Fusion Suez-GDF et absence de capitalisme français

Posté le juin 20, 2006, 12:00
3 mins

Fusion Suez-GDF et absence de capitalisme français Décidément, dès que les politiques français s’intéressent à l’économie, cela tourne au psychodrame ! Le cas de la fusion Suez-GDF en est une nouvelle illustration. Cette fusion avait été suggérée voici déjà plusieurs mois pour contrer une probable OPA hostile du groupe italien Enel sur Suez. Depuis, il est à supposer que les négociations se sont poursuivies en coulisses ; toujours est-il qu’elles sont réapparues sur la scène publique la semaine dernière, avec une énième annonce martiale, sur fond de patriotisme économique, par Dominique de Villepin.

Les opposants au Premier ministre, au sein de l’UMP – et ils sont nombreux ! –, ont eu beau jeu de faire valoir qu’on ne les avait pas consultés et qu’on allait droit à l’affrontement syndical. Bref, qu’il était urgent de ne rien faire… Tout serait comique dans ce dossier, si ce n’était la tragique illustration d’une absence totale d’un capitalisme français. Il faut clairement souligner que les OPA sont une chose parfaitement normale dans la vie des entreprises. Pour s’opposer à une OPA hostile, Suez aurait mieux fait de chercher des alliés entrepreneurs plutôt que GDF. Mais, pour Gérard Mestrallet, GDF est une solution de facilité : son groupe étant très étroite étroitement lié avec la puissance publique (du fait de ses métiers de traitement des déchets et de l’eau), il a préféré utiliser ses leviers institutionnels.

Autre faiblesse du capitalisme français : la plupart de ses grands groupes vivent pour l’essentiel de la commande publique, sont gérés par des ex-hauts fonctionnaires, sont, en un mot, des pseudopodes de l’administration. En outre, l’imbrication entre monde administratif et politique d’une part, et monde économique d’autre part, conduit à une faiblesse radicale dans les négociations avec les syndicats ou dans les négociations parlementaires. Là encore, la fusion Suez-GDF est un cas d’école. Passons sur le peu de respect que l’État professe pour sa propre législation: moins de trois ans après légiféré sur GDF, il s’apprête sans état d’âme à revenir sur son engagement de rester à hauteur de 70 % dans le capital. Cet engagement, en lui même contestable, étant bafoué, la parole de l’État perdra encore un peu de crédit… Mais, surtout, une simple décision capitalistique nécessitant l’approbation de la majorité parlementaire, on devine sans peine que les sarkozystes veulent faire chanter Villepin. Ajoutons à cela la pression syndicale (toujours sous les superbes atours du service public) et tous les éléments d’un scénario catastrophe seront en place…

8 réponses à l'article : Fusion Suez-GDF et absence de capitalisme français

  1. Emmanuel Pointu

    10/08/2006

    L’économie parallèle en Russie, y a t on pensé ? prenons le cas de l’OPA d’ENEL sur SUEZ ,….. s’est-on posé la question de savoir d’ou pouvaient parvenir les moyens nécessaires à une telle opération quand on sait que l’Italie a une force économique sensiblement analogue à la notre …? mais il n’y a pas de fumée sans feu !! SUEZ pèse lourd en bourse ,….. pour qu’ENEL se permette d’attaquer SUEZ de la sorte , il faut bien avoir les moyens nécessaires ….. A-t-on pensé au profit de la mafia russe ? que deviennent ils ? on pourra toujours dire que c’est du délire de ma part !!!! mais apres tout ne serait-il pas possible , pour la mafia russe de blanchir leur argent sale par le biais de sociétés , au nom de paille , basé au lichtenstein ou au luxembourg et peut etre ailleurs …. il n’est pas difficile de comprendre que les profits financiers réalisés par de telles opérations leurs reviendraient de plein droit,… mais que feraient-ils de ses moyens financiers colossaux ? faire du social ? surement pas …. de la solidarité ? surement pas … renflouer notre sécurité sociale ?surement pas … notre système d’éducation ? surement pas … apprendre à tuer à nos enfants? … à diller dans la rue?….. à monter des réseaux de prostitutions …. raquetter nos PME et PMI …… c’est à cela qu’on pourrait s’attendre …. il est urgent de prendre conscience du bien fait du capitalisme démocratique , ne tombons pas dans le laxisme , il vaut mieux penser dès maintenant à conforter ce qu’il y a de mieux pour notre économie et faire barrière à un scénario catastrophe de cette envergure .

