Économie et démographie mondiale

Économie et démographie mondiale

Une fois de plus, à l’occasion de l’entretien d’Emmanuel Macron avec Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin, nous constatons qu’un chef d’État évacue l’incidence de la situation planétaire sur celle de son pays.

Et ce ne sont pas ses interlocuteurs, prisonniers de la pensée dominante et trop préoccupés de leur ego médiatique, qui l’auraient entraîné dans l’évocation d’un problème de cette envergure.

De nombreux auditeurs, dont les responsabilités l’exigent ou simplement capables de s’extraire de leur quotidien au moins le temps d’un entretien de ce genre, en seraient pourtant curieux.

À croire que le spectacle que peut constituer une émission à caractère politique et le jeu de ses acteurs valent plus que le sort de l’humanité et celui de millions de citoyens.

Pourtant, c’est là, bien au-delà de l’hexagone, que se situe la cause première, en même temps que la solution de problèmes aux dimensions dorénavant imposées par la mondialisation à tous les mécanismes économiques, financiers et sociaux.

Que cette mondialisation soit accusée, à tort ou à raison, d’avoir été un choix politique des uns ou des autres et d’être à l’origine des maux dont souffre l’économie française comme, à des degrés divers, celle de tous les pays du monde, n’y change rien. La mondialisation est là, résultat d’un progrès inéluctable – auquel chaque être humain a œuvré en tant que consommateur. Elle s’est notamment manifestée en matière d’information et de communication.

Les frontières entre les États sont tombées et continuent de le faire les unes après les autres ; les flux migratoires politiques, ethniques, religieux, climatiques, etc., en attestent quotidiennement, avec toutes les conséquences qui en découlent sur la vie des nations.

C’est par cela que sont bousculés les schémas traditionnels auxquels continuent imper­turbablement de se référer les économistes et ceux qui les écoutent.

Comme si bientôt 10 milliards de Terriens et la déferlante quotidienne de 280 000 êtres humains supplémentaires (soit près de 100 millions par an) étaient une peccadille sans incidence sur les conditions d’existence des pays, non seulement les plus pauvres – dans lesquels elle se manifeste en premier lieu –, mais aussi certains pays riches, où se déverse une part grandissante de ce surplus de population qu’ils ne sont pas préparés à accueillir, d’autant moins qu’ils sont incapables de fournir à ces migrants le travail qu’ils viennent chercher.

Il en va alors comme de l’arbre qui cache la forêt : la dette, le chômage, les croyances obscu­res et archaïques, les égoïsmes identitaires et corporatistes, le sectarisme des uns et des autres, les savants raisonnements et indices au service de leurs seuls inventeurs, masquent l’essentiel.

Cet essentiel est la croissance démesurée d’une population chaque jour plus difficile à nourrir autant qu’à gouverner.

Quand donc un chef d’État en exercice se décidera-t-il à tenir à ses concitoyens ce langage d’adultes, plutôt que de leur promettre d’appliquer à leurs maux des remèdes qui ne peuvent être, dans un tel contexte planétaire, que cautère sur jambe de bois ?

C’est d’autant plus nécessaire que c’est aussi cette démesure mondiale qui est à l’origine des inégalités sociales que tant de bonnes intentions ont combattues au cours des siècles et qui n’ont, pour autant, pas cessé d’augmenter.

Avec ou sans Macron, Bourdin et Plenel, plus le temps passe, plus la population augmente (2 à 7 milliards en un siècle et 11 milliards à l’horizon 2100) et avec elle ses besoins – vitaux comme superflus –, d’où une croissance économique ininterrompue générant toujours plus de profits pour certains, à commencer par les plus riches, par simple effet d’échelle et de proportion, les pauvres se multipliant 6 fois plus que les riches.

Ainsi va un progrès qui a pour effets d’accroître richesse et pauvreté, dans leur relativité, et de développer la pyramide sociale dans ses trois dimensions, notamment sa hauteur – ce qui éloigne toujours plus son sommet de sa base et creuse les écarts qui en résultent, entre les catégories sociales et les individus.

Pendant ce temps, les hommes en restent à leur quotidien surévalué ou à leurs fantasmes égalitaires, et débattent en affichant une compassion dévoyée à l’égard des plus démunis, dont la clientèle ne cesse de croître face à la prospérité de ceux qui prétendent, hypocritement ou sottement, les défendre.

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(3) Commentaires

  • quinctius cincinnatus Répondre

    c ‘ était là un sujet de débat intéressant … qui , comme il fallait s’ y attendre , n’ a pas beaucoup inspiré le lecteur lambda des  » 4 V² « 

    07/05/2018 à 14 h 25 min
  • quinctius cincinnatus Répondre

    on n’ en parle pas [ trop ] pour ne pas effrayer le populo … sait on jamais … quelle pourrait être sa réaction … électorale ?

    tant que vous ne dépassez pas le seuil fatidique des 12 % d’ étrangers la situation est contrôlable par l’ indigène , au delà c’ est … l’ exode

    25/04/2018 à 21 h 04 min
  • HansImSchnoggeLoch Répondre

    La planète Mars sous l’impulsion du fougueux Elon Musk a été déclarée « terre » de colonisation.
    On cherche des volontaires parmi les bientôt 10 milliards de Terrien(ne)s.
    Quand la BFR*) sera prête les premiers colons pourront partir, dixit Elon

    L’aller est garanti, malheureusement on ne sait pas grand chose du retour.
    Y aller équivaudra donc à y rester.
    Celles et ceux qui ont traversé la grande mare sur la Mayflower n’étaient pas mieux loti(e)s.

    *) Big Fucking Rocket

    24/04/2018 à 20 h 01 min

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