Le « jour d’après » et la dernière chance

Posté le avril 21, 2020, 9:37
6 mins

Le jour d’après, quand nous aurons gagné, ne sera pas un retour au jour d’avant, a affirmé notre Président. Dont acte.

Il ne faudra pas, en effet, que ce soit pire qu’avant. Si c’est pour faire une réforme « à la française », je me fais du souci car nous avons dans ce pays la fâcheuse habitude de trouver des responsables, voire des coupables partout – sauf dans notre propre incompétence.

C’est la faute à la mondialisation, c’est la faute au capitalisme, c’est la faute à la finance – donc c’est la faute au libéralisme !

Si c’était le cas, nous ne devrions pas nous inquiéter car la France est tout, sauf libérale mais c’est tellement facile de désigner un ennemi que la majorité des Français ont, depuis des décennies, accablé de tous les maux de notre planète.

Un pays libéral a des prélèvements obligatoires faibles. Nous détenons, malheureusement, avec 45 % le record des prélèvements des pays de l’OCDE.

Un pays libéral a des dépenses publiques faibles. Nous sommes, là encore, « champions du monde », avec une dépense astronomique de 57 % du PIB.

Un pays libéral n’entrave pas la liberté d’entreprendre et façonne un environnement économique favorable à l’entreprise. Nous sommes seulement à la 32e place mondiale, de ce point de vue.

Un pays libéral a un Code du travail (ou pas du tout) lisible et simplifié au strict minimum. Notre Code du travail dépasse actuellement les 4 000 pages qu’aucun patron, même le plus petit, n’est censé ignorer.

Un pays libéral a une administration qui fait confiance aux entrepreneurs et les encourage. Nous sommes, en France, face à une administration trop souvent hostile qui, parfois, cherche à « casser du patron ».

Un pays libéral prône la concurrence dans les domaines non régaliens. Notre pays est le seul en Europe qui refuse la concurrence dans le domaine assurantiel qu’est actuellement l’URSSAF, gouffre sans fin et d’un rapport coût-qualité de service désastreux.

Un pays libéral recherche avant tout l’efficacité. La France, pays étatique par excellence, est celui où le rapport efficacité publique-nombre de fonctionnaires est le plus mauvais. Chez nous, l’État n’est pas la solution, il devient le problème !

Enfin, le libéralisme, selon Frédéric Bastiat, c’est LIBERTÉ (nous la perdons d’année en année), PROPRIÉTÉ (nous sommes de plus en plus spoliés directement et indirectement), PERSONNALITÉ (la France est de plus en plus peureuse et se tourne vers l’État pour régler le moindre de ses petits problèmes).

D’ailleurs, la déclaration des droits de l’homme de 1789 stipule clairement que l’État ne doit s’occuper que du régalien.

Alors, que faire ? Dans cette crise qui nous dépasse par son ampleur, nous n’avons pas le temps de tout remettre à plat et de repartir à zéro. Notre appétence à discuter, polémiquer, nous déchirer et finalement à ne rien faire, ou si peu, est grande.

Une seule solution serait salutaire : copier le système économique le plus performant en Europe, celui qui vient de nous démontrer sa supériorité – en l’occurrence l’Allemagne qui nous prouve sa grande efficacité, dans la gestion du covid-19 et l’efficacité de son industrie.

Avec moins de dépenses de santé par habitant que nous, l’Allemagne dispose de 5 fois plus de respirateurs, 50 % d’IRM en plus et 8,3 lits d’hôpitaux pour 1 000 habitants contre 6,4 dans notre pays. Tout cela en payant mieux ses fonctionnaires, qui sont beaucoup moins nombreux que chez nous, car ils ne sont pas surchargés de contraintes administratives.

Il en va de même pour l’éducation, la police, le traitement des immigrés, etc. Car, en Allemagne, l’entrepreneur est considéré, il est deux fois moins ponctionné et le Code du travail n’est pas le « petit livre rouge » d’un État drogué au gauchisme.

C’est de la survie de la France qu’il est question. Nous devrons bien sûr travailler plus et plus longtemps – n’en déplaise à Laurent Berger et son « indécence » indécente. Durant toute sa vie, un Allemand travaille 30 % de plus qu’un Français et il n’en est pas plus malheureux.

40 heures minimum par semaine et moins de congés, retraite à 65 ans, voire 67 ans dans un avenir proche, responsabilisation de nos fonctionnaires suivie d’une réduction drastique de leur nombre (nous en entretenons 2 millions de trop). C’est ça ou bien nous sombrerons immanquablement dans le tiers-monde – et je n’exagère pas.

Cela fait 20 ans que je prêche dans le désert. L’heure de vérité arrive. Saurons-nous saisir la dernière chance qui nous est offerte ?

