La rigueur « à la française »

Posté le août 31, 2011, 12:00
5 mins

Le plan de réduction des déficits publics présenté, mercredi 24 août 2011, par le Premier ministre va évidemment dans le bon sens.
Car, comme il l’a dit lui-même en commençant sa présentation, « le seuil de tolérance à l’endettement est désormais dépassé ».
Pour lui, cette nécessité résulte, non pas de la tempête financière, mais de la révision à la baisse des estimations de croissance de l’économie française pour 2011 et 2012. Comme si la croissance était une variable exogène.

Alors qu’en fait, les deux phénomènes sont intimement liés : les marchés financiers ne font que prendre acte du fait que les États se révèlent incapables de présenter des plans sérieux de remboursement. Ils avaient dit : « On va faire des déficits pour relancer la croissance », et cette thérapie s’est révélée un échec cuisant. C’est un fait.

Et, quand on se trompe, il faut faire marche arrière. C’est-à-dire se serrer la ceinture. Le gouvernement, le 24 août, est loin d’être allé jusque-là !

– D’abord sur les perspectives de croissance :
Les services de Bercy pensaient pouvoir tabler sur 2 % en 2011 et 2,25 % en 2012. En application d’un scénario de sortie lente de crise, ils révisent à 1,75 %. Quand le PIB de la France est à 2 000 milliards d’euros (et la dette à 1 680 milliards…), un demi-point d’écart représente 10 mil­liards. Dans un pays où les dépenses publiques représentent 55 % du PIB, cela fait 5,5 milliards qui ne sont plus financés. Ce n’est pas rien !

Mais, aujourd’hui, 1,75 % de croissance en 2011 et 2012 sont encore moins crédibles que 2 % et 2,25 % l’étaient voici un an. En vérité, une nouvelle ré­cession est dans tous les esprits. 1 % de croissance en 2011 et 0 % en 2012 ne seraient pas si mal que ça

Un milliard de réduction des déficits pour 2011 et 11 pour 2012 n’est donc pas à la hauteur du problème. Un plan de 5 milliards eût été un minimum. Pour être crédible.

– Ensuite, sur la nature des mesures prises :

90 % portent sur des augmentations d’impôts et taxes. 10 % sur des économies. La bonne proportion aurait dû être inverse…
– Enfin, sur l’architecture de ces mesures :
On grappille. On rabote. On gratte… Tout se passe comme si les dirigeants français actuels avaient toujours un train de retard. Quand il était encore temps de faire de la rigueur, on a préféré continué à dépenser. Maintenant qu’il faudrait couper à la hache dans les dépenses, on y va avec une varlope…

François Fillon a dit « 83 % du plan porte sur les entreprises, les détenteurs de patrimoine et les ménages très aisés ».
Une fois de plus, l’amalgame est fait entre les entreprises, les riches, les hauts salaires.
On pourrait se croire revenu au temps où il était de bon ton, à gauche, de dénoncer « le grand capital », comme disait un certain Georges Marchais. C’était à la fin des années 70.
Finalement, ce qui a changé depuis, c’est que le même discours est tenu, sans gêne, par un Premier ministre de droite. Qui, au demeurant, fait de son mieux…

3 réponses à l'article : La rigueur « à la française »

  1. Daniel

    03/09/2011

    François:  
    "l’état dépense par exemple TOUS LES ANS 15 milliards d’€ en subvention directe aux associations…( Partis politiques, syndicats, association de préservation des coléoptères aveugles ou subventions à celles qui étudient l’histoire de la pilosité à travers les âges, SOS racisme, CRAN, MRAP, LICRA, ESF, J’en passe et des meilleures.   Ne serait il pas plus efficace, plus rentable, plus rapide et plus sûr de supprimer ces dépenses indues?"

      Trop simples et trop efficace. Et puis tous ces gens dont on achète les voix ! si on se met à supprimer les collabos! … collabos créés de toutes pièces par le système…

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  2. lavandin

    01/09/2011

    Le gouvernement agit  comme un pecheur qui préfère investir dans une écope plutot que d’obturer le trou dans la coque de sa barque…..et j’ajouterai au commentaire précédent  la suppression des "machins" qui ne servent à rien : conseil economique et social….(national et régionaux), les postes crées pour le recasements des politiciens inutiles, la supression des prefets sans poste (poste de complaisance),les missions bidon, le controle des frais des élus, sans parler des dépenses somptuaires inutiles à tous les niveaux, le financements de projets à l’étranger et pour l’étranger, sans parler du cout de l’immigration (35 milliards), de l’AME totalement gratuite (0,7 milliard), des retraites gratuites accordées aux étrangers venant s’installer en France, des 10 millions de fausse cartes vitales. J’en arrete là, sinon je vais y passer la semaine

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  3. François

    31/08/2011

      11 milliards d’€ de recettes supplémentaires accouchées dans la douleur et dans le doute… Car il m’étonnerait beaucoup que les prévisions soient réalisées. Quand on veut vous piquer votre bien LEGITIME, vous le planquez, c’est humain et logique de surcroit. Pendant ce temps, l’état dépense par exemple TOUS LES ANS 15 milliards d’€ en subvention directe aux associations…( Partis politiques, syndicats, association de préservation des coléoptères aveugles ou subventions à celles qui étudient l’histoire de la pilosité à travers les âges, SOS racisme, CRAN, MRAP, LICRA, ESF, J’en passe et des meilleures). Ne serait il pas plus efficace, plus rentable, plus rapide et plus sûr de supprimer ces dépenses indues?
       Si on veut plus d’économies, il y a d’autres autoroutes qui permettraient non seulement de revenir à l’équilibre sans augmenter les impôts mais aussi de commencer à rembourser la dette en même temps.

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