Emmanuel Macron peut-il réformer la France?

Emmanuel Macron peut-il réformer la France?

Au risque de faire grincer des dents, je livre ici mon point de vue sur les débuts de l’ère Macron.

Qu’on aime Macron ou qu’on le déteste, nous sommes condamnés à souhaiter qu’il réussisse, car il est notre dernière chance.

Si Macron échoue, la France ne connaîtra pas une transition douce vers une autre politique – menée par Laurent Wauquiez par exemple.

Si Macron échoue, la France connaîtra – peut-être même avant la fin de son mandat – des troubles graves et une situation pré-révolutionnaire.

Les élections présidentielles ont eu lieu. Certes, les programmes des divers candidats étaient très différents, mais tous prévoyaient une forte implication de l’État pour réguler l’économie et le social.

Car la France est paradoxale : les Français attendent tout de l’État, et la classe politique ne parvient pas à comprendre que la morosité et l’agressivité des Français sont dues à l’excessive emprise de l’État sur leur vie, ni que l’interventionnisme étatique est source d’erreurs collectives, d’injustices et d’abus de pouvoir.

La compétition électorale a été, elle aussi, paradoxale.

On annonçait de nouvelles idées, de nouvelles politiques, mais on a surtout repris les vieilles recettes qui nous ont conduits aux difficultés actuelles : augmenter le SMIC, alléger tel impôt et alourdir tel autre (en fonction des clientèles), taxer, subventionner, interdire…

L’analyse politique sur laquelle reposent ces programmes se limite souvent à l’objectif d’égalité réelle de certains économistes comme Thomas Piketty.

Il n’est pas étonnant, dès lors, que des revendications apparaissent dès que la richesse individuelle résulte plus de la redistribution que de l’effort individuel.

L’origine de la crise est culturelle et les difficultés économiques et financières de notre pays en sont la conséquence.
Les revendications présentent systématiquement les progrès sociaux comme le résultat des luttes sociales.

En réalité, ces progrès sociaux sont le résultat du fantastique accroissement des richesses produites, depuis la révolution industrielle du XIXe siècle, entraîné par une énorme amélioration de la productivité.

Certains de nos dirigeants ont bien perçu l’absurdité des normes sociales et techniques imposées à nos paysans, artisans, commerçants, agriculteurs, industriels, professions libérales, etc., mais aucun n’a eu l’esprit de synthèse indispensable pour prendre pleinement conscience de cette nouvelle forme d’oppression, ni le courage de s’y opposer.

Emmanuel Macron sera-t-il celui-là ?

La tâche est ardue. Il s’agit de revenir – enfin – au principe sage mais rigoureux que Frédéric Bastiat énonçait vers 1850 :
« Dans une société efficace, le rôle de l’État n’est pas la satisfaction directe des intérêts de qui que ce soit, mais la réalisation de l’environnement dans lequel les individus et les groupes sont dans les conditions les plus favorables pour se fournir mutuellement de quoi satisfaire leurs besoins respectifs. »

Emmanuel Macron a exprimé l’ambition, non de réformer, mais de transformer la France.

Cela implique une refonte complète de notre fiscalité et de notre système social.

La récente loi travail va dans cette direction.

Un important chantier d’avenir sera le projet de retraites par points – une vraie révolution !
Mais de nombreuses mesures dans le projet de budget 2018 reprennent le vieux système de rustines sur les abcès les plus sensibles.

Le domaine politique continue d’être une activité où le souci principal n’est pas de construire la meilleure société possible, mais d’aller au-devant de ce qu’attendent les uns ou les autres.

La démocratie s’apparente ainsi de plus en plus à la démagogie.

Il est temps de changer d’ère !
Heureusement, le fait d’exonérer de l’ISF les actifs financiers va dans la bonne direction.

Cette orientation était déjà défendue par Maurice Allais (1911-2010, prix Nobel d’économie 1988), dans le cadre d’une refonte complète de notre fiscalité, allant jusqu’à la suppression de l’impôt sur le revenu, ou tout au moins son remplacement par un impôt à taux unique (flat tax).

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Comments (11)

  • PROTTE Répondre

    Qu’il prétende réformer la France par sa présence , sa volonté et son talent parait eu peu présomptueux. Mais l’ esprit de cette réforme est animé par quel schéma directeur, schéma lui- même inspiré par QUI, et dans quel but? Comme s’il était un homme seul qui s’est miraculeusement hissé au pouvoir suprême…..Dans la coulisse, que veut-on de lui?

