Jean-Paul II et le libéralisme

Jean-Paul II et le libéralisme

Spontanément, tous les médias français nous ont inondés pendant des heures tous les jours, d’information favorables à Jean-Paul II. Ce vieux pape hors du commun qui attirait des millions de jeunes, les fascinait. On nous faisait cependant remarquer par une petite phrase que, sur le plan des mœurs, le pape n’avait pas suivi le grand vent de liberté qui soufflait sur le monde. Il était, par exemple, opposé à la liberté sexuelle, à l’avortement ou au mariage des prêtres.
Or, pratiquement, aucun média n’a parlé du tournant que le pape à fait prendre à l’Église catholique sur le plan économique.
Jean-Paul II a d’abord combattu le totalitarisme soviétique en Pologne. Il avait connu, en tant que Polonais, la terrible dictature du régime communiste sur le peuple. Il a vu qu’au nom de l’égalité, le communisme tuait et imposait des contraintes humainement insupportables. Il a vu que le communisme créait une société encore plus pauvre et encore plus inégalitaire, avec la nomenklatura d’un côté et le goulag de l’autre.
Il a donc combattu sans hésiter ce totalitarisme avilissant et c’est de la Pologne très catholique que l’effondrement de l’URSS est parti. Il fut un des acteurs principaux de cette révolution non violente.
Depuis le concile de Vatican II, toute une partie de l’Église, fortement influencée par les idées marxistes, adhérait aux recettes recommandées par le marxisme pour lutter contre la pauvreté et l’inégalité. Ce courant a été particulièrement développé en France après 1968, où une partie importante du clergé et des évêques était marxisée. Ce clergé croyait récupérer les ouvriers en adoptant des thèses marxisantes de lutte des classes. Les sermons condamnant les sales patrons n’ont pas ramené les ouvriers dans les églises, mais ils en ont chassé tous les autres. Elles se sont alors vidées.

La contamination de l’Église par le marxisme


En Amérique latine, les idées marxistes ont totalement contaminé une partie très importante de l’Église. La lutte des classes a envahi l’église catholique et avec la théologie de la libération, l’Église s’est transformée en une espèce de syndicat n’hésitant pas à utiliser la grève ou la violence pour imposer sa vision du monde.
Cette dérive marxiste menaçait l’Église dans le monde entier, quand Jean-Paul II a été élu pape. Il a pris pour conseillers économiques des universitaires américains catholiques qui croyaient à la liberté d’entreprendre. Pour eux, ce sont les individus libres, les entrepreneurs qui créent les richesses, et non l’État. Quand l’État intervient par des contraintes, il ne peut que freiner le développement économique.
Jean-Paul II a donc fait prendre un tournant libéral aux encycliques sociales, qui jusque là étaient très socialisantes. Encycliques nouvelles refusant l’assistance et rendant ainsi chaque individu responsable de son destin économique. La politique sociale de l’Église a quitté le socialisme larvé.
La reprise en main du clergé français s’est faite progressivement et sans trop de remous. S’il existe encore quelques prêtres que l’on peut qualifier de « soixante-huitards attardés », l’ensemble des prêtres a pratiquement cessé de diffuser un message marxisant.
La reprise en main du clergé sud-américain a été plus difficile et douloureuse. La théologie de la libération a été condamnée et les principaux responsables ont été convoqués à Rome.
Sur le plan des mœurs, en s’opposant à la liberté sexuelle et en choisissant la fidélité dans le mariage, sur le plan économique en s’opposant au marxisme et en choisissant la liberté d’entreprendre, le pape a pris des positions très fortes situées aux antipodes de celles de nos médias. Or, jamais nos médias n’ont autant adulé un homme. Mais, en poussant les chrétiens à être responsables et à aimer leur prochain comme eux-mêmes, il a attiré a lui des foules immenses, surtout des millions de jeunes. Nos médias font comme les jeunes. Ont-ils senti le vent de l’Esprit ?

Partager cette publication

Comments (11)

  • Magic Malik Répondre

    Non mais franchement Adolphos, lis l’encyclique ou encore « Mémoire et identité » le livre ultime de JPII. Plusieurs fois il est écrit très clairement que le libéralisme est une autre forme du matérialisme en cela frère jumeau du marxisme. Je n’ai pas le livre sous la main pour recopier des citations mais je vous invite à vous y reporter ardemment avant d’annexer la parole d’un défunt. Bref soyez sérieux cinq minutes!

    23/04/2005 à 12 h 42 min
  • sas Répondre

    Adolphos arrête de picoler….que conais tu du monde de l’entreprise privé non subventionnée ??? que connais tu de la vie des petites pme ou entreprises ??? moi j’ai cré et développé plusieurs entrprises…contre mes banques…contre l’administration…contre même mon personnel…même contre mes clients…personne ne semblent être cohérents, lucide,pragmatique , vertueux et constructifs durablement…c’est un système de cons hautement patronnés par les chambres de commerces et des métiers et donc par les franc-maçons de tous poils..donc anti économique,anti nationale et anti moral…quel patrons ce sont enrichis ces 15 dernières années ??? les J3M? OU DES PROFILS D ENFOIRES DE CET ACCABIT…le monde de la finance(banques et autres )??de l’assurance…les marchand d’eau ou de téléphonie…la grande distribution..ou airbus…le monde de COMBINES QUOI!!! de la spécificité,de la déréglementation, du monopole de fait et d’etat…notre economie est un modèle alliant principe mafieux aux principes d’économies soviétiques… avec la bénédiction des frères et de la haute finance internationnale… SAS