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  2. Emmanuel Pointu

    03/08/2006

    Avant de s’accaparer de tout le travail de « sappe » de monsieur Gérard Mestrallet et ses collaborateurs , il faudrait penser à notre souveraineté nationale dans le domaine énergétique , en effet , Suez a su developper la stratégie ces 10 dernières années , j’en veux pour preuve , la fusion avec électrabel , producteur d’électricité en Belgique . Autant que les choses ne bougent pas car dans ce domaine , le groupe Suez a son savoir faire , en effet , avant que la France ressemble à un gigantesque théatre de marionnettes dont les fils seraient tirés de l’extérieur de l’exagone sans qu’on ne puisse prendre une seule décision sur nos propres orientations commerciales et stratégiques , pensons bien à garder ce qui existe dans l’état et ne jouons pas trop avec le feu car il est fondamental dans ce pays de préserver notre économie de marché pour des raisons économiques et sociales évidentes . Certes dans ce que vous décrivez dans ce texte , il ne s’agit pas de remettre en cause le capitalisme , il s’agit simplement de modifier la répartition des actionnaires à des fins électoralistes , en effet la fusion GDF-Suez n’aurait que pour effet de conforter l’essort économique de Suez . Ce que vous décriez actuellement serait peut etre repris dans 2 ans ! NON vraiment pas , ne cherchons pas à déstabiliser par des manoeuvres électoralistes pour des querelles politiques au plus haut niveau de l’état ,dans l’interet général. N’oublions jamais que le CAPITALISME nous a valut 61 ans de paix en Europe et nous a permis d’avoir les recettes nécessaires au bien fondé de notre démocratie .

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  3. angelaume

    23/06/2006

    Bonjour, On dirait que vous découvrez comment le monde fonctionne !! Vous croyez franchement qu’il existe encore un capitalisme « propre » et conforme à votre culture livresque ? Alors je vous l’apprends, Tout le monde sans exception protège ses industries dites sensibles et en premier lieu les E.U. champion de l’interventionnisme économique, et Tout le monde magouille, triche, ment, survit…. Mais si je vous assure !! Et c’est valable pour tous les quidams de base que nous sommes, qu’il soit nain, patron, de gauche, aimant les babas aux rhums ou myopathes. Au fait, si vous croyez encore que les grands groupes Français vendent à l’étranger grace uniquement au jeu de l’offre et de la demande, l’heure est grave… Slts

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  4. Ado

    23/06/2006

    Bon : -Aux derniére nouvelles, les actionnaires de Suez, qui décident, eux, et pas le gouvernment, ne veulent pas DU TOUT se coltiner le boulet GDF. Donc il y a de forte chance que ce projet mirifique tombe à l’eau. -L’économie mixte française manque de capitaux (curieux, hein ? Peut être un vague rapport avec les discriminations dont sont victimes les « riches », allez savoir..), et faire du capitalisme sans capitaux, bein ca fait rire le monde entier..

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  5. sas

    22/06/2006

    Dans un cas c’est un monopole d’etat de fonctionnaires maçons qui profitent(via la soustraitance privé initiée)….dans l’autre c’est un grouppe privé maçon qui profite encore….pas cons les frères…. idem VEOLIA/VINCI…..alstom etc,etc et quand c’est la banqueroute et la faillite…on en appelle aux finances publiques et autres subventions royales et abyssales… sas nb)si le webmasteur censure encore un de mes textes…je vous laisse entre vous ….vu le commissaire politique.

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  6. aucune importance

    21/06/2006

    Il n’y a qu’un fait vraiment consternant c’est d’entendre toujours les mêmes mensonges . Je suis partisan de privatiser , mais avec plusieurs sociétés indépendantes sur un même secteur industriel(ou autre).Pour GDF ce n’est pas une privatisation .C’est un HOLD UP qui permet à un groupe financier de monopoliser par un semblant de légalité un secteur entier de l’économie .On SUPPRIME le Monopole de l’Etat pour le remettre au GROUPE SUEZ qui exploitera tout ce secteur en exclusivité.Tout le reste n’est que balivernes ET POUDRE AUX YEUX,PUISQU’IL y a un nouveau monopole.Encore une fois l’ETAT est replacé par SUEZ .Ce qui est surprenant aussi c’est que le PERE de M.DE VILLEPIN a fait partie de la direction de PONT à MOUSSON ; OR JE CROIS SAVOIR,COMME TOUT UN CHACUN qu’il existerait un même groupe financier ou des intérêts communs :SAINT-GOBAIN=PONT à MOUSSON=BANQUE DE SUEZ=INDO-SUEZ(en partie ancienne BANQUE DE l’indochine/Trafic des piastres)=LAPEYRE etc.. Cette coincidence me trouble et ceux qui savent cela comme moi doivent l’être aussi. Ce qui est curieux c’est que dans les médias on ne s’en occupe pas .Quand à s’imaginer que SUEZ, le magicien,va baisser les coûts au consommateur c’est à mourir de rire ,je crois….. A l’occasion si vous pouviez me détromper ,merci .

