Le mythe de la justice sociale

Posté le avril 17, 2018, 10:00
5 mins

La notion de justice ou d’injustice sociale part souvent de l’inégalité des revenus au sein de la société.

Des sociologues sont tentés de considérer que certaines activités revêtent une « valeur pour la société » et donc que leurs revenus soient déterminés en conséquence.

En réalité, chaque activité n’a de valeur que pour ceux qui en bénéficient ou l’apprécient.

Les rémunérations que les individus et groupes reçoivent par le jeu du marché sont ainsi déterminées par ce que les biens et services qu’ils proposent valent pour ceux qui les reçoivent, et non en référence à une fictive « valeur pour la société ».

Les tenants de la justice sociale rêvent d’un monde régi par une autorité supérieure qui imposerait un ordre parfait.

Ils ne peuvent concevoir l’idée qu’une société prospère et dans laquelle les individus jouissent de la plus grande liberté est une société basée sur la pratique du marché concurrentiel et de l’échange librement consenti et non biaisé.

Ils ne peuvent admettre que la société dont ils rêvent serait un vaste camp de travail, où chaque individu serait contraint d’effectuer une tâche décidée d’en haut, pour un salaire également décidé d’en haut. (Curieusement, les rémunérations des sportifs échappent à la censure de l’opinion publique …)

La justice sociale ne mériterait guère d’attention, si elle ne faisait que rendre heureux ceux qui la professent.

Mais elle sert surtout de prétexte pour user de contraintes envers d’autres hommes et, à ce titre, elle constitue une grave menace pour une société de liberté.

Pour preuve, le discours sur les impôts, qui ne sont plus seulement le moyen de couvrir les dépenses publiques, mais sont désormais investis d’une fonction « morale » visant à établir une répartition plus « juste » des revenus.

De nombreux dirigeants politiques raisonnent comme si la plupart des revenus qu’ils considèrent comme élevés étaient injustement acquis.

Leurs bénéficiaires doivent donc être punis, et l’impôt progressif et confiscatoire est fait pour remplir cette mission de « justice sociale ».

On donne souvent l’exemple de la solidarité des premiers chrétiens. Mais les premiers chrétiens partageaient spontanément leur propre argent, alors que les apôtres modernes de la « justice sociale » distribuent arbitrairement l’argent des autres !

Changeons un instant d’univers.

Pour nous affranchir des notions de monnaie et de profit, considérons une communauté de moines dont l’objectif est de maximiser le temps consacré à la méditation et à la prière. Il n’existe pas d’activité plus dés­intéressée !

Or le Père Abbé devra se préoccuper de désigner un responsable du rucher, un responsable du potager, un responsable des tâches ménagères.

Il sélectionnera donc ceux des moines qui lui paraissent les plus aptes à remplir ces fonctions. Mais il ne les maintiendra dans leurs postes que s’ils prouvent leur efficacité, facilement mesurable par le nombre d’heures de prière de la communauté.

Peut-être pourra-t-il les récompenser ou les inciter à mieux faire (en leur accordant des indulgences …). Sinon, il devra les révoquer.

Cette parabole prend toute sa valeur quand on sait qu’elle est tirée du cours d’économie de Maurice Allais (Prix Nobel d’économie) à l’école des mines dans les années 1950-1960, et qu’elle s’adressait en particulier aux ingénieurs-élèves du corps des mines, c’est-à-dire à des jeunes sortis dans les premiers de Polytechnique, et dont la carrière dans les ministères était tracée d’avance.

11 réponses à l'article : Le mythe de la justice sociale

  1. quinctius cincinnatus

    19/04/2018

    Dominique Perben, ancien député-maire ( R.P.R. ) de Chalon sur Saône et surtout ancien Garde des Sceaux et Ministre de la Justice à qui on doit certaines lois … liberticides toujours en application et déjà une histoire de costards, a été contrôlé à la frontière par la Douane Française avec sa femme, dans le sens Confédération – France en possession d’ une somme de 15.000 euros en liquide non déclarés aux agents des Douanes, 15.000 destinés à ce qu’ il dit  » à l’ achat d’ une montre de luxe … en France  » ( sic )

    rappelons qu’ aucune transaction en France ne peut se faire en liquide, c ‘est à dire de …la main à la main, au delà de 1000 euros

    Dominique Perben n’ a fait l’ objet d’ aucune enquête sur … l’ origine genevoise de ce modeste pécule et assure même n’ avoir aucun souvenir de cet incident

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    • HansImSchnoggeLoch

      19/04/2018

      Les lois liberticides qu’il a votées lui auront fait oublier tous les souvenirs fâcheux du passé.
      Après la phobie administrative, apparait l’amnésie sélective.

      Des maladies rares, dont il n’existe pas encore de traitement efficace.
      Toujours pareilles ces industries pharmaceutiques, elles n’investissent que là où il y a du fric à faire.

