Le désordre monétaire aujourd’hui

Posté le janvier 21, 2010, 12:00
8 mins

Depuis le 6 janvier et les vœux du Président Nicolas Sarkozy aux forces économiques du pays, les responsables de la France critiquent un « désordre monétaire » qui serait devenu intolérable. C’est ce désordre monétaire qui détruirait une partie des entreprises françaises. Il faut donc que les gouvernements remettent un peu d’ordre dans les marchés.

Vers 650 avant J.-C., coulait en Lydie (en Turquie actuelle) une merveilleuse rivière, le Pactole. Ce fleuve arrachait à la montagne des paillettes d’un métal précieux, l’électrum, un alliage d’or et d’argent. Le roi de Lydie, Ardys, eut l’idée de récolter ces paillettes en déposant pendant quelque temps au fond de la rivière une peau de mouton. On secouait ensuite cette « toison d’or » pour que tombent les paillettes. Ardys a fait avec l’électrum de petites pièces qui ont servi de référence pour déterminer la valeur de ce qu’on échangeait. Son petit-fils, Crésus, est devenu très riche. Il a séparé l’argent de l’or et fait des pièces d’or et d’argent avec l’électrum.

Du temps des Romains, l’or étant rare en Europe, ce sont les pièces d’argent, les « deniers » qui ont servi de référence. Il faut attendre 1252, et le florin, pour que les pièces d’or réapparaissent en Europe à Florence. À partir de ce jour, l’or est devenu le métal de référence.
C’est en 1024 que le gouvernement chinois des Song adopte les billets de banque qu’utilisaient déjà depuis au moins un siècle les marchands de thé voyageant au loin. Les billets de banque sont moins lourds à transporter que les pièces de monnaie. Mais l’or est resté la valeur de référence. Il fallut attendre le 18 décembre 1971 et les accords de Washington, pour que l’or cesse d’être la valeur de référence entre deux monnaies. Les différents États ont alors eu le choix entre deux systèmes pour déterminer la valeur relative de deux monnaies.

Soit les deux gouvernements passent un accord entre eux et décident de la valeur relative de leurs monnaies. C’est le système dit « à parité fixe ». Mais chaque peuple a un comportement plus ou moins inflationniste. Depuis 60 ans par exemple, les prix grimpent bien plus rapidement en France qu’en Allemagne. Les Français achètent donc les produits allemands devenant moins coûteux. Il fallait de temps en temps modifier la parité fixe, dévaluer. De 1945 à 1999, une quinzaine de dévaluations ont marqué l’union par une parité fixe des monnaies allemande et française.
Soit les deux gouvernements laissent au marché le soin de déterminer au jour le jour la parité liant les deux monnaies. C’est le système adopté en 1971 par les principales nations du monde qui échangent entre elles de plus en plus de produits.

La parité est en principe déterminée par l’évolution des prix, évolution comptabilisée par toute une série de tests dans tous les pays. Mais de multiples autres facteurs interviennent. Un gouvernement peut afficher une politique monétaire très permissive, pour que les marchés dévalorisent sa monnaie. C’est ce que semble faire actuellement le gouvernement américain. Toute une série d’autres facteurs interviennent. Celui qui est atteint « d’Obamania » achètera plus volontiers des obligations américaines, donc valorisera le dollar. Celui à qui plaît la dernière robe de Mme Lagarde achètera plus volontiers des obligations françaises…

Les gouvernements ont aussi les moyens d’intervenir. Le gouvernement chinois intervient pour que la parité entre le yuan et le dollar soit la plus faible possible. Il achète du dollar pour mieux vendre ses chemises à l’étranger. Les anciens gouvernements japonais croyaient au contraire aux vertus du « yen fort ». Et un nouveau gouvernement japonais a déclaré le 6 janvier que le yen faible était préférable pour mieux vendre les produits japonais à l’étranger. Une véritable révolution culturelle.

C’est évident, une monnaie « trop » forte réduit automatiquement les exportations, donc ralentit l’activité économique et expose au chômage.
Pas un seul membre du gouvernement n’a parlé d’un « désordre monétaire » propre à la France actuelle. Ce n’est plus une parité fixe qui lie le Franc au Mark. C’est une monnaie commune. Or, bien que le comportement inflationniste des Français ait encore augmenté, on n’a pas pu dévaluer depuis 10 ans…

Faut-il supprimer l’euro et revenir au franc ou au contraire adopter une monnaie mondiale ?