3 réponses à l'article : Le « jour d’après » et la dernière chance

  1. OMER DOUILLE

    25/04/2020

    Je ne suis pas certain qu’il soit exact de dire qu’un Allemand travaille 30% de plus qu’un Français durant sa vie.
    Il prend généralement sa retraite plus tard, certes.
    Il travaille un nombre d’heures hebdomadaires un peu supérieur, certes. Et pas toujours.
    Mais « l’intensité », si je puis dire, de son travail, l’application qu’il y met et l’intelligence qu’il lui porte, c’est une autre affaire. Mettez en compétition nos ouvriers Compagnons du devoir et les Zimmerman allemands et nous allons bien rire. D’ailleurs, ces derniers les respectent.
    Le mythe du Teuton assoiffé d' »arbeit », c’est du réchauffé. Par ailleurs ils se grattent pas pour exploiter les étrangers à chaque occasion qui se présente.
    Mes enfants sont dans la vie active – ce qui signifie qu’ils ne sont pas fonctionnaires- a des postes disons de cadres moyens/sup et je connais très bien la quantité et la qualité de boulot qu’ils sortent. Ils n’ont pas à rougir devant les Allemands, bien au contraire car ces derniers sont très loin d’être les Stakanovistes que les béats germanophiles pensent qu’ils sont.
    Pour ma part qui, du fait de ma génération d’un coté et de mon tempérament d’un autre coté, j »ai travaillé très largement au dessus des horaires officiels, j’ai fais nombre de déplacements professionnels avec des Allemands et je trouvais amusant leur fausse réputation de bosseurs acharnés, même s’ils n’étaient pas des fainéants.
    Dans le domaine des équipements industriels où j’ai passé pas mal d’années j’ai eu l’occasion de visiter nombre de PME allemandes plus ou moins importantes au niveau des lignes de production et constatais que bien des ouvriers français auraient été content des « cadences » locales et des outils que l’on mettait à leurs disposition.
    Le gros problème de notre pays est que la partie réellement travailleuse doit trainer derrière elle une immense cohorte de parasites de tous genres. Et l’idéologie gauchiste veut à chaque fois y rajouter une couche supplémentaires d’immigrés profiteurs .
    Pour ceux qui voudraient nous resservir le couplet du « ils font ce que les français refusent de faire » (les immigrés) , je préciserais que
    a) encore faut il qu’ils soient déclarés et non pas payés au black,
    b) si l’état doit entretenir deux ou trois de leurs femmes et une ribambelle de gosses pour avoir un travailleur musulman, autant subventionner les salaires concernés à des français pour les rendre attractifs car, au final, nous sommes perdants avec ces gens qui , en plus, nous pourrissent bien souvent la vie.
    Ce n’est pas avec des semelles de plomb que vous risquez de gagner le championnat de course à pieds.

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    • quinctius cincinnatus

      25/04/2020

      tout à fait d’ accord , encore qu’ OMER DOUILLE n’ évoque pas NOTRE ÂÂÂdministrâââtion ( que tout le Monde nous envie )

      reconnaissons aussi qu’ ils sont mieux  » organisés  » dans leur travail, que les rapports sociaux n’ y sont pas  » marxisés « , et que leur outil professionnel est souvent technologiquement ( sauf pour l’ informatique peut être ) plus performant dans leurs entreprises. parce que celles ci ont des fonds propres qui ne sont pas saignés à blanc par un quelconque Bercy

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    • 26/04/2020

      Laissez moi vous rappeler le commentaire de Gerhard Schroeder en 2000 :  » Je suis pour les 35 heures…En France ça sera très bon pour nos entreprises allemandes » Ma femme est allemande et je connais très bien le tissus économique de nos voisins, elle partage la même réflexion que moi, si nous avions le même environnement réglementaire et surtout de taxation qu’en Allemagne nous serions économiquement devant elle ! Ca rejoint votre analyse sur la qualité de l’ouvrier français.
      J’ai pu faire la comparaison avec mon entreprise qui, la dernière année avant de la vendre, dégageait un résultat de 300 K€, sans rien changer à son organisation y compris sur le temps de travail, en traversant la frontière le résultat aurait été de 700 K€ avec donc une capacité d’investissement plus que doublée.
      Concernant le temps de travail d’un employé en production français, c’est bien 30% de moins durant toute sa carrière : Un employé allemand commence plus tôt, il est beaucoup moins au chômage, il est moins en arrêt maladie, il est rarement en grève, il fait plus d’heures par semaine, il n’a pas de RTT et il part en retraite 5 ans plus tard, voir 7 prochainement.
      Je l’explique dans mon livre « 40 ans de nullité économique » que je me ferai un plaisir de vous offrir gratuitement (version papier si vous me donnez une adresse ou version Pdf avec votre adresse mail)
      Cordialement C. GOUDRON [email protected]

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