Impossible réorganisation du secteur bancaire

Posté le 21 août , 2017, 3:48
6 mins

Les cours des matières premières se maintiennent à de faibles niveaux de prix depuis le début de l’année. Des facteurs conjoncturels et structurels expliquent ce phénomène :
– Une demande chinoise atone (taux de croissance de 6 %, le plus faible depuis 25 ans),
– Un ralentissement économique mondial (hors Afrique) dans les zones à forte croissance (Asie du Sud-Est, Amérique Latine), et une progression modeste en Europe et aux États-Unis.
Plus spécifiquement, les cours du pétrole (et du gaz) avaient chuté de près de 50 % en fin d’année 2016 pour atteindre un plus bas à 26 US$/baril.

La prévision de 70 US$/baril en moyenne, en 2017, envisagée par les experts, ne se matérialise pas pour le moment.

Les prix, après avoir touché un plus haut à 55 US$/baril, ont à nouveau plongé.

L’OPEP et ses partenaires, dont la Russie, ont décidé de poursuivre leur effort de limitation de leur production respective, afin de soutenir les cours, mais la Libye, l’Iran et le Nigeria ont augmenté leur extraction.

De plus, l’OPEP n’a pas intérêt à ce que les prix flambent, ce qui relancerait le pétrole de schiste aux États-Unis.

Les producteurs américains de schiste, qui ont subi de plein fouet la chute des cours, verraient, en effet, d’un bon œil les prix du baril remonter à un niveau leur permettant de retrouver une rentabilité (proche des 55 US$/baril).

La conjoncture économique, financière et sociale sur notre planète ne semble pas satisfaire tout le monde.

À en croire les dernières élections, en particulier en Europe, les « masses laborieuses » ne se montrent pas aussi enthousiastes que certains analystes, qui eux, se félicitent des cours historiques des actions, de l’ar­gent généreusement octroyé par les banques centrales aux institutions financières, et du soutien inconditionnel de ces mê­mes banques centrales pour les actifs financiers « pourris ».

En effet, la Banque centrale européenne (BCE) rachète les dettes souveraines et même les obligations d’entreprises, quand le système n’en veut plus car elles sont trop risquées !

Ces rachats à vil prix ne sont pas autorisés stricto sensu dans les statuts de la BCE, mais des artifices juridiques font fi de ces interdits. Que ne ferait-on pas pour aider les copains ?

Votre argent sert donc bien ce système pourri, inefficace, voire inutile. Les banques exercent-elles encore leur métier d’intermédiaires – à savoir prêter de l’argent à des porteurs de projets ou des entreprises désireuses d’investir ?

Le secteur bancaire européen n’en finit pas de se lézarder et de sérieux doutes subsistent au sujet de la « fin de la crise », ce qui ne manque pas non plus d’inquiéter les marchés.

Le contribuable italien paiera ainsi 750 € en moyenne pour la survie des banksters.

Le gouvernement italien s’est engagé le 25 juin à verser jusqu’à 17 milliards d’euros pour sauver les activités saines et éponger les créances douteuses de Banca Popolare di Vicenza et Veneto Banca, deux banques régionales qui représentaient une menace pour le système financier du pays. Les deux établissements seront liquidés, mais leurs actifs sains repris par Intesa Sanpaolo, la plus grande banque et la plus stable du pays, permettant d’éviter des licenciements secs et de protéger les déposants.

L’opération est un « happy end » pour les banques italiennes, car elle supprime le « risque systémique », ont estimé les analystes de Crédit Suisse.

La défaillance des deux établissements aurait entraîné une intervention immédiate du fonds de résolution interbancaire pour un montant estimé à 12-13 milliards d’euros, ce qui aurait probablement mis en difficulté un certain nombre de banques au patrimoine insuffisant.
Mais l’opération se révélera coûteuse pour les contribuables.

Si le montant débloqué par l’État va jusqu’à 17 milliards, cela représentera 1 % du PIB italien.

Mais « la morale de cette histoire est que, plus on attend pour résoudre des problèmes bancaires, pire la situation devient, note l’ancien directeur général au ministère des Finances italien. On aurait dû s’attaquer au problème général il y a bien longtemps et les responsabilités sont également partagées entre Rome, Bruxelles et Francfort. »

En Italie, comme en Grèce, en Espagne ou ailleurs, le secteur de la finance est explosif.

Les autorités de contrôle sont pleinement conscientes de la situation, elles possèdent les outils pour restructurer le secteur financier, mais le manque de courage et l’inféodation au pouvoir rendent les réorganisations difficiles, voire impossibles.

ARTICLE PRÉCÉDENT

Fausse lutte anti-terroriste

ARTICLE SUIVANT

Impôt progressif

4 Commentaires sur : Impossible réorganisation du secteur bancaire

  1. quinctius cincinnatus

    27 août 2017

    ce n’ est pas ” pour aider les copains ” mais bien plutôt pour éviter que cette économie aussi virtuelle qu’ est sa ” monnaie ” ne se casse de nouveau la gueule …. la preuve en est que les matières premières sont au plus bas … autant dire que la nouvelle économie n’ est pas encore née … celle qui respecte nos ressources naturelles

    Répondre
  2. sugier vincent

    22 août 2017

    Les banques ? Toutes des voleuses et je me demande comment le bon peuple de France ne les a pas toutes détruites ! C’est du grand banditisme cautionné par un état en décomposition avancé .

    Répondre
    • Le Ket

      25 août 2017

      Attendez ! Attendez !
      Après le rachat de la banque espagnole Banco Popular par sa concurrente Banco de Santander pour 1 euro, après le sauvetage de 2 banques vénitiennes et de la Banca dei Monte di Paschi dei Sienna par l’Etat italien avec l’argent des contribuables, on pourrait assister ces prochaines semaines à d’autres “résolutions” bancaires (lire faillites) en Grèce, au Portugal, mais encore en Italie où les banques ont stocké plus de 350 milliards d’actifs pourris. Et personne ne parle du secteur financier européen qui est aussi mal en point ….
      Le réveil va être terrible, car les Fonds de Garantie en place dans chaque pays ne sont pas en mesure de palier à la plus petite défaillance du secteur !

      Répondre
      • quinctius cincinnatus

        27 août 2017

        les bulles immobilières s’ envolent de partout dans le Monde : Canada,Chine, Australie par exemple

        Répondre

Répondre

  • (pas publié)