7 réponses à l'article : Le désordre monétaire aujourd’hui

  1. Anonyme

    25/01/2010

    Les deux vidéos ont été enlevées trop réalistes peut être, dormez tranquille peuple soumis.

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  2. Tiago

    25/01/2010

    « Il faut donc que les gouvernements remettent un peu d’ordre dans les marchés. » Mais si ce sont eux même qui ont causé la désordre avec tout cette expansion monétaire, comment pouvez-vous attendre qu’ils soient capables d’organiser quoi que ce soit? « Faut-il supprimer l’euro et revenir au franc ou au contraire adopter une monnaie mondiale ? » Pourquoi pas tout simplement arrêter d’imposer coercitivement aux gens d’utiliser tel ou tel moyen d’échange, et ne pas laisser que la société choisisse spontanément le moyen d’échange préféré? L’or pourrait très bien revenir… C’est extrêmement important d’abolir le monopole sur la monnaie. Le contrôle de la quantité de monnaie est tout simplement un pouvoir trop dangereux pour laisser dans les mains de qui que ce soit. Tout cette crise (qui n’a même pas commencé, d’ailleurs), est due à ça.

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  3. sas

    22/01/2010

    La Société Générale prépare ses clients à "l’effondrement économique mondial"… la societe generale se prepare a l effondrement economique mondial 6225

    Le film "2012", montrant la fin du monde qui vient (à défaut d’insurrection), cartonne au box-office. Dans la même veine, le "scénario du pire pour la dette" concocté par le stratégiste financier de la Société Générale Daniel Fermon a peu de chances de faire autant d’entrées en salles… des marchés.

    La Société Générale prévoit un effondrement économique mondial en 2011-2012

    La Société Générale conseille à ses clients de se tenir prêts face au risque d’"effondrement de l’économie mondiale" au cours des deux prochaines années. Pour ce faire, elle dessine une stratégie d’investissements défensifs pour éviter la destruction de richesses.

    45 000 milliards de dollars

    Dans son rapport, la banque affirme que les différents plans de relance ont simplement eu pour effet de transférer du passif privé vers les finances publiques, créant de nouvelles bulles prêtes à exploser. Rien n’est réglé, donc. Pire, la crise continue de tirer les gouvernements vers le bas, constamment obligés de remettre la main à la poche. Même sans nouvelles dépenses, la dette publique devrait atteindre dans les deux années qui viennent des niveaux impressionnants : 105% du PIB au Royaume Uni, 125% aux États-Unis et dans la zone euro, et 270% au Japon. La dette mondiale des Etats grimperait ainsi à 45 000 milliards de dollars, multipliée par deux et demi en 10 ans.

    Le "point de non retour"

    La seconde guerre mondiale avait débouché sur une situation similaire. Le problème, c’est qu’aujourd’hui la population vieillit, et il sera très difficile de combler le trou de la dette grâce à la croissance. D’autant que l’endettement privé très important limite aussi les marges de manoeuvre. "L’importance de la dette publique semble tout à fait insoutenable à long terme. Nous avons presque atteint un point de non retour" a affirmé Daniel Fermon. Résultat : les Etats seraient contraints de laisser filer l’inflation, le dollar s’enfoncerait toujours plus, la Bourse et l’immobilier s’effondreraient à nouveau, et le baril de pétrole repasserait sous les 50 dollars dès 2010. Seules valeurs refuges contre cette catastrophe : l’or et les denrées alimentaires. Que du bonheur…

    Vers un "effondrement économique mondial" ?

    Le rapport note aussi que la situation actuelle affiche des "similitudes convaincantes" avec la récente crise nippone. Sauf que le Japon a pu se maintenir à flot en laissant couler le Yen et en favorisant ses exportations dans une économie mondiale solide… ce qui absolument impossible actuellement, la quasi totalité de l’économie mondiale étant touchée. "Pour l’instant, personne ne peut dire avec certitude que nous avons échappé à la perspective d’un effondrement économique mondial" dit le rapport, qui tempère tout de même : Il ne s’agit que d’une exploration des risques, et non d’une prévision. Ouf.

    Si le pire n’est jamais certain, il a tout de même une fâcheuse tendance à devenir plus que probable, par les temps qui courent.

