Flambée du cours du pétrole

Posté le septembre 18, 2004, 12:00
6 mins

Le cours du pétrole, qui a progressé depuis de début de l’année de 30 %, approche de 50 dollars le baril. Il avait atteint 70 dollars le baril en 1979, puis s’était stabilisé après 1985 aux environ de 20 dollars, un certain équilibre s’étant institué jusqu’en 1999 entre l’offre et la demande.
Comme la France ne produit pas de pétrole, toute augmentation de son cours réduit notre pouvoir d’achat : les Français payent par exemple leur essence plus cher. Par contre les pays producteurs de pétrole se frottent les mains : les pétrodollars inondent l’Arabie Saoudite qui peut ainsi acheter ce qu’elle désire dans le reste du monde.
Avant tout, le prix du pétrole, comme le prix de toute matière première, dépend d’une loi économique incontournable : la loi de l’offre et de la demande. Quand l’offre a tendance à être supérieure à la demande, les cours baissent et les producteurs ont tendance à cesser leur production. Quand la demande devient supérieure à l’offre, les cours montent et le nombre des acheteurs diminue. Ces variations de prix sont d’excellents indicateurs pour producteurs et consommateurs.
Actuellement, la demande globale de pétrole augmente dans le monde. Depuis 20 ans, la consommation de Pétrole a augmenté de 16 % aux USA, de 192 % en Chine et de 306 % en Corée du Sud. Cette augmentation de la demande pèse certainement sur les prix, mais elle n’est pas une obligation. La France a, par exemple, réduit sa consommation de pétrole de 12 % pendant cette même période, en développant l’énergie d’origine atomique.
Pour l’instant, l’offre suit la demande sans difficulté. Mais pour découvrir et exploiter de nouvelles réserves, il faut forer des puits de plus en plus profonds, donc de plus en plus coûteux à exploiter. Les coûts de production et d’exploitation montent.
Enfin, le pétrole n’est pas une énergie renouvelable. Ses réserves vont nécessairement s’épuiser un jour. Certains catastrophistes nous avaient annoncés en 1973 que nous n’aurions plus de pétrole en l’an 2000. Ils préconisaient alors la croissance zéro. D’autres nous annoncent aujourd’hui que nous allons rapidement tomber en panne sèche et nous poussent à circuler à bicyclette. Ils ne parlent plus de croissance zéro, ils parlent de développement durable.
Si tous les pays développés ou en développement suivaient l’exemple de la France, le prix du pétrole baisserait et son impact sur l’effet de serre diminuerait. À plus long terme, quand on saura utiliser la fusion de l’atome pour produire de l’énergie, la demande de pétrole va chuter et ses cours vont s’effondrer. La fusion nucléaire est en effet une source d’énergie abondante, non polluante et renouvelable…
Mais, en dehors des réalités économiques incontournables, structurelles, il y a aussi les réalités politiques, conjoncturelles. Elles modifient provisoirement le cours du pétrole. Quand l’OPEP, regroupant à l’époque plus de la moitié des producteurs, décide de réduire sa production, les prix flambent. Quand Israël entre en guerre contre l’Égypte, l’Irak contre l’Iran, quand l’Irak envahit le Koweït ou les USA l’Irak, quand les grèves paralysent la production de pétrole au Venezuela, il pèse sur l’offre de pétrole des incertitudes inquiétantes. Les Marchés anticipent, c’est-à-dire prévoient la diminution de l’offre. Les prix montent. Puis quand le calme semble revenir, les prix baissent à nouveau.
En attendant que les actions politiques cessent de perturber le cours du pétrole, la croissance va se ralentir un peu en France ou en Chine, elle va s’accélérer en Arabie Saoudite. Le malheur des uns fait le bonheur des autres.

Propositions parlementaires

Augustin Bonrepaux, 68 ans, député socialiste de l’Ariège, propose que la taxe professionnelle soit désormais plafonnée par rapport à la valeur ajoutée.
Bernard Deflesselles, 50 ans, député UMP des Bouches-du-Rhône, propose de rendre obligatoire le tri des déchets organiques pour les restaurants collectifs servant plus de 500 couverts.
Christian Estrosi, 49 ans, député UMP des Alpes-Maritimes, propose de renforcer les sanctions pénales pour meurtre d’un mineur accompagné d’un viol, de tortures ou d’acte de barbarie. Les personnes condamnées à la réclusion criminelle à perpétuité ne pourraient plus bénéficier d’un aménagement de leur peine.
Yves Jego, 43 ans, député UMP de Seine-et-Marne, propose d’interdire purement et simplement l’usage des sacs en plastique d’ici au 1er janvier 2010.

Une réponse à l'article : Flambée du cours du pétrole

  1. Florent

    24/11/2004

    Le cours du petrole grimpe, le dollar baisse, alors subissons nous reellement un choc au niveau des prix en Europe et plu particluierement en France? la hausse du baril, la baisse du dollar n’equilibre t’il pas plus ou moins la hasse du petrole. Ou en serions nous si le dollar etait egal à l’euro, puisque l’on ne cesse de hurler sur la baisse du dollar de mr bush. Merci de vos eventuelles reponses sur ce sujet. Florent

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