Faire des finances et des banques les boucs émissaires de la crise n’est pas seulement une erreur, c’est une faute

Posté le novembre 15, 2010, 12:00
6 mins

En octobre, trois affaires ont fait la Une des médias.

  • L’affaire Kerviel, qui a vu le trader condamné à payer 4, 9 milliards d’euros à la Société Générale, a fait le bonheur des humoristes, car évidemment il n’est pas crédible d’imaginer qu’un tel krach ait pu se produire sans que l’entourage de Kerviel n’ait été alerté.

  • Beaucoup plus grave : la faillite de Lehmann Brother, qui fut le déclencheur de la crise, certes causée par l’incompétence de ses dirigeants.

  • Enfin, la rémunération des traders, qui fait scandale à juste titre.

Mais il faut garder raison, car ce sont quelques arbres qui cachent la forêt.

Certes, l’informatique et ses capacités ont progressé avec une telle vitesse que, la technique s’ajoutant à la mondialisation des échanges, une partie de la finance a pensé qu’elle pouvait jouer à une roulette où tous les numéros étaient gagnants.

Ces affaires sont spectaculaires, choquantes, médiatiques, mais nous n’avons à faire qu’à l’écume des causes de la crise structurelle que nous traversons. La banque n’est pas la raison première de la crise, mais l’outil utilisé pour des politiques économiques engagées pour le meilleur et pour le pire.

Ce ne sont pas les banques qui se sont lancées dans des promotions immobilières insensées en faisant croire aux clients que la valeur de leur logement ne pouvait que croître, ce ne sont pas les banques qui sont à la base d’une publicité obsessionnelle poussant à la consommation à tout prix et à crédit. Mais là encore, le crédit était l’outil demandé par le marketing commercial.

Un vrai défi : réinvestir dans la production

Revoyons l’exemple de l’immobilier espagnol, qui a construit autant que la France et l’Allemagne réunis et se trouve maintenant avec un million de logements vides. Même drame aux USA, où les saisies immobilières frisent les 100 000 mensuelles. Dans les deux cas, les banques furent des outils – des outils consentants, certes, mais non des initiateurs.

Elles ont suivi aussi le mouvement effréné de la consommation. 70 % du PIB américain est fait de consommation. Quel est le pourcentage qui peut être supprimé sans mettre en cause le niveau de vie ? C’est la question que se posent tous les Occidentaux.

Les banques ont compris les leçons de la crise et redonnent la priorité au financement des entreprises et des particuliers s’impliquant dans l’immobilier raisonnable.

La bonne santé relative des établissements financiers, due à la faiblesse historique des taux d’intérêt, suscite la tentation d’Etats désargentés qui imaginent des ponctions diverses pour boucher leurs budgets exsangues. Ce serait une erreur, car la situation tant macroéconomique que géopolitique incertaine réclame un système bancaire solide, apte à répondre aux vrais besoins des entreprises et des particuliers.

La France, quant à elle, se trouve devant une vraie priorité : reconstituer une industrie déclinante. On ne peut continuer à vivre avec un déficit commercial de 40 milliards d’euros. Réinvestir dans la production : voilà un vrai défi pour nos entrepreneurs et pour nos banques.

Admettez-le, Messieurs les politiques : pour retrouver une France prospère et des Français confiants, il faut produire de la richesse, demander aux banques d’y contribuer, puis, ensuite, répartir cette richesse de façon à la fois équitable et efficace.

Un rêve direz vous ? Non, une espérance.

Hubert Beaufort,

Avec l’aimable autorisation de Radio Notre-Dame

6 réponses à l'article : Faire des finances et des banques les boucs émissaires de la crise n’est pas seulement une erreur, c’est une faute

  1. IOSA

    17 novembre 2010

    Il était une fois…..bla bla bla !

    L’Etat te nique depuis des lustres !

    Les banques aussi !

    La preuve…..l’obligation d’avoir un compte en banque pour recevoir ton salaire !!!

    Céty pas vrai cousin Hubert ?

    IOSA

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  2. ozone

    16 novembre 2010

    Bof,les banques passaient par là,,,,!!!

    Pas fait exprés,seulement ça s’est mis a spéculer avec le pognon des dépots,pas grave…..

    En fait elles ont monté une veritable usine a gaz financiére,toute une industrie virtuelle plus vraie que nature.

    Et sans risques,si cela foire se sera au client contribuable de casquer.

    Is a wonderfull world

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  3. IOSA

    15 novembre 2010

    Hé !!! Cousin Hubert (remake des visiteurs) Faudrait pas que sa seigneurie nous prenne pour jaqcouilles !!!!

    Beau et très beau discours de [email protected]….. Et en plus ce n’est pas de la clairvoyance, juste regarder dehors pour comprendre….à la portée de tout le monde, même des pauvres !

    IOSA

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  4. FIGAROCB

    15 novembre 2010

    En d’autres termes, c’est bien bien le système politique de l’ETAT PROVIDENCE qui veut se mêler de tout et qui ne réussit à rien qui est clairement dénoncé : conclusion, il faut adopter le système libéral, dans ce dernier cas, les” subprimes “n’auraient pas existé puisque c’est sur intervention étatique que ces derniers sont apparus ! Les banques doivent leur travail, il convient de prêter qu’aux personnes physiques ou morales ayant la capacité de rembourser sans se préoccuper de la valeur de la garantie

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  5. jump

    15 novembre 2010

    pas d’accord , ce sont les banques avides qui sont responsables: pourquoi poussent elles au surendettement des ménages avec des taux consommation à près de 20% : par philantropie ?

    Qui promet constamment opérations spéculatives sur Forex, warrants sur matières premières alimentaires ? Ce ne sont pas les politiques, même si je doute qu’ils fassent passer l’intérêt général avant leur intérêt personnel…Qui créent tous ces produits dérivés??. Evidemment les politiques  pourraient interdire ce type de transactions et les taux abusifs de ces crédits consommation: Un grand progrès : la mention type " un crédit doit être remboursé " !! 

     

     

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  6. sdz

    15 novembre 2010

    J’ y verrais deux conditions préalables:

    -le remplacement de nos "élites" qui ont failli depuis 35 ans, leur représentativité constituant le problème majeur auquel nous sommes confrontés…

    -à défaut d’ une nationalisation des banques, leur prise de contrôle par l’Etat ne serait-ce que pour le risque systémique qu’elles représentent aujourd’hui …

    J’ ajoute que le secteur énergérique au sens large est un des rares secteurs sur lequel l’Etat peut peser fortement sans trop de dommage, la prise de risque liée aux investissements étant bien moindre face à toute forme de dépendance énergétique sur le long terme. Ce que fait la RT 2012 pour l’immobilier neuf par exemple…mais il manque un développement véritable pour les énergies alternatives aux produits fossiles, le secteur des transports (notre industrie automobile part à la dérive-1er secteur industriel), l’alimentation (développement de filières courtes). C’est dans le programme de l’IRC en tout cas (cf blog).

    http://www.la-france-contre-la-crise.over-blog.com

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