La crise va ruiner les bases de l’État-providence

Posté le décembre 07, 2011, 12:00
8 mins

Le système économico-financier mondial est plus que lézardé. Va-t-il s’effondrer ? Une crise majeure, « systémique », s’annonce, sans doute pour le premier semestre de 2012. Déjà, les prévisions de croissance, en l’espace de quelques semaines, sont passées du vert au rouge. Même les pays émergents sont touchés.

Tout se passe comme si la destruction de valeur des patrimoines et des encaisses se propageait, au fur et à mesure que les banques centrales ouvrent les robinets de la création monétaire, en rachetant des titres de dettes publiques ad libitum.
Dans ces conditions, convient-il de le replâtrer ou de le remplacer ? C’est la question de fond.
Pour l’instant, on replâtre.

Tous les moyens semblent bons pour sauver les banques, les États surendettés et l’euro. Y compris les montages les plus hasardeux. Comme celui imaginé, semble-t-il, la semaine dernière, d’un prêt de la BCE au FMI, pour financer ou garantir l’émission de nouveaux titres de dettes…
Il y a longtemps que les banques centrales couvrent de piteuses opérations de cavalerie, mais avec ce cynisme, c’est nouveau !…
Dans ce contexte de défiance généralisée, les agents économiques ne peuvent que « mettre à la cape ». Et en économie, attentisme = récession…

En même temps que le pouvoir oligarchique, aux abois, cherche des liquidités à tout prix (les banques, pour maintenir leurs fonds propres ; les États, pour assurer leurs fins de mois ; les particuliers, pour tenir l’hiver…), ce pouvoir est bien obligé de réduire la voilure de l’État-providence. Preuve, si l’en fallait une, qu’il y a bien une relation directe entre le développement de celui-ci et la crise de la dette. Mais cette relation, à l’exception de David Cameron, personne ne veut la reconnaître. Du coup, on rabote, quand il faudrait trancher.

Attention : il sera difficile de réduire les dimensions de l’État-providence, sans revenir sur les fausses valeurs qui le sous-tendent (à savoir : le nivellement social, l’aide sociale pour chacun, l’éducation gratuite, le droit au logement, à la retraite, à la médecine pour tous…).
Sans rétablir les vraies valeurs de responsabilité individuelle. Pour les personnes physiques aussi bien que morales. Même les banques, même les États – et donc les hommes politiques – doivent répondre de leurs choix, sans pouvoir se retrancher derrière quelque aléa moral que ce soit.

Sans revenir, en définitive, sur le primat de « l’altruisme égalisateur », fondement du socialisme. En réhabilitant donc, symétriquement, « l’égoïsme créateur », fondement de l’entreprise libre…

Quand on arrêtera de replâtrer, parce que les rafistolages ne tiendront pas, après être passé de la déflation à la récession (phase actuelle), on passera à la phase suivante, celle de l’hyper-inflation. Il n’y aura alors plus de problème de dettes souveraines. Ni d’aucune autre sorte de dettes, d’ailleurs… Il n’y aura sans doute plus d’euro, ni même de dollar. Il n’y aura plus que les valeurs réelles. Car la valeur ultime de toute monnaie est celle de la marchandise qui en est le sous-jacent. La fausse monnaie de papier a vocation à ne valoir que ce que vaut le papier !
Pour reconstruire sur du solide, il faudra bien en revenir à la monnaie naturelle, basée sur l’or. Puisque l’or a été choisi comme monnaie naturelle par 3 000 ans d’histoire. Les cent dernières années de folie monétaire n’étant qu’une brève et funeste parenthèse.

Et cela se fera avec ou sans les États, avec ou sans les banques centrales, qui ne sont que leurs valets ! Les uns et les autres complices, au sein de la même oligarchie.
On peut objecter beaucoup d’arguments contre le retour à la monnaie-or, ou contre l’avènement de la monnaie libre. Aussi nombreux soient-ils, ils ne pèsent pas lourd au regard de l’argument favorable essentiel : seule une telle monnaie permettra aux générations futures d’échapper aux prédateurs de l’oligarchie politico-financière.

Et imposera un retour immédiat, contraint et forcé, à l’observance des règles économiques élémentaires que dicte le bon sens, en tête desquelles la nécessité d’équilibrer ses comptes et de n’investir que de l’argent préalablement honnêtement gagné.