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  4. SAS

    22/01/2010

    Le gouvernement s’apprête à réaliser un casse sur les retraites des 20 millions de salariés du privé dans la plus grande discrétion, révèle l’association Sauvegarde Retraites. Il profite du changement de statut de La Poste pour remplir les caisses de l’Ircantec, régime de retraite bénéficiant aux élus et fonctionnaires non titulaires. Et ce sont les cotisants de l’Arrco et de l’Agirc, c’est-à-dire les salariés et cadres du privé, qui sont détroussés. Le tour de passe-passe au profit du public orchestré par Christian Estrosi, ministre de l’Industrie, est une première.

    Quelles en sont les (grosses) ficelles ? Pour comprendre, il faut savoir que les employés de La Poste embauchés avant 1990 ont un statut de fonctionnaire et la retraite qui va avec. Depuis 1990, les pensions des postiers relèvent de l’Ircantec et, à partir de cette année, les nouveaux embauchés tomberont dans le régime commun (Sécurité sociale plus Arrco-Agirc). À l’occasion de ce changement, le Sénat a fait passer un amendement accepté par Christian Estrosi qui prévoit que l’Ircantec recevra une soulte du régime Arrco-Agirc. On parle de 5 à 6 milliards d’euros, rien à voir donc avec un pourboire ! L’argument avancé pour justifier la soulte est spécieux, estime Sauvegarde Retraites.

    L’Ircantec, en effet, considère que, les nouveaux embauchés de La Poste relevant désormais d’un autre régime, cela lui occasionnera des pertes de cotisations futures. Et comme ses responsables ne font pas dans la dentelle, ils exigent une indemnisation calculée sur cinquante ans. Autrement dit, l’Ircantec réclame des cotisations sur des employés dont certains ne sont même pas encore nés et, pour cela, "pompe" sans scrupule le régime Arrco-Agirc, dont les finances sont menacées de déficit à très court terme (dès 2013).

    Robin des Bois à l’envers

    C’est Robin des Bois, mais à l’envers, car on vole les pauvres pour donner aux riches. Passons sur le fait que le régime de l’Ircantec est plus généreux (on cotise moins pour un meilleur rendement) que celui de l’Agirc-Arrco. On retient surtout que les finances de l’Ircantec sont plus saines. C’est que le nombre d’élus et de contractuels (collectivités locales, fonction publique d’État, hôpitaux) ne cesse d’augmenter, ce qui fournit une armée de nouveaux cotisants (643.000 en 10 ans) qui font terriblement défaut au privé à cause des ravages du chômage.

    Après les élections régionales de mars, le gouvernement a promis une nouvelle réforme des retraites. Étrangement, pour l’heure, il déploie son zèle pour défendre l’Ircantec, dont les 2,6 millions de cotisants ne sont en fait que des oiseaux de passage : soit parce que des élus perdent leurs mandats soit parce que des non-titulaires vont dans le privé ou deviennent fonctionnaires (la durée moyenne de cotisation à l’Ircantec est de seulement 8 ans et 11 mois). Ce régime spécial n’a, certes, pas échappé à la réforme des retraites, mais restera plus avantageux que celui du privé.

    Comment pareil hold-up peut-il se produire dans le plus grand silence ? Les sénateurs, en votant l’amendement, ont défendu les intérêts des élus auxquels ils doivent leur mandat. L’État employeur, en soutirant de l’argent à l’Agirc-Arrco, fait des économies. Quant aux syndicats, s’ils ne pipent mot, c’est parce qu’ils sont surreprésentés dans le public. Même la CGC, dont on pourrait s’attendre qu’elle défende la retraite des cadres (Agirc), reste en retrait. Et pour cause, elle assure la présidence de l’Ircantec… Tout le monde y trouve donc son compte, conclut Sauvegarde Retraites. Tout le monde sauf l’énorme masse des salariés du privé qui va se faire plumer. Voilà qui augure mal des discussions sur la réforme du régime des retraites prévues après les élections régionales de mars.

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  5. Frédéric Bastiat

    21/01/2010

    Quel fatras ! Journal de « droite libéral » ou amateurs à la petite semaine ? L’unique désordre monétaire Monsieur Trémeau est provoqué par des taux d’intérêts trop bas. Ceux-ci incitent au crédit, c’est-à-dire au gonflement de la masse monétaire et in fine à l’inflation. C’est un mécanisme connu depuis Richard Cantillon (1680-1755). On ne s’improvise économiste…encore moins libéral.

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