    22/04/2005 à 15 h 46 min
  • Adolphos Répondre

    « Jamais les patrons n’ont été auusi riches, jamais il n’y a eu autant de pauvres, » Si c’est vrai, cela doit être difficile pour vous de soutenir encore cet Etat providence qui était censé résoudre ces problémes… « L’État a le devoir de déterminer le cadre juridique à l’intérieur duquel se déploient les rapports économiques et de sauvegarder ainsi les conditions premières d’une économie libre, qui présuppose une certaine égalité entre les parties, d’une manière telle que l’une d’elles ne soit pas par rapport à l’autre puissante au point de la réduire pratiquement en esclavage. Enfin, il faut garantir le respect d’horaires « humains » pour le travail et le repos, ainsi que le droit d’exprimer sa personnalité sur les lieux de travail, sans être violenté en aucune manière dans sa conscience ou dans sa dignité. Là encore, il convient de rappeler le rôle des syndicats, non seulement comme instruments de négociation mais encore comme « lieux » d’expression de la personnalité : ils sont utiles au développement d’une authentique culture du travail et ils aident les travailleurs à participer d’une façon pleinement humaine à la vie de l’entreprise. » Voila, l’Etat gardien des contrats c’est tout à fait libéral. La liberté d’association aussi. Mais peut être ne savez vous pas exactement ce qu’est le libéralisme ?

    21/04/2005 à 19 h 53 min
  • Magic Malik Répondre

    Bernard Trémeau raconte n’importe quoi: les encycliques de JPII sont tout sauf libérales ou à l’inverse marxiste. Elles réaffirment la doctrine sociale de l’église dans la continuité de Rerum Novarum. Mais pour connaître cela, au moins aurait-il fallu lire « Centesimus Annus » dans laquelle il pourfend le libéralisme sauvage et la dicature du marché. « L’État a le devoir de déterminer le cadre juridique à l’intérieur duquel se déploient les rapports économiques et de sauvegarder ainsi les conditions premières d’une économie libre, qui présuppose une certaine égalité entre les parties, d’une manière telle que l’une d’elles ne soit pas par rapport à l’autre puissante au point de la réduire pratiquement en esclavage. Enfin, il faut garantir le respect d’horaires « humains » pour le travail et le repos, ainsi que le droit d’exprimer sa personnalité sur les lieux de travail, sans être violenté en aucune manière dans sa conscience ou dans sa dignité. Là encore, il convient de rappeler le rôle des syndicats, non seulement comme instruments de négociation mais encore comme « lieux » d’expression de la personnalité : ils sont utiles au développement d’une authentique culture du travail et ils aident les travailleurs à participer d’une façon pleinement humaine à la vie de l’entreprise. » Par ailleurs rappelons que JPII a été un des plus farouches adversaires des sectes évangélistes, disqualifiées d’ailleurs par Benoît XVI qui sans doute poursuivra dans cette voie. Ce n° des 4 vérités est bien à ranger parmi les revues les plus malhonnêtes qui soient, en effet dans cette volonté de récupération injustifiée on retrouve les mêmes méthodes que que celles qui ont eu court chez vos meilleurs ennemis: les marxistes-léninistes…

    21/04/2005 à 11 h 06 min
  • Bourbaki Répondre

    Et voilà nos intarissables thuriféraires buschistes prendre leur paranoïa pour la règle. Le grand clown Bush et ses marionettistes bellicistes n’ont rien à envier en matière de barbarie aux islamistes radicaux : c’est même la clique de la Maison Blanche qui constitue le principal moteur du fondamentalisme religieux. Bref, stop à la Busherie = moins de haine sur la planète. Est-ce si difficile à comprendre ?

    19/04/2005 à 21 h 50 min
  • JP Répondre

    on sait bien que tu souhaites que l’église aille mal, le barbareki aimerait les voir se tourner vers la secte des assassins mahométans, elle en plein boum.

    19/04/2005 à 13 h 04 min
  • Aude Répondre

    Les pitreries évangéliques américaines sont toujours mieux que les idioties mahométanes…

    19/04/2005 à 11 h 33 min
  • Bourbaki Répondre

    Et JP 2, à cause de son obscurantisme moral et politiue, nous laisse une Eglise aussi vide qu’une balle de ping-pong. Car l’Eglise va mal, très mal, M. Trémeau : cela ne me gênerait pas si ceux qui la désertent n’allaient pas se fourrer dans les sectes, notamment les pitreries évangéliques américaines.

    18/04/2005 à 21 h 31 min
  • Tatangas Répondre

    Mr Trémeau, s’il vous plaît, ne mêlez pas le Pape à nos remous economiques et socio-politiques. J’

    17/04/2005 à 22 h 42 min
  • Ktorza Répondre

    M. Trémeau,bonjour, je m’appelle Ronny Ktorza, J’ai 21 ans at je suis étudiant à Sciences-po Aix, Je vous écris un article afin d’intervenir au vôtre. Je suis particulièrement heureux que vous ayiez pris l’initiative de parler du passé politico-économique de Jean-Paul II en montrant que, contrairement à ce que la presse française nous explique, le Pape était un amoureux de la liberté dans toutes ses formes (libéralisme économique, libéralisme politique). Nous ne devons pas résumer la philosophie de cet homme à son combat contre la contraception et l’avortement. Karol Wojtyla (tout comme Ronald Reagan) a pleinemet contribué à la destruction de la peste rouge en Europe en soutenant les ouvriers de Gdansk et le mouvement Solidarité. Dommage que les journalistes ne s’inspirent pas de votre article…

    17/04/2005 à 12 h 59 min
  • baptiste Répondre

    N’importe quoi ! Jamais les patrons n’ont été auusi riches, jamais il n’y a eu autant de pauvres, alors vos arguments de nantis, gardez les pour le rotary club…

    17/04/2005 à 10 h 58 min

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *