Emmanuel Macron et les réformes

Posté le août 29, 2017, 2:48
5 mins

Une fois n’est pas coutume, je vais défendre Emmanuel Macron.
La grande majorité de la presse, après avoir fait tout ce qu’elle pouvait pour promouvoir sa candidature, s’étonne de sa chute rapide et importante dans les sondages.

Élu avec 66 % des bulletins exprimés, il ne serait plus qu’à 36 % d’opinions favorables.

Je ne vois pas ce qu’il y a de surprenant à ça.
D’abord, il n’a réuni les suffrages que d’un peu plus de 20 % des électeurs au premier tour de la présidentielle.

Les ralliés du deuxième tour, auquel 25 % des inscrits n’ont pas participé, ont souvent voté davantage contre Marine le Pen que pour lui, et ne sont certainement pas devenus des « macronistes » fanatiques.

Ajoutez à cela tous les naïfs qui appellent le changement de leurs vœux, à condition que les réformes espérées, dont ils imaginent à peine les contours, ne concernent que le voisin.

Et basculent alors tous ceux qui craignent la refonte du Code du travail et ceux qui appréhendent la baisse du nombre d’emplois publics, alors que, personnellement, ils ne risquent rien.

Ce sont pourtant des chantiers dont l’ouverture est nécessaire.

Tous les pays qui, autour de nous, font mieux que nous s’y sont attelés, certains depuis 15 ans.

Notre Code du travail, lourd de 3 500 pages, est un boulet qui nuit à ceux qu’il prétend protéger.

Les commentaires, qui cherchent à nous convaincre que la réduction du nombre d’emplois publics nuirait au service public, oublient que l’inflation délirante de ces effectifs depuis 20 ans n’a pas apporté de gain à cet égard, malgré l’informatisation des services, et que l’instauration de la semaine de 35 heures a aggravé la situation.

Les Allemands et les Britanniques, chez qui le poids du « public » est très inférieur, ne sont pas sous-administrés.

On peut tailler dans ces effectifs sans réduire le service.

Le million d’emplois aidés coûte cher à la collectivité et a comme principal intérêt de placer les bénéficiaires hors du décompte des chômeurs.

Les chantiers sont immenses, et porter un jugement au bout de trois mois n’est pas sérieux.

Le chômage diminuera quand nos produits et services seront compétitifs ; donc il faut baisser toutes les charges qui pèsent sur les entreprises.
Il diminuera quand nos entrepreneurs, grands et petits, n’auront plus peur d’embaucher ni de débaucher pour s’adapter à la demande ; donc il faut réformer le Code du travail.

Et il diminuera quand notre système de formation sera efficace ; donc il faut revoir tout notre système éducatif (mais ça prendra du temps) et celui de formation professionnelle qui a un ratio coût-efficacité déplorable depuis des décennies (et, là, les résultats seront visibles à court terme).

Quatre chantiers majeurs : baisse des prélèvements fiscaux sur les entreprises, baisse des dépenses de l’État (donc, en particulier, des effectifs de la fonction publique), réforme du Code du travail, réforme de la politique de formation.

Si M. Macron s’attaque à tout ça, sans demi-mesure, il y a peut-être un espoir – à moyen terme. Nous verrons.

Je ne m’associerai donc pas, pour l’instant, aux lamentations des pleureuses.

J’espère que le président va négliger les sondages négatifs qui ne sont que l’addition de soucis corporatifs divergents.

Il faut, si nécessaire, accepter l’affrontement. Sinon, il n’y a aucun espoir d’en sortir un jour.

Mais il reste une béance majeure dans la politique de ce président. Il s’inquiète du réglage des voiles d’un navire qui est en train de couler car ses fonds sont envahis par la marée immigrationniste islamique. Mais, de cela, il ne s’inquiète pas.

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5 réponses à l'article : Emmanuel Macron et les réformes

  1. BRENUS

    31 août 2017

    Macron ou pas, le redressement réel de la France n’est pas pour demain. Même si, entre temps (ou plutot en même temps pour faire plaisir à jupiter) ce dernier saigne a mort les “retraités riches à 1300 euros/mois” – 1/5° de ses frais de maquillage pour trois mois- Vous l’avez entendu dire quelque chose sur cette situation honteuse qui consiste a accorder une retraite supérieure à celle de paysans français ayant travaillé toute leur vie à des exogènes n’ayant jamais cotisé mais vivant en France (comment) durant 5 ans! Macron fait la danse du ventre devant les “jeunes” leur laissant entendre qu’ils sont pauvres à 20 ans du fait des retraités ayant mis toute une vie à se payer leur logement en travaillant 40 44 heures par semaines, avec 2 à 3 semaines de congés, pas rtt et autres joyeusetés, etc… Et qui a payé les études supérieures gratos de ces innombrables diplomés d’universités ou grandes écoles. ( Je ne parle pas des HEC , ESSEC etc… dans lesquelles il cracher au bassinet) Aux US ou GB ils auraient du prendre des emprunts sur 20 ans ou plus. Mais ça fait bien de lècher du jeune – et même du djeun, pourquoi pas. Pas un mot non plus sur les retraites honteuses des régimes spéciaux (trop dangereux). Ni de l’arrosage tous azimuts d’assos parasitaires. Nous pourrions en rajouter des pages aussi nombreuses que celles de’ son interminable note au Point. Sans tenter de nous pousser du col comme il le fait en farcissant ça et là son discours de références supposées culturelles dont nous n’avons rien à foutre. Ni de sa philosophie de bazar à un niveau tellement élevé qu’elle ne lui a pas permis de passer la porte de la rue d’Ulm, malgré 2 tentatives infructueuses.

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  2. Roban

    29 août 2017

    Même si Macron a commis beaucoup d’erreurs, il n’a pas tout faux.

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    • quinctius cincinnatus

      31 août 2017

      et même s’ il a tout faux, il n’ a pas commis d’ erreurs ?

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  3. quinctius cincinnatus

    29 août 2017

    un article enfin lucide dans les ” 4V² ” ; merci à son auteur

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    • BRENUS

      2 septembre 2017

      “UN ARTICLE LUCIDE”, peut être. Mais irréaliste, surement. Comment faire confiance à un type comme Macron qui, à chaque occasion, dénigre son pays et ses citoyens à l’étranger. Il a beau tenter de jouer chaque fois un nouveau personnage, ce comédien : il restera ce qu’il est foncièrement : un “pas fini”. Dernièrement, après le regard balayant en recherche d’admiration, ce sont les yeux légèrement froncès et voulant porter au loin. Tout a fait la posture du faiseur en quête d’admiration. Avec un lèche cul comme BRP, de ce coté il est servi.

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