La relance par la réduction des coûts de production

Posté le avril 24, 2007, 12:00
6 mins

Ma proposition de dévaluer un franc qui n’existe plus pour relancer l’économie française a soulevé de très nombreuses réactions. Je suis donc obligé de préciser mon analyse.

Tous mes correspondants, sans exception, sont d’accord sur un point essentiel. Le diagnostic effectué est bon : le chômage français actuel vient de la non-compétitivité des entreprises françaises. Mais pratiquement tous (sauf 2) sont opposés au traitement proposé : la dévaluation. Solution de facilité ou retour à nos vieux démons pour les uns, rupture inadmissible dans la construction européenne pour les autres.

1/ L’économie française est actuellement coincée entre deux machines infernales. D’un côté, les lois qui contraignent les salaires à augmenter plus rapidement en France qu’ailleurs (comme le Smic ou les 35 heures payées comme 39) ce qui rend nos entreprises non compétitives. De l’autre, l’euro qui est un système à parité fixe interdisant toute dévaluation. En dix ans, nos entreprises ne sont plus compétitives. Les Français continuent d’acheter, mais ils achètent étranger.

2/ Mes contradicteurs pensent qu’une politique volontariste et énergique, en rupture avec celle qui est suivie depuis des décennies, peut être instituée pour rendre nos entreprises compétitives. Il faut de toute évidence suivre une telle politique réduisant les coûts de production, et favorisant les investissements qui seuls peuvent rendre nos entreprises compétitives. Mais il y a des milliers de contraintes à supprimer en France…

3/ Pour qu’une telle politique rende nos entreprises compétitives, il faut nécessairement que la réduction des coûts de production soit effectuée plus rapidement en France qu’en Allemagne.

Or depuis quatre ans, en Allemagne, les gouvernements de gauche, puis de droite, appliquent avec succès une telle politique, et ils sont soutenus par une vaste partie de leur opinion. Pour sauver les emplois, les syndicats allemands signent même des contrats rémunérant 39 heures comme 35…

En revanche, en France, depuis des années, les gouvernements, de droite ou de gauche, augmentent sans arrêt les contraintes salariales, sociales ou fiscales des entreprises. Ils sont appuyés par une très vaste partie de l’opinion. Les émeutes anti-CPE montrent, qu’en France, il est très difficile de réduire même une toute petite contrainte… Imaginons ce que seraient les réactions de la rue si on supprimait le Smic. Il faudra négocier, et négocier encore. On n’avancera donc que très lentement.

Les Allemands iront finalement plus rapidement que nous. La compétitivité des entreprises françaises ne va pas s’améliorer, mais elle va au contraire se dégrader un peu plus. Le mal français doit donc s’aggraver. Les « jeunes » sans travail seront un peu plus nombreux, mais ils ne resteront pas inactifs. Il y aura encore plus de voitures brûlées tous les soirs, et encore plus de policiers agressés tous les jours.

4/ Ceux qui parlent « d’Europe sociale » croient qu’il est possible d’abaisser la compétitivité des entreprises européennes au niveau de celles des entreprises françaises. Toute l’Europe mettrait par exemple le Smic à 1 500 euros. Ceux qui disent qu’une telle évolution est possible, ou croient au miracle, ou sont des menteurs. Jusqu’à maintenant, aucun pays dans le monde n’a voulu copier notre merveilleux « modèle social ».

5/ Dans l’Euroland, certains pays (la France) augmentent rapidement leurs coûts de production, d’autres au contraire (l’Irlande ou l’Allemagne) les abaissent. Il est normal que la récession menace la France et que la surchauffe menace l’Irlande. Il est impossible qu’il en soit autrement. Le merveilleux lien qu’est l’euro devient un poison mortel. Il faut donc trouver un système qui permette de temps en temps d’effectuer une grande manœuvre monétaire, correspondant à une dévaluation en France ou à une réévaluation en Irlande.
Mais proposer le Smic à 1 500 euros ou les 35 heures pour les PME est totalement suicidaire.


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3 réponses à l'article : La relance par la réduction des coûts de production

  1. jacques

    25/04/2007

    Toute votre argumentation vise à dire que l’on ne peut faire autrement que dévaluer parce que l’on ne peut pas réformer en France.
    Vous êtes comme tous les autres, vous avez abdiquez avant même d’essayer.
    D’ailleurs votre propos ici est typique:

    "Les émeutes anti-CPE montrent, qu’en France, il est très difficile de réduire même une toute petite contrainte… Imaginons ce que seraient les réactions de la rue si on supprimait le Smic. Il faudra négocier, et négocier encore."

    Ce que vous appeler "émeutes" n’était en fait que manifestations normales et la "prise de la Sorbonne" n’était le fait que d’une poignée de voyous. Quand aux Canada une communauté indienne s’étaient alliées à des éléments mafieux trafiquants pour fermer une route pendant une semaine, on a déblayer avec un bulldozer et l’armée en direct à la télé et on n’a pas eu de problème. Mais bon, on avais un VRAI dirigeant, nous.
    La raison pour laquelle vous n’êtes pas capable de réformer est que vous avez des politiciens semblables aux sénateurs romains d’Astérix; en particulier vous aviez à ce moment là un pleutre comme ministre de l’intérieur qui pensait plus à sa future campagne présidentielle qu’au bien-être de la France et à préferer trahir Villepin et son pays en ne faisant rien.
    Et le peuple est aussi lâche puisqu’il s’apprête à le recompenser en l’élisant président après avoir apprécier un sarko-show hollywoodien y compris la sincérité d’un acteur d’hollywood .
    Mais les français sont libres. C’est leur choix. Et ils doivent l’assumer. S’ils veulent sortir de l’Euro. Parfait. Mais qu’ils ne viennent pas pleurnicher plus tard lorsque les autres pays viendront rafler une après l’autre leur compagnie avec des monnaie forte, comme les pays riches l’ont toujours fait envers les pays avec des monnaies faibles.
    Par contre, ce qui vous ne pouvez pas faire est de dévaluer l’Euro. Ce n’est ni en votre pouvoir ni dans vos droits.
    Allez ne réformer pas. Dévaluer. Assumer. Nous on va commencer à regarder quoi acheter.

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  2. Anonyme

    24/04/2007

    Chers visiteurs,

    Vous avez sans doute remarqué que sous chaque article nous ajoutons un petit bouton de ce type :

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    Bien à vous,
    Le Webmasteur4V

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  3. Anonyme

    24/04/2007

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