Chômage et monnaie unique

Posté le 09 octobre , 2012, 12:00
5 mins

Pendant une trentaine d’années, de 1945 à 1975 environ, la France était obligée d’importer de la main-d’œuvre étrangère. Autrement, les entreprises françaises n’avaient pas assez de main-d’œuvre pour satisfaire la demande solvable. Des Espagnols, des Portugais, ou des Polonais se sont installés dans notre pays.

Des droits de douane protégeaient les entreprises françaises de la concurrence étrangère.
En 1945, le gouvernement avait nationalisé les compagnies d’assurance et c’est lui qui a ga­ranti les revenus des malades, des chômeurs et des retraités.

Pendant ces 30 années, une parité fixe a pratiquement toujours lié le franc aux autres monnaies européennes. Quand il n’avait pas assez d’argent, un gouvernement demandait à la banque de France de fabriquer de la monnaie. Il faisait « marcher la planche à billets ». Et il utilisait cette monnaie pour payer ses dépenses excessives.

Une inflation très importante a marqué les premières années de cette nouvelle politique sociale « à la française ». Puis, les gouvernements français ont fait des efforts pour ne pas trop distribuer d’argent. Ils ont essayé d’équilibrer un peu mieux leurs budgets. Malgré cela, leur politique a été responsable d’une inflation française supérieure à celle d’autres pays européens. Et, tous les 2 ou 3 ans, les marchés imposaient aux gouvernements européens une dévaluation du franc. Nos entreprises redevenaient alors compétitives.
On a appelé, à juste titre, ces 30 années « les 30 glorieuses ».

Puis, les pays européens ont décidé de se mettre en marche vers la monnaie commune. Et, quand on a une monnaie commune, il y a nécessairement une Banque centrale européenne commune (la BCE). Les banques nationales (la Banque de France pour notre pays) n’ont plus eu le droit d’émettre de la monnaie, de faire marcher la planche à billets. Comme pratiquement tous les pays européens ont continué à dépenser plus qu’ils ne gagnaient, ils ont emprunté de l’argent à qui voulait bien leur en prêter. Ils se sont endettés. La dette a ainsi remplacé l’inflation. Les pays du sud, comme la Grèce, le Portu­gal, l’Espagne ou la France, se sont couverts de dettes.
Une telle situation devient intenable : le budget que consacrent les États à payer uniquement les intérêts de leurs dettes devient énorme.
Il faut impérativement arrêter de vivre au-dessus de ses moyens.

Un autre point doit être souligné. Les pays européens ont choisi en 1999 de continuer à lier leurs monnaies par une parité fixe. Ils auraient tout aussi bien pu choisir le système des cours flottants, laissant au marché le soin de déterminer au jour le jour la valeur relative de ces anciennes monnaies.

Et, depuis 1999, pour de très nombreuses raisons, les coûts de production ont progressé bien plus rapidement dans les pays du sud. Les coûts français sont, par exemple, actuellement supérieurs de plus de 16 % aux coûts allemands.
Or, depuis 1999, on n’a pas modifié la parité fixe liant les anciennes monnaies. Les entreprises des pays du sud ne sont absolument plus compétitives.

Il ne faut pas que l’Europe prête de l’argent aux pays dont les entreprises ne sont plus compétitives pour qu’ils puissent se maintenir dans la zone euro.

Si une telle politique est suivie, le mal dont souffre l’Europe ne peut que s’aggraver un peu plus tous les jours.
Il faut modifier les parités liant toutes ces monnaies à l’euro.
Le gouvernement actuel semble vouloir rendre nos entreprises compétitives. Bravo !
C’est tout à fait possible : il doit avant toute chose modifier la parité fixe liant les anciennes monnaies entre elles depuis 1999.

11 Commentaires sur : Chômage et monnaie unique

  1. QUINCTIUS CINCINNATUS

    13 octobre 2012

    petite rubrique économique et bancaire ( mais parallèle )

    Florence LAMBLIN ( E.E.L.V. ) adjointe au maire du XIII ième arr. de Paris vient d’être entendue dans le cadre d’une enquête portant sur un réseau de blanchiment de fonds liés au trafic de la drogue ; la perquisition à son domicile a permis de trouver 400.000 euros en liquide ;
    dans le cadre de cette affaire 17 personnes ont déjà été interpellées en France et 3 à … Genève
    il ne fait pas de doute que nous allons assister à un nouvel affrontement entre Taubira et Valls et entre Delanoé et l’opposition

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  2. Jaures

    12 octobre 2012

    F, si j’ai cité 81, c’est qu’après 1969, il n’y a plus eu de dévaluation sur la période des 30 glorieuses. Admettez-vous que Tremeau s’est égaré dans ses chiffres ?