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  7. Jean-Claude Thialet

    21/06/2006

    L’imbroglio GDF/SUEZ montre l’incohérence tant des politiciens (de droite comme de gauche)qui, soit parce qu’ils sont incompétents, soit parce que, à la première alerte, ils ont peur des réactions sinon de l’opinion publique, du moins des syndicats dont la force de nuisance est inversement proporptionnelle à l’importance de leurs troupes. Faut-il rappeler, outre – certes – une certaine faiblesse des capitaux français, comme de l’insuffisance des fonds de pensions (1), ma provatisation de GDF est inscrite dans les traités signés par des gouvernements aussi bien de gauche ? Tout comme elle l’est dans les faits. Et que, parce qu’il ne sait pas comment opérer cette privatisation obligatoire autant que nécessaire (que dire de celle d’EDF ?, le Gouvernement avait sans doute cru saisir une opportunité avec cette fusion GDF/SUEZ qu’il justifiait pour des raisons « tricolores » auxquelles d’ailleurs avait applaudi une majorité de Français ! Ce qui est affligeant, c’est la reculade des députés de la majorité qui, il y a peu encore (comme ils l’avaient fait pour le CPE) avaient, eux aussi, applaudi la nouvelle de ce mariage. Et qui, au premier scrogneugneu appuyé de la gauche et de Bernard Thibault, décident aujourd’hui de le remettre en question. Sans même s’interroger pour savoir si cette union pourrait être bénéfique pour les deux parties. N’ayant en vue que leur prochaine réélection ! Ce qu’ont su faire apparemment aussi bien un François Chérèque que le patron de la CGT chez … Suez ! Sans doute parce qu’ils sont conscients des réalités du « marché » et particulièrement de la concurrence internationale dans laquelle les ont plongé les gens qui nous gouvernent. Une concurrence qui, parce qu’elle n’a pas été préparée – notamment par des mesures d’allègement des charges, particulièrement salariales et sociales; qui « plombent » et fragilisent nos entreprises – est en train de grignoeter, ou de couler, tout ce qui est « made in France ». Quant aux syndicalistes de GDF qui, en nombre restreint, ont manifesté hier contre la fusion de GDF avec Suez, il est permis de supposer qu’ils n’ont pensé qu’à défendre leurs privilèges, ceux accordés généreusement par les Entreprises publiques sans souci de rentabuilité, sans même souci de justification (2). Il est temps de voir que les princes qui nous gouvernent sont soit des lâches, soit des fossoyeurs. Ce qui ne les empêche pas de continer à plastronner devant les micros et caméras. Il est temps aussi de m’arrêter. Jean-Claude Thialet (1) les petits épargnants français, et cela date sans doute des emprunts russes, sont devenus méfiants en matière d’actionnarat; D’autant que, régulièrement, pas seulement avec l’affaire EADS ou le Tnnel sous la Manche, ils ont sans cese l’impression d’être floués. Quand, parce qu’ils ont été « floués » par des promesses électorales non tenues, ces citoyens cesseront-ils de voter poour les candidats qui se présentent sous l’étiquette de partis ayant exercé un mandat gouvenemental : les UMP et pS, certes, mais aussi les UDF, P.C « F », et autres verts ! (2) rappel : à la SNCF, ul est des salariés qui touchent une « prime pour absence de prime » ! Il est vrai quand dans cette Compagnie nationale, il est des primes de « charbon » ! Comme si les trains roulaient encore à la vapeur …

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  8. bragulat

    21/06/2006

    il est malheureusement à craindre,que ce comportement perdure,tant que les partis de droite seront aux mains d’une majorité de fonctionnaires,qui ne comprennent rien à l’économie libérale,qui pourtant est seule apte à redresser notre pays,à créer des emplois et de la croissance durable.Tant que nos politiques n’auront pas compris,qu’il faut privatiser toutes les entreprises dites publiques,qui coûtent des milliards aux contribuables ainsi que de diviser par deux le nombre de fonctionnaires afin de revenir à une dépense publique ne dépassant pas les 35 % du PIB,rien ne sera possible dans ce pays.

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