Europacity et la capitulation d’Emmanuel Macron

Posté le novembre 12, 2019, 10:22
4 mins

Le président de la République a finalement choisi de renoncer au projet Europacity.

Comme parlementaire du Val-d’Oise, département directement concerné par ce grand projet, je le regrette vivement.

Je déplore en particulier la légèreté avec laquelle ont été traités des investissements aussi importants – et, par ricochet, les emplois et les entreprises de notre territoire.

L’argument pseudo-écologique qui a été avancé par les opposants ne tient pas la route : il s’agissait de terrains proches de l’aéroport de Roissy et donc largement impropres à la culture.

Quant à l’argument spécifique de M. Macron dénonçant un «projet daté», il est proprement sidérant.

D’une part, ce n’est pas, que je sache, à l’État de juger de la pertinence d’un investissement, mais précisément aux investisseurs: M.Macron pense-t-il vraiment que des investisseurs auraient mis plus de 3 milliards d’euros sur la table juste pour le plaisir de se voir attribuer une note «vintage»?

D’autre part, et surtout, cet «argument» pourra servir pour stopper n’importe quel investissement, dans n’importe quelle situation.

Je ne suis donc pas seulement triste pour mon département.

Je suis catastrophé par le signal désastreux qu’envoie l’ancien ministre de l’Économie de M. Hollande : en bon technocrate socialiste, M.Macron prétend savoir mieux que les acteurs locaux et que les investisseurs internationaux ce qui est bon pour eux et son dirigisme ruine les entreprises et détruit les emplois.

Quand on pense que certains, à l’extrême gauche, le qualifient «d’ultra-libéral», et imaginent qu’il mène une politique économique de droite!

La réalité, c’est que M. Macron, comme son glorieux mentor, M.Hollande, est un social-démocrate, méfiant devant l’investissement privé et réticent à établir un climat de confiance et de stabilité juridique dans lequel les entreprises pourraient investir et se développer.

Il est certain que le message envoyé, à la veille d’une réforme des retraites pour laquelle le président affirmait récemment qu’il n’aurait «aucune forme de faiblesse ou de complaisance», aura été reçu 5 sur 5 par les lobbies du blocage et de l’extrême gauche: le président a montré qu’il était prêt à céder sous la pression de la gauche radicale, ce qui tue sa réforme des retraites avant même qu’elle soit annoncée.

La décision de stopper le projet Europacity est donc une mauvaise nouvelle pour les territoires, les entreprises et les hommes autour de Roissy, à commencer par mon département du Val-d’Oise.

Mais c’est aussi une très mauvaise nouvelle pour la France et pour les réformes économiques dont notre pays a urgemment besoin.

On cherchait précédemment quelles pouvaient bien être les réformes économiques significatives de ce quinquennat; on sait maintenant qu’il n’y en aura aucune.

Sébastien Meurant

4 réponses à l'article : Europacity et la capitulation d’Emmanuel Macron

  1. François

    12/11/2019

    Les français ne veulent plus de ces grands projets inutiles qui défigurent notre pays. Ces temples de la consommation ne servent qu’à rendre les gens malheureux de ne pouvoir se payer tout ce qu’ils voient dans les vitrines et les publicités. Tous ces objets superflus qui deviendront des déchets avant même d’être usés, y pensez-vous ? Au moins ils ne seront pas produits, ni acheminés à travers la planète ! Combien de petits et moyens commerces vont pouvoir survivre grâce à cette sage décision ? Encouragez les gens des votre territoire à se prendre en main plutôt que de compter sur les gigapromoteurs pour dynamiser votre région, car partout où ils passent, il ne génèrent que précarité , misère, exploitation et burn-outs !

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    • quinctius cincinnatus

      13/11/2019

      bravo et merci

      j’ espère que votre contribution permettra aux 4 Vérités d’ avoir un peu plus de discernement moral et ne pas se faire la … caisse ( sic ) de résonnance d’ un consumérisme d’ inutilités

      les Sébastien Meurant sont à éliminer définitivement de notre paysage citoyen

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  2. OMER DOUILLE

    12/11/2019

    L’auteur passe sous silence l’origine des fonds des « investisseurs » – en partie chinois- , naturellement motivés seulement par le bien être des habitants et les soit disant 10000 emplois qu’aurait généré cette merveille d’aménagement. Je connais le coin et y ai un filleul : c’est loin d’être le paradis, mais proposer un gros circus à la place…… Sur que pour un élu qui ne vise qu’à se valoriser, ce refus est un peu dur à passer. Mais le bétonnage a outrance en IDF, il y en a mare. D’autant que dans ce secteur vous avez déjà nombre d’immenses zones commerciales. Sans être un écolo forcené, je demande à cet élu : plantez tout cela en foret (et pas quelques arbres riquiquis au milieu du béton, servant uniquement de faire valoir au milieu de la destruction de la nature)

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  3. quinctius cincinnatus

    12/11/2019

    tiens pour une fois que le  » pouvoir  » macronien prend une décision dictée par la Raison , la Droâte la plus bête du Monde trouve à redire sur l’ abandon d’ un problème d’  » aménagement  » ( sic ) du  » territoire  » complètement dépassé , comme elle prend position pour la privatisation des aéroports de Roissy

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