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      • quinctius cincinnatus

        24/04/2018

        prenons l’ exemple de l’ infarctus qui emporta Eisenhower

        les labos ( américains ) branchèrent l’ opinion médicale et mediatique sur la cholestérol ( pas sur les triglycérides autrement plus nocifs ) pour vendre leurs molécules alors que le général fumait deux paquets de cigarettes par jour ce qui entraîne une inflammation des coronaires et des infarctus

        le principal : les labos vendait leurs molécules et l’ industrie du tabac était blanche comme neige ***

        maintenant on veut légaliser le cannabis et le faire entrer dans le …P.I.B.

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  2. HansImSchnoggeLoch

    19/04/2018

    Article à lire sur Contrepoints.org
    Entreprises : le jacobinisme français au miroir du modèle économique suisse de Xavier Fontanet.

    La Suisse, un pays qui n’a pas besoin de justice sociale pour marcher.

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  3. Gérard Pierre

    17/04/2018

    La justice sociale ! ! ! …… vaste sujet de conjectures, de rêveries, d’arguties diverses et variées, …… sujet révélateur des choses les plus sombres comme les plus élevées de l’âme humaine !

    Le sujet, lorsqu’il est abordé par des idéologues, est froidement subordonné à l’intelligence dite rationnelle de ces ‘’philanthropes redistributeurs de l’Avoir des autres‘’ ! …… Leurs conclusions n’ont aucun intérêt, puisqu’elles ne font que les impliquer sans les engager [*] !

    Le sujet, lorsqu’il est traité par des adeptes de l’intelligence irrationnelle, …… artistes, chanteurs, ‘’poètes‘’, écrivains ‘’engagés‘’, … par toute cette ménagerie qui se ballade avec le cœur en bandoulière, …… n’a pas plus de consistance que ceux de la première catégorie !

    En revanche, lorsque ce sont des personnes mues par la véritable intelligence du cœur qui prennent le sujet à bras le corps, alors ce à quoi elles aboutissent nous interpelle à un endroit de notre conscience et de notre intelligence rationnelle où nous ne les attendions pas forcément. Leur ENGAGEMENT est source d’eau vive pour notre réflexion.

    J’ai eu la chance, dans ma carrière, de travailler dans un grand groupe industriel présidé par un véritable capitaine d’industrie de tendance très nettement « Patron chrétien ». Sa vision de la justice économique et sociale (il ne dissociait pas les deux choses) consistait dans la redistribution, à parts égales, des plus-values réalisés après impôts et montants à réinvestir, entre trois acteurs qu’il plaçait sur un pied d’égalité :

    – L’actionnaire, sans lequel les produits à acquérir et l’acquisition des machines pour le transformer n’eut point été possible,
    – Le salarié, sans l’expertise et le professionnalisme duquel la transformation en produits finis n’eut point été possible non plus,
    – Le client, sans les commandes duquel le capital apporté et le travail proposé eussent été totalement stériles.

    Je parlais, plus haut, de notion indissociable entre justice économique et justice sociale ! …… Or, ce que nous constatons de nos jours, c’est que la finance a pris le pouvoir sur l’économie, et entend régner SANS PARTAGE sur tout le reste !

    Merci à tous ces hommes politiques qui, nourris au lait frelaté du keynésianisme, ignorants des choses de l’entreprise, ignorants des avertissements de prix Nobel d’économie comme Maurice Allais, (mort en 2010 dans une indifférence médiatique totale) ont déréglementé la circulation des capitaux et ont ainsi libéré un monstre !
    ********************************************
    [*] Entre Implication & Engagement, la différence est fondamentale !

    Dans le cadre de l’implication, l’impliqué apporte sa part (expertise, argent, temps, conseils, produit d’une collecte, etc …) puis s’en retourne à d’autres activités, non critiquables, qu’il peut avoir par ailleurs !

    Dans un contexte d’engagement, c’est tout l’individu qui se donne, et qui, de ce fait, s’en trouve totalement transformé !

    À cet égard, le plat de l’œuf au bacon constitue un bon exemple. Dans ce plat, la poule est impliquée. Elle apporte le produit de sa ponte puis s’en retourne à d’autres occupations. En revanche, le cochon, lui, est irrémédiablement engagé !

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    • HansImSchnoggeLoch

      17/04/2018

      Voir Milton Friedman « Lesson of the Pencil » sur YouTube.

