La destruction de la filière nucléaire française

La destruction de la filière nucléaire française

En ce mois de septembre 2022, alors que le gouvernement ne cesse d’avertir les Français sur des difficultés énergétiques, un peu de mémoire et de bon sens conduit à s’interroger sur les conséquences de décisions ou de non-décisions politiques.

Ce n’est un secret pour personne que d’avancer des raisons purement électoralistes.

Un excellent exemple en est donné par la centrale électronucléaire de Creys-Malville dans le département de l’Isère. Il s’agissait d’un surgénérateur fonctionnant au plutonium.

D’une puissance de 1 200 MW, cette centrale prototype faisait suite à celle de Phénix, gérée par le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA).

Après différents aléas de jeunesse qui ne concernaient pas la partie nucléaire de l’installation, il fonctionna d’une manière satisfaisante durant une année, jusqu’à son arrêt pour révision annuelle en décembre 1996 mais le gouvernement socialiste de l’époque en interdit le redémarrage en juin 1997.

Dans la réalité, le gouvernement était en difficulté et sous la pression des écologistes qui menaçaient de le quitter. In fine, l’affaire estimée par EDF coûta à l’époque 70 milliards de francs, soit 10,6 milliards d’euros.

Ajoutons l’ensemble des retombées sociales et économiques négatives dans la région, la perte de l’avance technologique de la France en matière de surgénérateur et le coût du démantèlement de l’installation.

Peu identifiée du grand public jusqu’à ces dernières années, les pressions exercées par les mouvements écologistes pour son arrêt définitif ont rendu célèbre la centrale de Fessenheim.

Ces unités disposaient encore de quatre années d’autorisation de production, sachant que les centrales REP françaises sont calculées pour 60 années d’exploitation.

Désormais incontournable dans l’actualité, la centrale de Flamanville (Cotentin) bat presque chaque mois un record de retard – plus de 10 années à ce jour.

Sans parler du coût financier qui a quasiment triplé depuis le démarrage du chantier.

Il ne s’agit évidemment pas d’accabler qui que ce soit mais simplement de s’interroger :

– En juin 1997, arrêt puis démantèlement de Creys-Malville, soit une perte de 1 200 MW sur le réseau entraînant la perte de l’avance technologique de la France.

– Arrêt du projet ASTRID mené par le CEA.

– Arrêt ou mise en attente des études concernant de petits réacteurs destinés à l’export.

– Arrêt prématuré de Fessenheim, soit 1 740 MW en moins sur le réseau.

– Retard et surcoût considérables de l’EPR à Flamanville, soit 1 450 MW nets en attente.

– Affaire des quatre tranches EPR, soit deux à d’Hinkley Point C et deux à Olkiluoto.

– Alignement du coût de vente du MW électrique sur celui du gaz naturel.

– Participation active de la France au conflit ukrainien, alors que la question de sa justification se pose toujours. Un choix politique qui entraîne, entre autres, une importante perte d’approvisionnement russe en gaz naturel, nécessaire au fonctionnement des groupes à Turbines à Gaz.

Total pour les centrales nucléaires : 4 390 MW, auxquels s’ajoutent désormais la perte momentanée de production de 12 réacteurs suite à un phénomène de corrosion sous tension mécanique, connu de longue date et dans une certaine mesure, l’indisponibilité des TAG faute de gaz.

On observe aussi que les tranches 900 MW REP mises en service depuis les années 80, telles Bugey 2 à 5, Tricastin 1 à 4, ou Gravelines 1 à 6, atteindront les 40 années de fonctionnement entre 2020 et 2030, ce qui représente environ 14 480 MW. Si l’on applique la même disposition que pour Fessenheim, que fait-on après ?

Faut-il dès maintenant que les Français commencent à s’habituer aux restrictions ?

Alors que la France, jusqu’à ces années dernières, grâce à ses centrales nucléaires, disposait d’une totale autonomie en matière d’énergie électrique peu onéreuse et exportable !

Ce n’est certainement pas avec des éoliennes, des panneaux solaires que l’on va résoudre l’équation.

Toutes ces questions méritent d’être posées car il y va de l’avenir du pays. En tout cas, on voit mal, dans ces conditions, comment assurer une convenable prospérité à la France et aux Français.

Partager cette publication

(2) Commentaires

  • Sansillusions Répondre

    La « ministre » concernée ? Elle n’en a rien à ch…r . Passez votre chemin.

    18 octobre 2022 à 17 h 13 min
  • quinctius cincinnatus Répondre

    Une simple erreur … stratégique
    Cela arrive … souvent !

    17 octobre 2022 à 17 h 15 min

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *