Compétitivité : dégringolade de la France

Compétitivité : dégringolade de la France

Les vérités économiques ne sont pas dans les discours des politiciens mais dans les résultats chiffrés. Loin de diminuer, la sphère publique française a plutôt grossi ces dernières années. La part des dépenses publiques dans le Produit intérieur brut était, en effet, fin 2002, de 54 % en France, alors qu’elle n’était que de 47 % en moyenne au sein de l’Union européenne et même de 41 % au Royaume-Uni et de 35 % aux États-Unis. Certes, les prélèvements obligatoires qui regroupent impôts et cotisations sociales n’étaient cette année-là « que » de 44 % : la différence est constituée de déficits abyssaux. Depuis trente ans, malgré l’accumulation d’une dette publique officielle de quelque mille milliards d’euros, ces prélèvements, en pourcentage du PIB, ont augmenté de dix points. La bureaucratie française était un problème. Grâce à nos politiciens, elle est devenue une catastrophe…

Dans le même temps, d’énormes puissances économiques sont devenues les usines du monde, en Chine, en Asie du Sud Est, en Inde. L’essentiel des investissements industriels s’y concentre générant là-bas la quasi-totalité des nouveaux emplois. En contrepartie, chez nous, l’investissement productif est en panne et recule en volume chaque année. À partir du moment où la croissance n’est plus tirée par l’investissement mais par la consommation, on conçoit qu’elle soit pauvre en création d’emplois…

Cette évolution, liée à la mondialisation, pour l’essentiel, est inéluctable. Elle offre d’ailleurs une foule d’opportunités aux capitaux et aux talents suffisamment mobiles. Mais elle exige aussi, de toute urgence, une adaptation de la sphère publique. Celle-ci est à l’œuvre dans la plupart des pays occidentaux y compris, depuis quelques mois, chez nos voisins allemands.

En France, compte-tenu du poids de notre arthrose sociale, la réforme devrait s’apparenter à une révolution copernicienne.

À l’Élysée comme à Matignon, si l’on en croit les conseillers du Président de la République comme de son Premier ministre, on n’est pas loin de partager ce diagnostic. Mais on prétend que les changements, loin d’être reportés, sont mis en œuvre, énergiquement. Aller plus vite et plus loin serait, selon les tenants de cette politique, prendre le risque d’ouvrir une crise de régime.

Les chiffres rappelés ci-dessus permettent de trancher le débat entre ceux qui prônent une réforme générale de la sphère publique et ceux qui se satisfont de réformettes bien tardives : si l’on ne veut pas courir, il eut fallu, comme la tortue de la Fontaine, savoir partir à point !

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(2) Commentaires

  • Jacques Répondre

    On peut prédire que rien ne sera fait, non seulement par ce gouvernement, mais par tous ceux qui suivront. Ce n’est pas une arthrose sociale, mais bien une paralysie (quand le gros Blondel lève le petit doigt, tout le monde frémit). Cela se terminera comment ? Comme en Argentine il y a quelques années (et la dette de l’Argentine n’était rien par rapport à la nôtre). Que faire ? Quitter ce pays et aller voir ailleurs.

    18/01/2004 à 8 h 27 min
  • BELLEROPHON Répondre

    Le coût de la sphère publique en France est en effet considérable, encore est-il minoré dans les statistiques. La notion de « prélèvements obligatoires » ne recouvre en effet qu’une partie des multiples impôts, taxes et redevances générés chaque année par le système. En outre, il faut ajouter à l’administration officielle, « l’administration cachée » : dans des secteurs entiers, les entreprises, professions libérales et artisans sont transformés en comptables (notamment les banques), contrôleurs ou percepteurs. Les français travaillent sensiblement deux jours sur trois pour la sphère publique. Le fait d’avoir un gouvernement réputé « libéral » n’infléchit en rien cette tendance lourde, comme on peut le constater avec le gouvernement actuel, qui ajoute sa sédimentation de paperasses à la couche épaisse déposée par ses prédécesseurs (cf., par exemple, en matière de logement, les exigences posées pour bénéficier de la loi de Robien, et, en matière de transport, les radars automatiques, la visite médicale pour les automobilistes à partir d’un certain âge, l’immatriculation des deux roues, etc…). On pourrait multiplier les exemples et ce dans tous les domaines. La seule façon d’enrayer cette « administrativite » qui dévore le potentiel de la nation consisterait à prendre quelques mesures simples, mais radicales : 1/ pour l’Etat : non remplacement d’un départ en retraite sur deux pendant dix ans (vacataires et contractuels compris) et plafonnement à un niveau compatible avec les besoins réels et les moyens du pays, démantèlement des structures parasitaires (ex : service de la redevance de l’audiovisuel, comité de politique monétaire, ANPE, etc). Application du principe de subsidiarité : l’Etat n’intervient que si le secteur privé ne peut le faire. Il n’a, par exemple, rien à faire en matière scolaire, si ce n’est édicter les programmes et contrôler les enseignants ; de même, en matière de logement, le « locatif aidé » hypertrophié que nous connaissons n’a pas lieu d’être : il faut au contraire encourager les français à devenir propriétaires ; 2/ pour les collectivités locales : interdiction des subventions (titres IV et VI), de la faculté de souscrire des emprunts amortissables au-delà de 10 ans et nécessité d’une autorisation de l’Etat pour les augmentations budgétaires d’une année sur l’autre supérieures à l’évolution de la valeur du point servant de référence au projet de loi de finances annuel; 3/ pour les entreprises publiques : privatisation de celles relevant du secteur concurrentiel, démantèlement à chaque fois que c’est possible de celles détenant un monopole (ex : RATP : privatisation du réseau de surface) et alignement du statut du personnel du noyau dur restant sur celui de la fonction publique (fin des rentes de situation invraisemblables qui existent dans des entreprises comme EDF, la SNCF, l’imprimerie nationale, la banque de France, etc.); 4/ pour le secteur social : – sécurité sociale : fin de la couverture du petit risque, sauf pour les indigents. La collectivité n’a pas à couvrir les rhumes et les entorses, – allocations familiales : suppression pure et simple de cette aide à la natalité obsolète et qui ne sert plus à rien, sauf à attirer toujours plus d’immigrés et à les inciter à proliférer , – assurance vieillesse : instauration d’un système à trois étages, avec un régime de base financé par l’Etat, un régime « confort » financé par les branches professionnelles et les entreprises, et un régime « plus » financé par l’individu. 5/ pour l’Education nationale : privatisation, avec généralisation du contrat d’association tel qu’il fonctionne actuellement pour les écoles privées sous contrat ; fin du financement public au niveau du bac. L’Etat et sa fausse « gratuité » n’ont en effet rien à faire dans l’enseignement supérieur, où ils n’engendrent que vandalisme, gaspillage et incompétence. Telles sont les bases minimales, me semble-t-il, d’un redressement.

    17/01/2004 à 21 h 18 min

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