Coûteuse et inefficace décentralisation

Coûteuse et inefficace décentralisation

Ce mardi 4 octobre, à Strasbourg, l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande, Emmanuel Macron, a ébauché l’ossature de son programme pour la présidentielle de 2017, devant un petit millier de ses sympathisants.

Pour ce premier meeting, le patron de « En Marche » a choisi de parler des moyens de « revitaliser la démocratie », proposant notamment de « re­donner des compétences au plus près du terrain ».

Faut-il rappeler ici que le processus de décentralisation, me­né au début des années 1980 sous François Mitterrand, avait justement le même objectif, à savoir : rapprocher la prise de décision des citoyens et donc par voie de conséquence consolider la démocratie dans notre pays ? Ce qui, d’ailleurs, était nécessaire.

En effet, le système qui voulait que tout passe par la capitale et que les technocrates des différents ministères prennent les décisions à la place des élus locaux était absurde. Il fallait rendre plus responsables les acteurs locaux. C’est l’idée que reprend aujourd’hui, avec raison, l’ancien ministre en parlant de « miser davantage sur l’autonomie ».
Mais il y a parfois un gouffre entre les objectifs de réforme et ce qui advient. Ce fut justement le cas pour la décentralisation, qui, il faut bien le dire, a mal vieilli, en devenant peu à peu quasi exclusivement administrative.

Plutôt que de mettre en œuvre une véritable démocratie locale, comme cela aurait dû être le cas, on s’est servi de la décentralisation pour transférer les dépenses aux collectivités, afin de soulager l’État.
Résultat des courses : les collectivités locales ont été submergées de compétences, de façon totalement excessive. Et on a laissé se développer un mélange confus et désordonné de rè­glements d’une abondance sans précédent dans les communes, départements et régions.

L’ancien banquier juge qu’aujourd’hui la responsabilité politique a disparu. Il fait le bon constat. En effet, il n’existe au­cune instance qui permette aux citoyens d’exercer un contrôle sur le travail des élus. Et l’État, fidèle à lui-même, reprend d’une main ce qu’il a donné de l’autre. À Paris, les hauts fonctionnaires ont petit à petit revassalisé les élus locaux, aidés notamment par l’accumulation de normes toujours plus strictes.

Et comment voulez-vous que des préfets qui occupent de moins en moins longtemps leur fonction puissent découvrir un territoire, connaître ses élus, ses difficultés ou ses forces ? Ils ne le peuvent évidemment pas ! D’ailleurs, ces préfets ne sont là que pour faire illusion, car, en vérité, ils n’ont que peu de marge de manœuvre.

Voilà la malheureuse conséquence d’une idéologie passéiste, ayant pourtant prouvé ses limites, qui prône le toujours moins d’État !

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(4) Commentaires

  • vozuti Répondre

    macron,encore un pion chargé de ratisser des voix, avant de rejoindre ali juppé.

    17/10/2016 à 12 h 44 min
  • BRENUS Répondre

    La décentralisation en France a surtout permis la créations de baronnies et l’instauration de systèmes clientélistes a outrances. Que ce soit au niveau des régions, départements ou communes. Nombre de petit potentats se sont sentis pousser des ailes et fait en sorte de gonfler leurs effectifs de personnels a outrance., utilisant sans vergogne le clientèlisme, le népotisme . Maintenant ils pleurnichent parce que « papa-état- ne peut plus cracher au bassinet pour couvrir leur pitoyable gestion.

    12/10/2016 à 17 h 29 min
  • Chérel Paul Répondre

    En France on confond décentralisation et déconcentration. On ne décentralise pas des compétences mais des « responsabilités, sans même redistribuer les recettes convenables pour les exerce nii aucun pouvoir de décision. Employer le mot décentralisation est inconvenant. Paul Chérel

    12/10/2016 à 15 h 05 min
    • quinctius cincinnatus Répondre

      nous sommes dans un Etat jacobin donc hyper-centralisé et qui uniformise ; sous l’ Ancien Régime les Provinces, par leur Parlement, possédaient davantage de  » libertés  » et les Gouverneurs veillaient principalement à ce que les décisions prises localement ne soient pas incompatibles avec le Pouvoir Régalien … certaines Provinces étant mieux administrées que d’ autres par exemple le Limousin qui était loin d’ être pourtant la plus riche des Provinces … De nos jours certaines Régions sont ( ou étaient ) elles aussi, mieux administrées que d’ autres par exemple l’ Alsace  » seule  » ou Rhône-Alpes cela dépendant là aussi de la qualité des élites locales ( élites politiques, économiques, culturelles etc … ) et de leur influence sur les citoyens donc in fine de la  » qualité  » de ces derniers ; on en revient toujours à la même problématique : à la lucidité, à la qualité et à l’ honnêteté des  » élites  » locales ou nationales et aux  » exigences  » des citoyens et là il faut bien le constater c’ est un échec de la Démocratie telle qu’ elle est pratiquée c. à d. : démagogique , le rôle et la mission des  » élites  » étant d’ instruire le  » peuple  »

      n.b. : le problème des  » baronnies  » ne se retrouve pas ou peu en Allemagne

      19/10/2016 à 9 h 16 min

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