Le PIB : bel exemple de bourrage de crâne

Posté le mai 13, 2010, 12:00
8 mins

Lorsqu’il y a une quinzaine d’années, je me suis avisé de l’énormité du solde des revenus primaires des Administrations publiques dans le Tableau économique d’ensemble, j’en suis venu à fortement douter de la validité du Produit intérieur brut, tel qu’on le calcule, en tant que mesure de la prospérité d’un ensemble économique.

Il semble en donner une image soufflée et masquer ainsi le poids relatif des prélèvements obligatoires et de l’endettement des États.
Si l’évolution du Revenu national (vrai) au cours de la première moitié du vingtième siècle, et non celle du PIB, fut le sujet du rapport du Conseil économique qu’Alfred Sauvy présenta en 1954, c’est sans aucun doute parce que le rapporteur considérait ce Revenu national comme une mesure plus judicieuse de cette prospérité. Cette caution devrait suffire pour nous en convaincre.

Mais le Revenu national n’est pas le solde des revenus primaires nets que l’INSEE cherche à faire passer pour tel et qui valait 1 693 Md€ en 2008, pour un PIB de 1950 Md€. Il faut en ôter les impôts moins subventions sur les produits et la production reçus par les Administrations publiques pour en trouver la vraie valeur : 1 432 Md€.

La part des Administrations publiques répond alors à la seule définition qu’en ait donnée l’INSEE lui-même, notamment dans Tableaux de l’Économie française de 1966 : « La différence entre les intérêts et dividendes reçus par les administrations publiques et les intérêts qu’elles ont versés ». La déduction des revenus nets en provenance du reste du monde conduit à ce qu’on peut nommer le Revenu intérieur net, soit 1 418 Md€.

Les comptables nationaux qui ont succédé à Alfred Sauvy semblent avoir cru que les impôts indirects en étaient exclus. Qu’en est-il ?
La première source en est la production effective « aux prix du marché », de biens et services par les sociétés et les ménages, un prix de marché étant, selon le lexique de l’INSEE, le « montant effectif payé par l’acheteur par unité de bien ou de service achetée. Il comprend les impôts, la TVA ne comptant que pour sa partie non déductible, et les subventions sur les produits sont déduites. Il comprend aussi les frais de transport acquittés séparément par l’acheteur pour prendre possession des produits au moment et au lieu voulus ».

Mais sa valeur nette, soit 1 405 Md€ en 2008, ne constitue le revenu des agents concourant à la production de ces biens et services qu’amputé des « impôts sur la production et les importations moins les subventions » versés aux Admi­nistra­tions publiques (255 Md€).
Ces impôts ne sont pas une offrande au Léviathan. Ce que les sociétés et les ménages ont versé à ce titre, les Adminis­tra­tions l’ont reçu puis restitué aux ménages sous forme de rémunération de leurs agents (248).

Compte tenu de la rémunération des agents des ISBLSM (institutions sans but lucratif au service des ménages), le total s’avère égal au revenu intérieur net (1 150+248+20).

C’est seulement grâce à leurs ventes que les entreprises ont pu régler leurs impôts indirects.
La boucle est ainsi fermée : Les demandeurs finals intérieurs privés paient les Entreprises qui paient les Administrations publiques qui paient les Agents de la fonction publique. Ce qui s’interprète en raccourci : les consommateurs finals payent les fonctionnaires.

Chacun contribue à cela lorsqu’il achète un bifteck, un paquet de cigarettes, de l’alcool, de l’essence ou une voiture.
Cette contribution, réelle, est à la jouissance des services publics ce qu’un loyer, réel, est à la jouissance d’un logement. Ne peut s’y ajouter que le coût des services publics non couvert par des recettes fiscales indirectes.

D’ailleurs, la dépense de con­sommation finale telle qu’elle est actuellement calculée diminuerait si un service public, jusqu’alors gratuit, venait à être fourni à titre onéreux et si la dépense nouvelle était compensée par des détaxations alors qu’elle ne devrait guère changer.

Ainsi, sur les 2 535 € qui étaient censés représenter la valeur du PIB par mois et par habitant en 2008, 342 n’étaient que du vent, 351 représentaient des actifs non financiers usés ou obsolètes. N’est-ce pas un bel exemple de bourrage de crâne que de tenter de les faire passer pour des richesses ?

Jacques Tiquet

Courrier des lecteurs des 4 Vérités Hebdo

2 réponses à l'article : Le PIB : bel exemple de bourrage de crâne

  1. SAS

    16/05/2010

    Aux manches a couilles de ce site…..

    …..fond européens pour sauver l euro (hors suede et angleterre…)  750 milliards d euros

    …..fond sales transitant par les paradis fiscaux et places offshor à l insue du plein gré de tous les maffieux : 11,5 trillions d euros

     

    ……vous allez sauver quoi exactement ? à par les apprences et l echeance de Mai de la FRANCE ,,,????? plus grosse creancière de la GRECE et on se demande bien pourquoi…..les origines thessaloniques de l agité de neuilly y sont elles pour quelque chose ?

    ….pUIS QUOI BAROSO POUR SAUVER LE PORTUGAL ,,,,??????

    quel merde, on ne s arrange jamais avec les escroc et les voleurs….

    sas qui dit comme CELINE: le sud ne produit que des inutiles, des bavasseux, des congessites et des senateur…..le sud c’est l orient et l orient c’est déjà en loge….

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  2. ozone

    13/05/2010

    La fameuse gripette a bien servi au pib cette année,la circulation des deux milliards jetés par les fenétres nous on rendus plus riches….HA   HA   HA

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