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    • Hilarion

      22/04/2018

      Maurice Allais avait des idées allant à l’encontre de la doxa, raison pour laquelle les médias stipendiés l’ont ignoré. Il énonçait des choses si simples qu’elles en devenaient inaccessibles à l’énarchie dominante. Ainsi, expliquer que mettre en concurrence directe des industries ayant des coûts de main d’oeuvre différents dans un rapport atteignant les deux chiffres entraînerait la disparition de notre industrie était jugé absurde (bien que cela se soit vérifié au cours des trente dernières années!). Il avait aussi chiffré le coût de l’immigration, d’une manière scientifique donc parfaitement documentée et sourcée, mais là encore à contre courant, ces études furent jugées iconoclastes pour raisons idéologiques… et autres intérêts.
      Le Front national, quand il était lucide, avait tenu compte dans son programme économique des études de M.Allais, tout comme le MPF de Philippe de Villiers. M. Allais avait parallèlement à ses études économiques poursuivi des recherches en physique avec le concours du laboratoire de l’école des Mines, apportant des éléments nouveaux quant à la théorie de la relativité d’Einstein. Mais dans ce dernier domaine, il s’est heurté à la « communauté scientifique » qui a horreur que l’on bouscule les idées établies et là encore, ce fut l’omerta.

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      • Paul

        22/04/2018

        Maurice Allais nous a beaucoup apporté, il est vrai, mais il ne faut pas non plus idéaliser cet économiste qui se disait « libéral et socialiste ». Il s’est trompé sur de nombreux points. Par exemple, il a affirmé à la fin des années 90 que le chômage continuerait d’augmenter en Europe et aux Etats-Unis. Or, dans les pays les plus authentiquement libéraux existe le plein emploi. Ce qu’il a écrit sur le protectionnisme est également très discutable.
        Je pense qu’il ne faut pas se bercer d’illusions. Lutter contre l’immigration et se passer d’immigrés coûtera cher. Ce sera le prix à payer pour retrouver notre identité.

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  4. Paul

    17/04/2018

    Tout d’abord, cassons une idée reçue: polytechnique ne fabrique pas que des fonctionnaires mais également nombre de grands patrons et de créateurs d’entreprises.
    Le problème est que la France a inscrit « égalité » dans sa devise et que beaucoup pensent, surtout ceux qui produisent et créent bien peu, que chacun a droit à la même part de la production nationale. Toute inégalité sociale est dés lors considérée comme une injustice, le plus riche comme un coupable, l’héritier comme un voleur, le chef comme un usurpateur.
    Or, les inégalités sociales sont nécessaires et doivent donc être encouragées car elles stimulent les populations: celui qui attend son allocation ne cherchera pas de travail, celui qui se contente du RSA ne sera pas enclin à se former. Pour paraphraser Paul Lafargue, je dirai que naturellement l’homme ne cherchera pas à travailler puisque cela le fatigue. Il convient donc de le stimuler en lui montrant ce qu’on peut obtenir pour soi et sa famille si on crée, si on travaille, si on innove.
    L’impôt progressif est donc une hérésie économique qu’il convient de supprimer et remplacer par une flat tax avec nombre de possibilités de dégrèvements permettant d’encourager les citoyens les plus innovants. Parallèlement, il conviendra de casser les programmes sociaux type RSA ou sécurité sociale et les remplacer par des revenus du travail adaptés (suppression du smic) et des assurances privées (celui qui travaillera plus aura une protection santé plus performante).
    Certes, certains inadaptés sociaux resteront au bord de la route mais leur prise en charge doit dépendre de fondations ou programmes financés et gérés par des fonds privés. L’Etat n’a pas à organiser la charité.
    Il est temps que l’école fasse l’éloge de l’inégalité et cesse d’encourager l’égalitarisme en proscrivant la sélection et en favorisant le nivellement par le bas. Il vaut mieux qu’un jeune s’épanouisse dans une activité intellectuellement ou techniquement limitée plutôt qu’il se perde dans des ambitions hors de sa portée. Accepter sa condition fait partie de l’éducation et l’égalité ne se conçoit donc qu’entre personnes de même condition sociale.

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    • quinctius cincinnatus

      19/04/2018

      c’ est Rivarol qui disait que : …

       » les hommes ne naissent pas égaux mais semblables  »

      cela dépend aussi où vous naissez : par exemple il vaut mieux naître à Neuilly sur Seine qu’ à Roubaix, chez Lagardère que chez Lopez etc … etc …

      votre vie en sera facilitée

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  5. HansImSchnoggeLoch

    17/04/2018

    Parlons tout d’abord de l’injustice socialiste.
    Le Hollandais éjecté touche ~36K € / mois en pensions, l’ex ministre Taubira en repos forcé a 4 gardes du corps, coût ~200K €.
    Ces deux sont socialistes donc intouchables.
    Si d’aventure un non-socialiste avait ces apanages il serait passé en revue de détail par tous les baveux aux ordres au nom du « name & shame ».

    La France républicaine issue d’une révolution sanglante a toujours eu une justice sociale a défaut d’en avoir une tout court.
    Les pommes ne tombent jamais trop loin de l’arbre qui les portées.

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