J’entends bien les arguments de nombreux amis qui disent, en simplifiant : « Ce n’est pas parce que le système de la monnaie de papier a été mal géré qu’il est à rejeter. Il est possible de le faire fonctionner autrement. »

Je crois, pour ma part, que ce mauvais fonctionnement était inscrit dans ses gènes. Tout comme la faillite de l’État-providence et de tous les avatars du socialisme. Car ils prétendent tous affranchir l’homme de ses lourdes et merveilleuses responsabilités…

5 réponses à l'article : La crise va ruiner les bases de l’État-providence

  1. QUINCTIUS CICINNATUS

    09/12/2011

    @ Alain Cavaillé

    les premiers responsables sont les hommes politiques , vaniteux , vénaux et dont la morgue n’a d’égale que l’incompétence … les "électeurs" n’ont pas de choix  … Déjà Saint-Simon disait de Louis XIV , pour lequel on lui avait commandé la préface d’ un ouvrage de gravures dédiées à Sa Gloire , qu’ il ne lui avait pas été possible de l’écrire bien qu’il s’y fut donné beaucoup de mal , car " sa médiocrité éclatait lorsqu’on comparait ce roi avec feu son  père ( Louis XIII )  "
    …c’est sans aucun doute pour cela que les Français  glorifient  ce fils médiocre sous les noms de "Roi Soleil" ou de " Louis le Grand" " …

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  2. François

    08/12/2011

      " La crise va ruiner les bases de l’état providence".
     Finalement, à quelque chose malheur est bon.
     Sauf que dans ce cas, le malheur aura été causé par ce qu’il va ruiner…

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  3. Melbourne

    08/12/2011

    Il y a de plus en plus de sans abri, de plus en plus de laissés-pour-compte, de plus en plus de clochards, de plus en plus de malheureux. C’est la fin d’une époque. Les pays émergents sortent de la misère et les pays occidentaux … y rentrent !! (toujours ce livre particulier mais bien réaliste « les corps indécents ») L’enrichissement rapide des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) entraîne de facto l’appauvrissement du reste du monde (comme écrit dans « les corps indécents » livre classé en bonne place dans le TOP 100 adolescence international par l’Express Ulike.net) On y est .

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  4. Daniel

    07/12/2011

    "Je crois, pour ma part, que ce mauvais fonctionnement était inscrit dans ses gènes. Tout comme la faillite de l’État-providence et de tous les avatars du socialisme. Car ils prétendent tous affranchir l’homme de ses lourdes et merveilleuses responsabilités…"

    Allez donc tenter d’expliquer à des Jaurès que le niveau de responsabilité choisi par un homme détermine son humanité !. A jaurès mais aussi à de nombreux intervenants prétendument de droite qui ne savent plus que la responsabilité attachée à la liberté  est la première motivation politique justifiant de se classer à droite.

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  5. Alain Cavaillé

    07/12/2011

    Pour ma part, je suis à la retraite, bien maigre du reste. Beaucoup sont dans mon cas et ont du mal à s’en sortir. Vraisemblablement, nous serons tous ruinés, pas question de cercueil en chêne donc.
    Restent tous les autres, ceux qui travaillent ( peu ) et ceux qui ne travaillent pas ( beaucoup ). Ces derniers, en y rajoutant la désindustrialisation, l’immigration et tout le reste, comment feront-ils pour fonder une famille, assurer l’avenir de leurs enfants ?……
    De tout ceci, QUI EST RESPONSABLE ? Et qui est responsable dans tous les autres pays ?
    Réponse : les financiers, d’abord. Et ils trainent par les couilles les politiques. Politiques qui s’acharnent à soutenir une Europe qui n’intéresse personne, sauf eux-mêmes et les financiers. Leur stratégie ? Fort simple. On rabote couche après couche tout ce qui a fait que les peuples européens sont des PEUPLES LIBRES., qu’ils soient en démocratie, en république, en royautés. Libertés qu’ils ont gagnée au cours des siècles.
    Il y a donc bien là une véritable caste qui détient et le pouvoir, et l’argent. C’est là où se situe la véritable crise.
    Derrière eux, les peuples sont devenus laxistes, indifférents, paresseux et lâches. C’est tout ce que les premiers souhaitaient, et ils y sont parvenus. Ils constituent chez nous ce que tout le monde surnomme l’UMPS. Ceux-ci vont continuer à croire que tout cela n’est qu’un mauvais rêve. Ils remplaceront X par Y, l’acclameront quelques mois ( pas beaucoup ), puis s’indigneront qu’ils ont été floués, trahis. Ils oublieront seulement que c’est eux qui les auront choisis.
    Pour conclure, je souhaite de tout mon cœur que, crise ou pas, euro ou pas, dette ou pas, les citoyens français sauront retrouver leur droit à la parole.

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