John Fredriksen abandonne la nationalité norvégienne

John Fredriksen abandonne la nationalité norvégienne

La Norvège est souvent citée par nos médias comme le bon exemple d’une politique socialo-égalitariste réussie. Mais le journal « le Monde » signale, dans son édition du 21 juin, que l’homme le plus riche de Norvège, John Fredriksen, vient d’abandonner la nationalité de son pays d’origine pour devenir chypriote.

Sa fortune est estimée à plusieurs milliards d’euros. Elle est formée par trois grandes entreprises, dans lesquelles il a atteint une dimension mondiale : le transport du pétrole, l’extraction du pétrole dans le sous-sol marin avec des plates-formes spécialement conçues, enfin l’élevage du poisson de mer dans les belles eaux norvégiennes. Le saumon pas cher dans nos assiettes.

Ces trois entreprises sont de très haute technologie. Elles créent beaucoup de valeur ajoutée, de richesses et permettent à la Norvège d’être exportatrice de ces richesses. Elles offrent à de très nombreux Norvégiens un travail très utile au service du reste de l’humanité. Elles permettent à tous les Norvégiens d’acheter dans le reste du monde des produits qu’ils ne trouvent pas chez eux. Nous serions très heureux d’avoir ou d’accueillir en France des centaines de Fredriksen.

En quittant son pays, John Fredriksen ne fait qu’imiter plusieurs armateurs norvégiens qui sont déjà partis s’installer à Singapour ou à Londres, pour de « basses » raisons fiscales. Dans un but « social » fort louable, l’actuel gouvernement norvégien vient d’augmenter de façon importante les impôts qui frappent les entreprises et le capital. Prendre l’argent aux riches pour le redistribuer aux pauvres, ce serait corriger « l’exploitation » du gentil salarié par le méchant patron. Ce serait aussi augmenter le pouvoir d’achat des pauvres, donc augmenter finalement la croissance.

Malheureusement, cette vision de l’économie est aujourd’hui totalement dépassée.
D’une part, la mondialisation de l’économie existe (et les entreprises de John Fredriksen en sont un bel exemple). L’activité économique a quitté le cadre national pour atteindre la dimension mondiale. Il faut donc des entreprises bien plus importantes et ces entreprises bien plus importantes ont besoin de bien plus de capitaux pour améliorer les technologies existantes, innover ou investir. Imposer le capital, c’est le faire fuir.

D’autre part, avec la mondialisation, la concurrence de nationale devient mondiale. Elle est beaucoup plus contraignante pour les entreprises. Elle offre aux consommateurs que nous sommes des produits de meilleure qualité à moindre prix. Merci à la mondialisation !

Mais si un État impose plus les capitalistes et les entreprises qu’un autre, la mondialisation leur permet de fuir sous des ciels fiscaux meilleurs. La Norvège a un gouvernement qui ignore la mondialisation. Elle chasse ainsi de son territoire les capitalistes et les entreprises qui trouvent ailleurs des pays imposant moins de contraintes.

John Fredriksen n’est pas venu s’installer en France, où les contraintes sont pires qu’en Norvège. Il aurait pu s’installer en Irlande, sous des cieux proches des siens. Les hommes politiques irlandais ont en effet parfaitement compris le grand chamboulement économique qu’est la mondialisation. Ils ont en quelques décennies, transformé un pays pauvre incapable de nourrir ses enfants en un pays très riche important massivement de la main-d’œuvre. John Fredriksen a préféré le soleil de Chypre.

Récemment, notre charmante ministre du Commerce extérieur nous démontrait avec brio dans l’émission « C dans l’air » qu’avec Airbus, le TGV, nos centrales atomiques ou nos fusées, la France n’avait aucun souci à se faire pour ses exportations.
Elle a malheureusement oublié de parler des importations qui grimpent bien plus rapidement que les exportations. Nos entreprises sont de moins en moins compétitives. Au nom de la solidarité, la France entre, comme la Norvège, dans le sous-développement, la pauvreté, le chômage et l’exclusion. Elle crée une société encore plus inégalitaire. Tandis que les Français, mal informés dès l’école, adhèrent…

Le soleil de Chypre consolera-t-il John Fredriksen d’avoir été chassé de son beau pays ?

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(5) Commentaires

  • Geoffrey Répondre

    Ton article est bien joli mais truffe de manipulations politiques.
    La norvege a un PIB bien superieur a presque tous les pays du monde, et un taux de chomage parmis les plus bas du monde. Sa croissance ? Aucun soucis. Son economie ? Basee sur l’investissement des PME/PMI donc peu de departs.

    Ce type ? Il part mais son entreprise continuera de fonctionner en Norvege.
    Pourquoi part-il ? Parce que la norvege ne reconnait pas la double-nationalite, il a donc du y renoncer

    Voili voilu.