    20/10/2017 à 17 h 28 min
    • quinctius cincinnatus Répondre

      d’ après vous il y aurait donc une  » grosse  » équipe … hollywoodienne : un scénariste, un producteur ( si possible … correct avec les dames ) , un metteur en scène, un décorateur et même un souffleur dans le cas où; pour ce qui est de la maquilleuse et de l’ habilleuse nous savons, de même que pour le directeur de la photographie et le compositeur de la bande sonore

      23/10/2017 à 19 h 58 min
  • quinctius cincinnatus Répondre

    croire qu’ un seul homme et qui plus est un homme seul peut … à lui seul réformer la France est une utopie

    c’ est demander à un mourant de courir le marathon

    19/10/2017 à 19 h 26 min
  • quinctius cincinnatus Répondre

    ou ! enfin un article qui fait appel à la réflexion dans les  » 4 V²  » !

    cependant je ne pense pas qu’ Emmanuel Macron puisse [ entièrement ] réussir ; la raison ? il a été formaté par l’ E.N.A. et  » reconditionné  » par la Finance Internationale

    si son diagnostic est  » juste  » du moins dans la période et la situation  » contemporaines  » que nous connaissons , la thérapeutique utilisée est elle … aléatoire pour ce qui est de son efficacité * et même délétère pour ce qui concerne  » l’ organisme social « **

    * qui peut affirmer, sans risque, que la mansuétude fiscale sur les revenus les plus hauts. se traduira par une augmentation des investissements  » endogènes  » ? ces gens seraient ils donc si confiants que cela dans l’ avenir de nos institutions et de nos politiques fiscales et économiques ?

    ** frapper une fois de plus au porte-feuille les classes  » moyennes  » conduit à appauvrir ceux qui sont les rouages intermédiaires de toute nouvelle richesse crée

    qu’ entend il par :  » premier de cordée  » ?  » ceux qui réussissent  » ? : les financiers ? les profiteurs ? ou bien les … innovateurs les seuls qui puissent recréer à la fois de la richesse et des emplois ; apprécions cependant son nouveau Ministre de l’ Education : mais le chantier sera de longue haleine avant qu’ on en constate les retombées positives

    Enfin, l’ expérience qu’ il entreprend est aussi un pari qui repose sur le  » capitalisme financier  » … une crise nouvelle de ce dernier, ou même un simple hoquet, et son beau … rêve s’ écroule car ce n’ est qu’ un  » château de cartes … de crédit  » !

    18/10/2017 à 9 h 53 min
    • Raymond Croella Répondre

      Merci pour votre commentaire.
      Je crois que Macron est animé du désir sincère de réformer la France.
      Mais les Français sont devenus drogués de l’intervention de l’état. Et la classe politique leur répond en pratiquant un clientélisme orienté en fonction des votes attendus en retour.
      Les Français se comportent comme « les grenouilles qui demandent un roi. »

      18/10/2017 à 10 h 19 min
  • BRENUS Répondre

    A défaut de changer « d’ère », perspective on ne peu plus improbable, il vaut mieux, pour ceux qui le peuvent, changer « d’air ». Et vivre en respirant ailleurs qu’en France vendue aux invasions. Malheureusement, pour cela il faut un très gros capîtal que la grande majorité ne possède pas.

    17/10/2017 à 17 h 51 min
    • quinctius cincinnatus Répondre

      il est plus simple de changer d’ aire … de jeux

      21/10/2017 à 11 h 56 min
  • TRICOT Répondre

    Je trouve cette analyse pertinente, je ne suis pas non macronien, mais je crois comme vous qu’il serait absurde de souhaiter son échec.

    17/10/2017 à 10 h 11 min
    • Raymond Croella Répondre

      Merci pour votre commentaire.
      Je crois que Macron a le désir sincère de réformer la France.
      Mais le Français sont devenus des drogués de l’intervention de l’état. La classe politique leur répond en pratiquant un clientélisme orienté en fonction des votes attendus en retour.

      18/10/2017 à 10 h 22 min
      • BRENUS Répondre

        Comme disait l’autre : IL N Y A QUE LA FOI QUI SAUVE . Mais on ne sait jamais, sur un malentendu ……

        22/10/2017 à 17 h 10 min
        • quinctius cincinnatus Répondre

          avez vous perdu la Foi ?

          votre remarque sur  » un malentendu  » est subtile, savoureuse et … juste

          bravo

          23/10/2017 à 20 h 02 min

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