Chronique d’une crise mal comprise

Chronique d’une crise mal comprise

Voici une petite histoire de la crise économique actuelle.

1) Avant 2007, la Banque centrale américaine (la FED) a mis sur le marché trop de dollars en maintenant ses taux courts trop bas (2 %) : le prix des maisons s’est envolé.

2) Au début de 2007, pour s’opposer à cette « bulle immobilière », la FED a décidé d’augmenter ses taux jusqu’à 5,25 %. Le crédit est devenu bien trop coûteux, les Américains qui avaient emprunté ne pouvaient plus rembourser leurs emprunts. Ceux qui auraient pu désirer acheter une maison à crédit ne l’ont plus fait. Le prix des maisons s’est effondré, créant la crise des « subprimes » le 18 juillet 2007, mettant les banques prêteuses en difficulté. Le cours de leurs actions s’est effondré, ainsi que celui des banques européennes qui possédaient de ces actions.

3) À titre provisoire, la FED a alors mis à la disposition des banques privées américaines des centaines de milliards de dollars pour éviter leur faillite. Elle a aussi décidé de rendre le crédit moins coûteux en abaissant ses taux courts jusqu’à 2,25 %.
De son côté, la Banque Centrale Européenne (la BCE) a aussi injecté des centaines de milliards d‘euros pour éviter la faillite des banques européennes en difficulté. Mais, l’inflation menaçant, elle n’a pas abaissé ses taux courts.

Deux conséquences doivent être notées. L’injection massive de liquidités en Europe et aux USA a eu immédiatement un effet inflationniste, et l’inflation est passée globalement de 2 à 4 %. Les taux courts à 4,25 % en Europe font prévoir une faible inflation de l’euro dans les six mois à venir, alors que les taux courts américains à 2 % font prévoir une inflation bien supérieure du dollar. Le cours du dollar s’est donc effondré, mettant en difficulté les exportateurs européens.

4) Aujourd’hui, certaines banques n’ayant pas retrouvé leur équilibre financier, voient leurs cours s’effondrer. La faillite est proche. Les gouvernements décident donc de leur fournir de l’argent, en achetant une partie plus ou moins importante de leurs actions. Ces opérations maintiennent en vie une banque, mais ne peuvent qu’être inflationnistes, puisque l’argent ainsi injecté n’a pas été récolté par une augmentation des impôts, mais par une augmentation du déficit.

5) Cette crise financière pousse les banques à devenir bien plus exigeantes quand on leur fait une demande de prêt. Que le demandeur soit une autre banque, une entreprise ou un particulier. Un tel comportement est normal, mais ses conséquences sont graves. Une banque qui a besoin d’emprunter et qui ne trouve pas de crédit peut déposer son bilan. Une entreprise qui n’obtient pas de crédit pour investir ne fera plus progresser le PIB. Un particulier qui n’arrive pas à obtenir de crédit pour acheter sa voiture réduira l’activité des constructeurs d’automobile.

6) Ces comportements permettent de prévoir un ralentissement de l’activité économique et le prix des actions des entreprises risque de baisser : car nombreux sont ceux disant qu’il vaut mieux les vendre maintenant pour les racheter plus tard. Les vendeurs étant plus nombreux que les acheteurs, le prix des actions chute et rechute. Mais ces chutes ne correspondent pas à la réalité économique. Un exemple : Volkswagen, entreprise « pesant » quelque 92 milliards d’euros. À la séance du 7 octobre, le prix de l’action a varié entre 448 et 282 euros. Mais seulement 230 500 titres ont été échangés, soit 0,07 du capital… Alors que les usines, les salariés et les clients de Volkswagen n’ont pas changé en 24 heures.

7) La chute des bourses affole les gouvernements. Les Européens ont ainsi « enfin » obtenu que la BCE abaisse ses taux. Ce qui favorisera peut-être une remontée du dollar, mais donnera certainement une inflation supplémentaire dans six mois.
Si La FED n’avait pas créé la crise, le marché aurait continué à fonctionner, rajustant au jour le jour et avec souplesse les prix et trouvant sans aucune crise le « juste prix »…

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(3) Commentaires

  • grepon le texan Répondre

    L’argument occulte totalement le role de Fannie et Freddie comme pompes a credit immobilier.

    Sans eux, et secondairement sans des organsimes comme ACORN et autres agitateurs genre le Department of Justice ent trop social-activistes, les acteurs non-suicidaires le prive n’auraient pas fait les pret qu’ils on fait.   Les taux directeurs ont aide dans l’affaire, mais voila que la Fed, et le Tresorie, et l’Administration Bush, et le Republicans au Congress ont tire l’alarme maintes fois sur l’activite dangereux de Fannie et Freddie.     Ja perte de valeur des instruments financiers "guarantis" par Fannie et Freddie, ont ete la cause des soucis terribles de tant de banques et gouvernments a travers le monde.   Sans ses "guarantis", sous un regime de reglementation prudent comme demande par lAdminstration Bush, par le Senateur McCain, par le Fed, et par le Tresorie, on en serait pas la ou nous sommes aujourdhui.  

    C’est comme si le "Reichstag Fire" a eu lieu en 2005, dans les committees controlle par Democrates corrompus.   Maintenant nous risquons de voir une Presidence Obama, ce qui n’a ete guere probable au moment des conventions.

    22/10/2008 à 7 h 24 min
  • VITRUVE Répondre

    AVE

    on parie que d’ici 15 jours, à cours d’arguments foireux qui leur pètent dans les doigts au jour le jour, certains ici vont nous parler d’Al Qaïda ( ou de l’Iran) comme co-responsable du déclenchement de cette crise…?

    VALETE

    17/10/2008 à 15 h 50 min
  • Jaures Répondre

    La Fed, voilà la coupable !!!

    C’est étrange, la Fed (qui ne reçoit, rappelons le, aucune subvention du gouvernement ou du congrés) n’était pas critiquée quand, en 2005, elle versait 600 milions de dollars à ses actionnaires et 18 milliards au trésor américain !

    Rappelons que le Federal Reserve Act stipule que la mission de la Fed est de tendre vers les objectifs suivants: taux d’emploi maximum, prix stables, taux d’intérèt à long terme peu élevés.

    Par ailleurs, les 2 derniers responsables de la Fed ne sont pas soupçonnables d’être vendus au communisme ou incompétents (au sens libéral du terme). Greenpan a été nommé par Reagan après avoir été un de ses proche collaborateur et Ben Bernanke, éminent professeur à l’Université de Princeton, qui lui a succédé a été nommé par G;Bush après avoir présidé le Conseil Economique de la Maison Blanche.

    Nous sommes donc bien en face d’une crise systèmique dont les victimes ne seront pas les escrocs de Wall street, lesquels ont sans doute placé leurs fonds dans les paradis fiscaux aux côtés de ceux des terroristes et des mafieux, mais ceux qui déjà n’avaient guère profité de la croissance ces 10 dernières années: les travailleurs, les salariés et les plus modestes.

    15/10/2008 à 16 h 23 min

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