Contribution à la question des retraites

Posté le 29 avril , 2010, 12:00
6 mins

Le problème du financement des retraites n’a été que provisoirement résolu, on le sait, par les diverses dispositions adoptées par les gouvernements précédents.
Différentes pistes, qu’il faudra explorer sans en écarter aucune, ont été évoquées sauf, pour l’instant, celle de la diminution des retraites.

Il sera pourtant nécessaire de l’envisager un jour, sous une forme ou sous une autre. Car, avec le vieillissement de la population et l’arrivée de quel­que dix millions de nouveaux retraités, le poids des engagements publics au titre des retraites va vite devenir littéralement écrasant (près de neuf fois le PNB en Grèce, mais aussi plus de cinq fois en France).

Cependant, avant d’en venir là, outre l’allongement de l’âge légal de la retraite (que l’Es­pagne envisage de porter à 67 ans ! mais jusqu’où peut-on aller ?), il y en a une autre, moins douloureuse et plus juste, qui mériterait examen.

L’idée est simple, presque banale. Les progrès de la médecine se traduisent par 15 à 20 an­nées supplémentaires de vie en bonne santé, et donc par une augmentation de la capacité à travailler. Pourquoi ne pas en tirer les conséquences pour le financement des retraites ? Pourquoi ne pas inciter les « se­niors », qui ont bénéficié d’une « aubaine » conjoncturelle ex­ceptionnelle, la possibilité de partir très tôt à la retraite, de revenir sur le marché du travail, tant qu’ils en ont la capacité physique et, bien entendu, s’ils en ont le désir ?

Ces derniers ont, en effet, bénéficié dans le passé de dispositions généreuses adoptées dans un climat d’euphorie économique et démographique tout différent de celui d’aujourd’hui.

Remettre les «seniors» au travail

Ainsi, au moment de la retraite, seul un tiers des salariés sont encore en activité.
Le taux d’emploi des seniors de plus de 60 ans, soit 38 %, est un des plus faibles d’Europe (45 % en moyenne). Il serait maintenant légitime, au nom de la solidarité nationale, de suggérer à ces jeunes retraités de reprendre une activité professionnelle, sous une forme ou sous une autre, et avec des modalités bien entendu adaptées, de façon à contribuer à financer eux-mêmes, ne serait-ce que partiellement, leur pro­pre retraite.

Au demeurant, n’est-il pas un peu choquant de voir des personnes bénéficier d’une retraite pendant 20 ou 25 ans, soit une période d’une durée qui se rapproche de celle de leur vie active (encore davantage pour les agents de la SNCF, d’EDF et de l’Armée) ?
Par ailleurs, il faut bien constater qu’à côté de nombre de retraités qui apprécient de rester inoccupés à un âge encore tendre, beaucoup de seniors, au contraire, ne savent pas quoi faire pour combattre l’ennui du désœuvrement. Le bénévolat à lui seul ne suffit pas.

Les dispositions déjà existantes dans le domaine fiscal devraient donc être précisées, complétées et renforcées de façon à encourager un nombre croissant de « seniors » déjà partis à la retraite à revenir sur le marché du travail. Le volume de la population active, et celui du PIB, s’en trouveraient ainsi fortement augmentés et les charges du financement des retraites allégées d’autant.
Il ne faut pas écraser les juniors sous le poids des « se­niors »…

8 Commentaires sur : Contribution à la question des retraites

  1. Anonyme

    1 mai 2010

    Yves Marie Laulan : "Pourquoi ne pas inciter les « se­niors » (…) de revenir sur le marché du travail, tant qu’ils en ont la capacité physique et, bien entendu, s’ils en ont le désir ?"

     Qué rabia ! qué malheur ! Pourquoi qu’on devient vieux ?
     Mieux qu’on m’aurait levé d’un coup la vue des yeux !
     Ce bras qu’il a gagné des tas de baroufas
     Ce bras, ce bras d’honneur, voilà qu’y fait chouffa !
     Ah ! où qu’il est le temps de quand j’étais costaud ?