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  3. F

    11 octobre 2012

    Jaures, relisez vous. Vous parlez de la dévaluation de 81. Vous ne vous êtes donc pas limité aux 30 glorieuses…

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  4. Jaures

    11 octobre 2012

    F, relisez l’article: Tremeau fait référence aux 30 Glorieuses. Je doute que vous classiez les années Mauroy parmi celles-ci.

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    • HansImSchnoggeLoch

      13 octobre 2012

      Jaures a raison les années Mauroy étaient des années moroses ponctuées de dévaluations hors des 30 glorieuses.
      Sic transit gloria!

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  5. F

    11 octobre 2012

    “une dévaluation en 81″… Le gouvernement Mauroy ( 81-84) est responsable de 3 dévaluations. Soit une par an (en moyenne)…

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  6. QUINCTIUS CINCINNATUS

    11 octobre 2012

    @ Jaurès

    vous semblez oublier que l’inflation ( “compensée” , pour maintenir un certain ” pouvoir d’achat ” , lequel après tout fait vivre les “capitalistes” ) , compensée donc par une augmentation souvent moindre et toujours plus lente des salaires peut être dans certaines circonstances économiques assimilée à une dévaluation mais progressive , continue , ” indolore ” … cependant pas aussi ” indolore ” qu’on voudrait nous le faire croire puisqu’elle a comme victimes toutes désignées les retraités … la dévaluation n’ayant alors que deux avantages immédiats sur l’inflation : diminuer le poids de la dette et relancer les exportations … le problème est que maintenant nous sommes en … inflation virtuelle ( création de monnaie papier : F.E.D. , B.C.E. ) et en déflation réelle ( baisse des activités manufacturières , baisse due en partie à une baisse des investissements industriels d’où l’explosion du chômage )

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  7. Jaures

    11 octobre 2012

    Une fois de plus, Tremeau construit son article sur des contrevérités. Si la France a connu 2 dévaluations dans l’immédiat après guerre (1945 et 1948), les suivantes ont eu lieu en 1958, 1969 et 1981. On est loin des “2 ou 3 ans”. Par ailleurs, le chômage en 1997 était à 11,5% alors que l’euro n’existait pas et les pays hors euro, comme le RU et les Etats-Unis, ont un taux de chômage comparable à celui de la France.
    Enfin, en 2002, la France respectait parfaitement le traité de Maastricht (déficit inférieur à 3%, dette inférieure à 60% du PIB). La crise n’a pas touché que les “pays du sud”, sauf à considérer l’Angleterre, l’Irlande ou l’Islande comme des pays du sud.

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  8. QUINCTIUS CINCINNATUS

    11 octobre 2012

    @ F

    voilà ce qui est répondu par un haut fonctionnaire ” de Bruxelles ( car il n’existe pas de ” bas fonctionnaires ” là bas )

    c’est UNIQUEMENT pour ” SATISFAIRE ” … les Pays du ” Nord ”

    en quelque sorte il ne semblerait s’agir que de ” paroles verbales ” les Pays du Sud étant bien connus comme prenant de grandes libertés avec leurs finances et … la vérité

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  9. F

    11 octobre 2012

    Quinctius
    Effectivement. Je suis curieux de voir qui va y arriver. Et le document que vous mentionnez dit il ce qui arrive à ceux qui ne le feraient pas?…

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  10. quinctius cincinnatus

    10 octobre 2012

    changeons de … disque ( celui ci est rayé ) et allons lire aux sources " du bonheur "

                                            préambule du Traité européen ( page 5 )

    " lorsque la dette publique d’un Etat est SUPERIEUR à 60 %  de son P.I.B. , l’Etat en question doit la réduire  < au rythme moyen  <  de 1/20 ièm PAR AN  "

    soit pour la France … 90 milliards d’euro par an …  ce qui est IRREALISABLE

    et vos députés ont ( en majorité, ancienne et nouvelle  ) voté pour cette absurdité

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