    29/11/2009 à 14 h 31 min
  • marc Répondre

    Il y a pas mal de fredrisken francais. Heuresement nous les gars du tiers-monde on est la pour les remplacer

    04/07/2006 à 20 h 19 min
  • MINUX75 Répondre

    Bonjour John Fredriksen change de nationalité, à l’instar de Johny HALLYDAY qui est devenu belge. il ne pourra pas se marier gay, adaopter des enfants dans cette condition, changer de sexe. Toutes choses indispensable au bonheur socialiste. Et voter pour des candidats de TOUS BORDS comme nous le faisons en france. à bientôt

    03/07/2006 à 19 h 46 min
  • Jean-Claude Lahitte senior Répondre

    En choisissant la nationaluté cypriote, pour des raisons fiscales mais aussi sans doute « géographiques » pour se rapprocher de ses affaires, le richissime Fredriksen qui a manifestement accumulé sa fortune dans des affaires internationales se met en conformité avec le mondialisme dont il est l’un des dignes représentants. Et, en perdant sinon ce citoyen, du moins la part d’impôts qu’il lui reversait, la Norvège – citée en exemple tant par les socialistes que par la droite « liberale – montre (devrait montrer plutôt) les limites qu’il ne faut pas dépasser dans la « tonte » des riches contribuables. Je doute que nos gouvernants de droite et de gauche qui voient depuis longtemps les « fortunes » (ou prétendues telles) s’expatrier ainsi d’ailleurs que les usines, en tirent les leçons qui s’imposent … Et, plutôt que de montrer du doigt un homme qui a amassé sa fortune en grande partie à l’étranger, ne devrait-on pas stigmatiser tous les gens du show-biz qui passent le plus clair de leur temps à l’étranger (pour échapper au fisc) et ne reviennent au pays que pour nous vendre leurs disques et en faire la promotion. Les exemples abondent. Il y en a un particulièrement, ancien sportif de renom, qui s’étant essayé à la chanson avait cru que l’Amérique ne résisterait pas à son charme. Il s’était installé à New-York en laissant entendre que la France… Apparemment, ni son charme ni sa « dent du bonheur » n’ont réussi à séduire les Américains, ce qui l’a obligé à rentrer chez nous (pas, pour autant, la queue basse !) pour y vendre ses productions dont la valeur tient essentiellement dans le copinage médiatique qui assure sa promotion, une promoition qu’il n’avait pas trohvé aux Etats-Unis !. Tout en jouant, j’imagine, de sa double (peut-être même triple)nationalité pour payer le minimum d’impôts là où il fait le maximum de fric. Mais il s’agit là d’une sipposition. On ne prête qu’aux riches … A propos de « double nationalité », je suis de ceux qui estiment que, lorsqu’on fait le choix de la nationalité française, la loi française devrait imposer l’abandon automatique de la nationaloté d’origine. A la façon des capitaines courageux d’antan qui, découvrant d’autres terres où ils comptaient faire leur avenir, brûlaient leurs vaisseaux en s’ôtant ainsi tout espoir de retour, les nouveaux Français devraient renoncer à leur patrie d’oorigine. A ce sujet, Bouteflika, l’homme qui nous veut du bien (à condition que nous acceptions de faire repentance en attribuant à nos « victimes » quelques milliards de dédommagement !) vient de s’élever contre les Algé&riens devenus français qui ont conservé leur nationalité d’origine. Cette position d’un ami sinon de la France, du moins de tous les idiots utiles qui s’imaginent que la France doit « payer » (à tous les sens du mot) parce qu’elle a été un repaire d’esclavagistes, de colonialistes, d’exploiteurs, d’affameurs, de massacreurs en tous genres, cette position bouteflikienne, dis-je, devrait inciter les candidats de TOUS BORDS a s’engager à supprimer la double nationalité. Pas seulement pour complaire à Bouteflika ! Cordialement, Jean-Claude Lahitte senior

    30/06/2006 à 16 h 04 min
  • jacques Répondre

    le problème avec l’article est: « Mais si un État impose plus les capitalistes et les entreprises qu’un autre, la mondialisation leur permet de fuir sous des ciels fiscaux meilleurs. » On semble suggéré que le problème de l’imposition vient simplement du fait qu’il existe des paradis fiscaux. Jaurès et ses amis socialistes/communistes se plairont à vous dire que si c’est cela le problème alors la solution est très simple: il faut uniformiser les taux d’imposition dans l’union européenne et puis au niveau mondial, une sorte de Accord International d’Imposition chapeauté par l’ONU, lequel ravirra tous les bureaucraties qui sont toujours heureuses de s’enrichir. Le vrai problème est que l’impôt et les contraintes étatiques trop importantes fait que personne ne veut plus rien entreprendre ce qui fait que les entreprises et syndicats existants, sans nouvelle concurrence, sont assurées ainsi d’une stabilité monopolistique et que sans innovation il n’y a plus de croissance de productivité possible et donc aucune possibilité de croissance et plus de richesse créé possible. Dans ce cas, la seule façon d’améliorer son sort est de prendre un morceau du gateau à son voisin et donc à se battre politiquement, juridiquement, syndicalement, ou encore même littéralement dans la rue (comme en France) pour se partager le gateau existant. Les plus forts, les moins scrupuleux et les plus machiavéliques sont alors les grands gagnants et on en vient tôt ou tard à des guerres civiles ou entre états.

    28/06/2006 à 5 h 44 min

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