    Bon, allez, il y au moins quelque chose de décent parmi ce bon sens un peu naïf que vous offrez, et c’est le verbe : " Inciter". 
    Et ce n’est déjà pas si mal. Bravo. Bien sur, il devra y avoir cumul du salaire avec les retraites… et re-cotisations associées, ce qui allege d’autant le fardeau. Globalement, l’idée, qui n’est pas vraiment nouvelle, est cohérente, et ne se voit en général opposée que le chômage chez les jeunes, djeunes, dzeunes, whatever…

    Best,

    Mancney

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  2. lavandin

    1 mai 2010

    La richesse durable  d’un pays est d’abord son travail. Les autres richesse telles que le patrimoine , les matieres premieres de son sous sol …… sont épuisables . Le financement des retraites doit se fonder sur des ressources durables. Taxer le patrimoine finira par l’épuiser. L’Allemagne a mis en application la TVA sociale. Solution interessante ,sur laquelle le PS avait porté son attention. Mais depuis que l’UMP s’y était interéssé également,  le PS s’y oppose.  C’est le principe de l’opposition (systématique !!)

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  3. scottkiller

    30 avril 2010

    qu il est doux de rever. Toutes vos propositions sont mises en pratique par les gens de tous ages. ds ma famille et mes amis les cas se comptent par dizaine. les personnes qui veulent s en sortir utilisent ces conseils. mais je me marre, ds quelques temps quand il ne restera plus rien a distribuer, seul ceux qui savent se servir de leurs 10 doigts s en sortiront. les trafiquants de nos cites preparent la leur au bled… allez on s en reparle ds 2ans lorsque le pays aura implose !

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  4. IOSA

    30 avril 2010

    Du déjà vu il y a peu de temps sur les 4V.

    Remettre les seniors au travail et pourquoi pas les tuer à la tâche ? Celà aurait le mérite de diminuer le coût des retraites…tout en percevant du fric pour la sécurité sociale via le travail des seniors.

    Et n’oublions pas qu’au passage, les élus pourront s’augmenter leurs revenus, vu qu’il y aura de l’argent en trop.

    En conclusions, cet article ne traite pas vraiment du sujet car il ne propose aucune réelle solution d’avenir sur ce qui va nous arriver à tous…..la vieillesse.

    Du coup, il ne reste pas grand chose d’utile parmis les vieux débris que l’on accuse indirectement de vivre sur le dos des plus jeunes, alors dites le à vos enfants que leurs grands-parents sont des boulets, même si parfois ou souvent, ils vous aident financièrement ( Noël, les fins de mois difficiles, la garde de vos gosses quand vous faites une virée en amoureux, etc etc). 

    IOSA

    ps: l’idée sarkoïste fait des émules parmis les cloches décérébrées…. A quand la loi sur le grand-parent unique ?

     

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  5. ozone

    29 avril 2010

    De plus,les estimations de longévité sont fallacieuses,déja,et ceci est systématiquement omis,les petits salaires vivent statistiquement sept ans de moins que les cadres et autres instits,mais attention,il faut tenir compte du fait que ceux qui arrivent a ces longévités ont réalisé leur carriere a une époque ou leur situation s’améliorer en continu,quelle sera la suite pour ceux qui éxercent dans des conditions inverses,avec un stress croissant,un dopage massif pour "tenir le coup",une santé de plus en plus chére,bref,le modéle américain.

    Pour ceux qui ont regarder l’émission "envoyé special"

    Conclusions?

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  6. ozone

    29 avril 2010

    Les solutions logiques sont connus mais tous ces voyous au pouvoir,aux ordres du systéme économique,les taisent et arrosent les merdias avec leur discour.
    Exemple,on nous les a briser avec les sous a mettre dans l’économie pour maintenir la croissance,donc des milliards a droite a gauche et par les fenétres,a la fin se sont toujours les mémes qui s’en sont mis plein les fouilles,quelle part de ce pognon est tout simplement partie a l’étranger?

    L’argent des retraites se retrouve rapidement dans tous les pores du circuit économique géneral,mais ça faut pas le dire,il vaut mieux le presenter comme une calamité.

    En tous cas,assureurs et compagnie lorgnent sur ce magot,que des politicards se chargeront de leur fournir.

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  7. Lambda

    29 avril 2010

    On peut toujours y réfléchir….
    Concrètement, je ne serais pas contre l’idée de faire quelques heures par semaine. Cela dit, je n’ai aucun problème pour meubler mes journées, je ne me sens pas du tout "oisif", j’ai beaucoup de choses à faire et mes journées passent très vite. Et fort heureusement pour moi, je ne suis pas du tout attiré par le bénévolat, que je trouve avilissant, et je n’ai pas de Ciel à acheter…
    Mais la grosse question, pour moi et probablement pour d’autres, est simple: Qu’est-ce que je pourrais bien faire ? Ma formation de "technicien" correspond-elle encore à quelque chose ? A part  pousser la balayeuse dans une grande surface, ou faire vigile, je ne vois pas trop. Et encore, vigile, je  ne voudrais quand même pas prendre le (rare) boulot des mahometants. Les poubelles ? Un peu dur pour moi… La politique ? Hélas, je ne suis pas assez filou, ni corrompu, ni truand pour ça. Et quand à devenir "édile locale", d’abord, il faudrait que je fusse élu, et ensuite, je ne me vois pas me présentant en parlant à la première personne du pluriel. Bref, je crains que de vouloir remettre les vieux au boulot soit une énorme utopie…
    Au passage, je voudrais aussi dire que ma longévité – toute provisoire, doit fort peu aux médecins. J’ai eu la chance de "pousser" dans un milieu rural encore sain à l’époque (ce qui n’est plus le cas) et ma foi, n’ayant point trop pêché par excès, j’ai une santé à peu près potable, ce qui est loin d’être le cas de nombre de gens de mon âge qui sont toujours partis voir le médecin. Enfin, il faut bien avoir quelqu’un à qui raconter sa vie de temps en temps. Et peut-être ont-ils le tarif dégressif, avec la carte d’abonné au médecin révérend…. J’ajouterais même que j’ai moins vu le médecin dans ma vie que mes petits-enfants, ce qui montre bien l’évolution morbide, le degré de dépendance dans lequel se sont mises de nombreuses personnes aujourd’hui : sous le fallacieux prétexte de se soigner, elles se sont mises en état de dépendance totale face à la mafia médicale. (A ce propos, allez donc lire l’article de Moraïa chez Reichman – Si vous voulez voir plus loin, procurez-vous le livre : la mafia médicale). Enfin, le bon docteur Knock l’a dit il y a un moment déjà : "Tout bien portant est un malade qui s’ignore"…

    Alors, faire travailler les vieux, si il y a possibilités et accords desdites, pourquoi pas ?.. Le travail n’est pas forcément avilissant ni suicidaire pour tout le monde…

    Lambda

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  8. R. Ed.

    29 avril 2010

    Vous êtes encore un p’tit jeune, sans doute.

    Remettre les seniors au boulot ? Vous voulez rire ?

    A quarante ans, se retrouver sans travail est presque une catastrophe, au mieux on vous proposera quelques boulots en CDD

    A cinquante ans, là, c’est une catastrophe, c’est le chomage en attendant la retraite. A titre d’information, en Belgique, à partir de cinquante-cinq ans, on vous retire des listes des demandeurs d’emploi, c’est tout dire …

    En France, bien sûr il y a les huit millions de fonctionnaires et assimilés assurés de leur emploi, donc là, il n’y a pas le problème, sauf que c’est parmi eux que l’on retrouve les départs "anticipés" – à la retraite. Dans le privé, posez donc la question au patron, ce qu’il en pense, des seniors?

    A moins d’être subventionné  et que le senior ne lui coûte rien ou presque, là, il risquerait d’y avoir peut-être une toute petite chance pour qu’il soit embauché.

    Et encore, pour cela, il faudrait qu’il y ait du travail. Il y a déjà des millions de chomeurs en attente.

    Au dos de presque tous les produits manufacturés, il y a écrit " made in china "

    Qu’allez vous faire là contre ?

    Bonne question, n’est-il pas ?

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