Défendons le statut d’auto-entrepreneur !

Défendons le statut d’auto-entrepreneur !

Les Français souffrent d’une méconnaissance pathologique envers la « chose économique ».

Pour y remédier, il faut permettre à un plus grand nombre de nos concitoyens de s’y familiariser en leur proposant un accès facile à ce qui est « l’alpha et l’oméga » de l’économie, c’est-à-dire l’entreprise.
Pour cela, il faut leur accorder un essai sans risque, sans con­traintes abusives, et surtout avec possibilité, en cas d’échec, d’un retour en arrière sans dommage irréversible (ça coûte très cher d’arrêter une société).

C’est dans cet esprit que Hervé Novelli, secrétaire d’État dans le gouvernement Fillon, avait proposé le statut d’auto-entrepreneur, avec le succès fulgurant que l’on connaît. Cela correspondait donc bien à une attente des Français !

Ce statut a plusieurs objectifs :

– Vaincre la réticence à la création d’entreprise, parcours du combattant et qui devient « mortel » pour celui qui ne réussit pas du premier coup.

– Donner la possibilité à tout Français, dans un contexte légal, de se faire un complément de revenu.

– Permettre à celui qui a un projet de le démarrer rapidement, sans risque pour son patrimoine, et d’en vérifier la faisabilité. Si c’est le cas, cela lui permet après coup de créer une structure plus adaptée à une évolution de son chiffre d’affaires.

– Éviter, pendant le démarrage de son entreprise, de se voir confronté, avant même le premier euro gagné, à une administration « schizophrène ».
Malheureusement, quelques si­gnes donnent à penser que la pathologique sphère politique cherche à compliquer ce statut dont elle perd le contrôle.

Pourquoi donc M. Sarkozy, qui avait permis cette avancée formidable, va-t-il perdre son âme en parlant, à propos de ce statut, de « caillou dans sa chaussure » ?

C’est une des rares lois que la gauche n’a pas abolie en arrivant au pouvoir. C’est donc bien la preuve qu’elle reste indispensable à notre économie !

Tout le monde s’accorde aujourd’hui pour reconnaître qu’il faut lutter contre les rentes de situation (taxis, coiffeurs et autres métiers protégés). Avec l’abandon du statut d’auto-entrepreneur, on ne ferait qu’en rajouter !

Est-ce par changement de conviction personnelle ? Dans ce cas, M. Sarkozy devrait laisser la gauche prendre ce type de mesure, car je pense que la majorité de ses électeurs (dont je fais partie) ne sont d’accord ni pour sa suppression, ni même pour sa réforme !

Ou est-ce plutôt par calcul électoral, pour faire plaisir aux pourfendeurs de cette loi que sont les chambres des métiers représentant les artisans (vous savez, les premiers à avoir signé les accords relatifs aux 35 heures de Martine Aubry) ?

J’ai d’ailleurs vu à l’œuvre les chambres des métiers, lorsque j’étais moi-même membre du bureau de la CCI, et j’ai vu leur acharnement à torpiller cette loi jusqu’à décourager les postulants à l’auto-entreprenariat qui venaient se renseigner.

Je connais le leitmotiv des artisans sur la « concurrence déloyale ». Certes, cette dernière existe, mais pour une infime partie. Et les artisans ne voient même pas qu’ils se tirent « une balle dans le pied », car, faute de ce passage par l’auto entreprise, ce sont autant de nombreux futurs adhérents qu’ils n’auront pas.

Je voudrais donc poser une question à ces « anti auto-entrepreneurs » : si ce statut est si favorable (je pourrais épiloguer sur ce sujet), pourquoi donc ne l’adoptent-ils pas pour eux-mêmes ?

Peut-être le plus grand danger de ce statut novateur réside-t-il, pour beaucoup de ses adversaires, dans sa capacité à lutter contre le travail « au noir »…

Je précise que, dans ma longue carrière de chef d’entreprise, j’ai été artisan pendant 15 ans, PDG d’une PME pendant 25 ans et, à ce jour en retraite, je suis devenu auto-entrepreneur voici 3 ans. Je pense donc savoir de quoi je parle!

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