l’été 2007, est responsable d’une inflation de l’euro supérieure à 2 %. Elle ne doit surtout pas les abaisser, ce qui augmenterait encore l’inflation. L’été monétaire sera très chaud…

Recommander cet article sur les sites de syndication d’information :

9 réponses à l'article : Après la tempête boursière, celle des monnaies

  1. Anonyme

    05/02/2008

    Jaures : " il est vrai que j’ai plus tendance à m’intéresser aux laissés pour compte"
    – Sacr
    é Jaures, vous nous ferez pleurer!  Asinus asinum fricat, hein?

    Mancney

    Répondre
  2. sas

    02/02/2008

    A jaures…..tu confond le capitalisme……et l’amoralité

    coco et z’abricot…..socialo et manque de peau…

    Le problème de bouton n’étant pas que comme tous, ils spécule à mort,prend des risques inconsidérés…le problème c’est qu’il a failli….on ne s arrange jamais avec celui qui est à l origine des problèmes…..valable pour le conseil d’"administration et le le comité de surveillance….

    Mais en france…..plus tu vole…moins tu es capable….plus tu te trompe…..plus tu es encensé et prommu, la p’tite merde soutenant la grosse merde….

    JEAN MARIE MESSIER,BERNARD TAPIS,TRICHET,etc,etc,etc

    sas

     

    Répondre
  3. gaius

    01/02/2008

    Jean :"Pour profiter d’une liberté d’expression que vous ne trouvez pas chez les votre, sans doute ?"

    Oui c’est sur ,chez les nazis rouges, la liberté d’expression on la cherche depuis 1917  

    Répondre
  4. Jaures

    01/02/2008

    Cher Jean, heureusement que vous ètes là pour m’informer que l’égalité n’existe pas. Je ne m’en étais pas rendu compte. Par contre, pardonnez mon vice de comparer des chiffres qui n’ont rien à voir. Je ne puis m’en empécher. On ne se refait pas.

    Par exemple, M Bouton qui vient d’être triomphalement reconduit à la tête de la société générale n’a pas eu, lui à se plaindre de sa gestion: il a encaissé l’an passé 7 millions d’€ de stock options réalisées (c’est à dire dans sa poche). Il peut donc, sans trop craindre pour son pouvoir d’achat, renoncer généreusement à 6 mois de salaire, celui ci ne représente que 15% de ses revenus réels. Ce même Bouton expliquait hier sur France 2, sous le regard compatissant de Pujadas, que sa banque ne spéculait pas mais" faisait son métier de servir ses clients et de prèter aux entreprises". Or on sait (sauf Pujadas) que 40% des fonds de la banque (c’est à dire nos dépots, les frais bancaires,…) servent à la spéculation. Comment en serait-il d’ailleurs autrement: la BNP vient d’annoncer 7 miliards de profits, c’est à dire exactement la même somme que Société Générale eût déclaré sans les affaires du trader et des subprimes. Mais ces chiffres n’ont, bien entendu, rien à voir.

    Pour le reste, il est vrai que j’ai plus tendance à m’intéresser aux laissés pour compte, Américains ou Français, qu’aux milliardaires cyniques. Là non plus, on ne se refait pas et si je tape l’incruste sur ce site c’est pour y faire entendre un peu une voix qui ramène les éminents éditorialistes à la vraie vie, celle des travailleurs, salariés et chômeurs qui voient leur situation empirer chaque jour quand celle des grands patrons, auquels on ne demande même plus de bons résultats, n’a jamais été aussi florissante.

    Répondre
  5. Jean

    31/01/2008

    Avec bonheur je note que Jaurès porte quelque inérêt sur des Américains; surtout lorsqu’ils ont perdu leur maison conséquence d’avoir cru aux sornettes de Clinton lorsqu’il fit voter une loi interdisant aux banques de refuser un prêt immobilier aux particuliers !

    Mettre cote à cote des chiffres ne rime à rien et n’excite que vous. Il faudra bien que vous compreniez un jour que l’égalité n’existe pas. Celà n’a été qu’un attrappe gogo électoral. A ce que je vois çà marche encore pour des petites gens peu informées !!

    Sacré Jaurès, continuez à nous faire rire ! Vous n’aimez pas la pensée libérale conservatrice mais vous ne pouvez pas vous empêcher de venir ici chaque semaine.

    Pour profiter d’une liberté d’expression que vous ne trouvez pas chez les votre, sans doute ?

    Répondre
  6. Jaures

    30/01/2008

    La masse financière des marchés est 25 fois supérieure au PIB mondial ! Alors que les traders de Londres et de N.York se partageaient 40 milliards de dollars de bonus, les ménages modestes américains perdaient 250 milliards de dollars et, pour plusieurs millions d’enre-eux, leur maison.

    A Paris, alors que la Société Générale nous explique que 5 milliards d’euros perdus ne nuit guère à la bonne santé de la banque, on peine à trouver 250 millions d’€  pour 250 000 sans-abris et 6 millions de mal logés (alors que les associations, en accord avec la ministre de la ville, avaient chiffré les besoins à 1,5 milliard minimum). Il est vrai que l’état a déjà, entre autres, distribué 783 millions d’allégement fiscaux pour les successions supérieures 450 000€.

    C’est ce Trémeau appelle "une curieuse situation" je la nommerait , moi, "une situation insuportable".

    Répondre
  7. VIGNELLO Daniel

    30/01/2008
    J’ai vraiment l’impression que la France découvre l’économie de marché

    Il y a dix ans, le CCFD s’était élevé contre la spéculation qui selon leur études représentait 90 % des échanges journalières.

    Arrêtons de nous intoxiquer, un jour le malade va exploser et notre pays avec.

    Je n’ai aucune sympathie pour TRICHET mais je ne peux lui reprocher de maintenir le taux de la BCE à ce niveau, voire de l’élever. Regarder la balance commerciale Allemande et le prix des produits alimentaires français ? Notre système engendre la spéculation et les injustices car nos gouvernements depuis 1974 veulent s’occuper de tout sauf de leur devoir régalien de protéger le citoyen et ses biens.

    La déclaration des droits de l’homme et du citoyen sont pour les autres ! Poutre ou paille ?

    Répondre
  8. UN chouka

    30/01/2008

    Finalement, pour un citoyen du bas comme moi, tout tourne autour de la spéculation financière au mépris des créateurs de vrais valeurs ?

    Répondre

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas visible)