Des députés UMP contre les auto-entrepreneurs

Des députés UMP contre les auto-entrepreneurs

J’ai appris par un auto-en­trepreneur que le député UMP de la Manche Guénhaël Huet, avec 28 autres députés, avait déposé une proposition de loi pour limiter le régime de l’auto-entrepreneur à une durée maximum de 18 mois.

L’exposé des motifs parle d’un risque de distorsion de con­currence très mal accepté par les professionnels assujettis à d’autres régimes plus contraignants.

M. Huet n’a probablement jamais été travailleur indépendant et ignore que le régime de la micro-entreprise existe depuis longtemps. La différence provient de la gratuité de l’inscription, du mode de calcul des cotisations et de la possibilité d’opter pour l’impôt sur le revenu forfaitaire. Le paiement se fait uniquement après déclaration du chiffre d’affaires, contrairement au régime des micro-entreprises où les cotisations sont payées d’avance et régularisables.

Quant à la concurrence déloyale, il devrait interroger les entrepreneurs des régimes classiques pour prendre connaissance du pourcentage que représentent les cotisations qu’ils payent par rapport à leur chiffre d’affaires, car c’est sur le chiffre d’affaires que les auto-entrepreneurs cotisent au taux de 12 % pour les activités de vente et de 21,30 % pour les activité de prestation de services. Dans les régimes traditionnels, les cotisations sont calculées (au taux moyen de 38 % à 40 %) après déduction des frais et amortissements donc sur le bénéfice. Je ne suis pas certain que l’avantage soit en faveur des auto-entrepreneurs.

Il faut savoir que beaucoup sont devenus auto-entrepreneurs pour tenter de sortir d’une situation de sous-emploi (temps partiel, chômage, temps de travail limité par les 35 heures ou complément de retraite).

Ces braves députés (UMP…S), bénéficiant presque tous de cumul de mandats, feraient mieux d’écouter le Président pour encourager le travail sous toutes ses formes et rechercher dans les dépenses de l’État celles qu’il faut supprimer pour revenir à des comptes équilibrés.

Autre exemple : la paralysie des ports français par quelques centaines de citoyens qui sabotent l’économie et le travail des sous-traitants des ports mériterait sans doute autant une proposition de loi pour concurrence déloyale par les ports étrangers. Interdire le monopole des dockers CGT serait une bonne proposition de loi pour un député de bord de mer.

Il est strictement impossible de simplifier la vie des entreprises en France. Bien sûr qu’il vaudrait mieux créer 500 entreprises de 1 000 employés que des auto-entreprises qui ne permettent pas à leurs créateur de vivre de leur travail ! Sans parler des tracasseries avec la nouvelle taxe CFE (qui les concerne) en remplacement de la taxe professionnelle…

L’attrait du régime réside uniquement dans la simplicité administrative pour des personnes qui n’en font pas leur activité complète et principale. Le principal handicap économique français, c’est la bureaucratie, la fiscalité entretenue par les élus de tous bords et de toutes institutions.

Gérard Blanchard

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(6) Commentaires

  • sas Répondre

    oui mais l etat et ses ponsifs senateurs ou députés ne s oublient pas eux…..

     

    Régimes spéciaux : Bataille autour de la retraite des anciens élus de Paris !

    Rédigé par J-C Slovar le Samedi 11 Décembre 2010

    " Une réforme des retraites responsable, raisonnable et juste" déclarait Eric Woerth. C’est probablement au nom de cette justice, que le Sénat essaye de maintenir l’exonération d’impôt sur le revenu, des pensions de retraite des élus locaux de Paris … d’avant 1992 !



    sas

    11/12/2010 à 11 h 58 min
  • IOSA Répondre

    Si la droite ump gueule pour supprimer les auto-entrepreneurs, c’est tout simplement parce que celà ne leur permet plus de taper dans la caisse "Credit Gratuit pour les initiés" renflouée par la caisse "Contributions obligatoires et impôts divers & variés".

    Rendez vous compte, les auto-entrepreneurs ne payant pas asser, nos élus doivent revoir à la baisse la valeur de leurs prestations…

    IOSA

    09/12/2010 à 17 h 59 min
  • Anonyme Répondre

    Interessante explication de Daniel. Thanks.

    Mancney

    09/12/2010 à 17 h 19 min
  • RDAE Répondre

    Un site efficace et totalement gratuit pour les auto-entrepreneurs.

    A découvrir et à faire découvrir sans plus attendre.

    http://www.rdae.fr

    09/12/2010 à 9 h 42 min
  • Daniel Répondre

    En fait, être auto entrepreneur , cela consiste à hypothéquer son avenir (dont sa retraite)  dans la majorité des cas. Le raisonnement le plus courant, pour ceux qui le choisissent, c’est "mieux vaut ça que rien". C’est un  système souple qui permet de multiplier ses chances de travailler un peu en travaillant à moindre coùt.  Cela peut permettre de passer un  cap difficile. 
    Et puis effectivement, un peu de travail au black chez un fonctionnaire ou un syndicaliste et un peu de déclaré, ça pousse plus loin.  Cela renforce l’image de voleurs  qu’ont les entrepreneurs aux yeux de tous les mous du genou dont la télé ou la critique sont l’occupation principale. 

    C’est aussi un apprentissage de la liberté d’entreprendre, donc de la liberté personnelle. C’est apprendre à  gérer sa vie, à espérer dans ses choix et non attendre de papa/Etat  qu’il pense à notre place.
    C’est tout bénéfice pour la collectivité qui s’enrichit ainsi d’un travail réalisé, effectif, plutôt que d’assister des individus jusqu’à les rendre idiots,  au détriment de leurs concitoyens qui doivent pédaler de plus en plus vite… pour nourrir les assistés mais surtout les "commerçants", des chasseurs à l’affut  qui ponctionnent largement les fonds destinés aux démunis. C’est ainsi que leur intérêt, c’est de multiplier la pauvreté quitte à la faire venir de l’extérieur.
      Bien sûr, ces autoentrepreneurs échappent aux chant des sirènes des systèmes syndicaux et des politiques socialisantes qui préfèrent le citoyen en laisse.

    08/12/2010 à 22 h 13 min
  • sas Répondre

    C e systeme est a bout de souffle…

     

    Sacem le vend et récolte le magot

    PAS NET / 8 décembre

    "Les revenus dans la musique ont chuté", "il faut pouvoir vivre décemment de son travail". Le patron de la Sacem, qui touche 600 000 euros par an, ne manque pas d’air mais connait la chanson.
    cqfd…..
    SAS
    08/12/2010 à 12 h 52 min

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